Dommages (Laetitia Chazel)

Laetitia Chazel. – Dommages. – Paris : De Borée, 2020. – 277 pages.

 




Roman

 








Résumé :

Julius vit seul dans une caravane délabrée derrière les poubelles d'un centre commercial. Le pécule pour son rêve d'appartement cosy, il le gagne en cambriolant les riches demeures villageoises en campagne. Jusqu'au jour où Julius tombe sur une proie coriace, en la personne d'Elisabeth Rasterrane, une vieille femme veuve, riche propriétaire d'une écurie de chevaux ibériques. Bien que claudiquant, elle réussit à le neutraliser et à le séquestrer dans un des box, bourré de kétamine, un anesthésiant puissant. Mais seule, que faire ? Le laisser aux villageois justiciers à ses risques et périls ou alerter la gendarmerie pour qu'il recommence ses agressions d'ici quelque temps ?

Tiraillée, bousculée, Elisabeth fait face, s'adapte, doute... avant d'accepter ce qu'elle ne peut empêcher par une ruade du destin.

 

 

Commentaires :

 

Après des études de journalisme et une carrière en agences de publicité, Laetitia Chazel quitte Paris pour revenir s’installer en terre natale, dans le Gard. Là, elle se consacre à ses passions : l’écriture, l’entreprenariat et la viticulture. Dommages est son troisième roman.

 

Une fiction que j’ai bien aimée. Un sujet original : la rencontre de deux solitudes : une vieille femme veuve et riche et un jeune délinquant désenchanté. Un bon suspens du début à la fin dans une ambiance angoissante d’un petit village quoique la finale ne pouvait être autre. Une belle écriture, un style très personnel. Une histoire crédible mettant en scène des personnages bien campés.

 

Une auteure à découvrir. Une belle lecture d’été.

 

Merci aux éditions De Borée pour le service de presse.

 

 

Originalité/Choix du sujet :
****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
****
Intérêt/Émotion ressentie :
****
Appréciation générale :
****

Secrets de famille (Julien Moreau)

 

Julien Moreau. – Secrets de famille. – Paris : De Borée, 2020 – 190 pages.

 




Polar

 






Résumé :

 

Dix ans après sa mystérieuse disparition, Jacques Monestier, figure politique locale, est retrouvé au fond du lac de Servières, avec son épouse et son fils. Le commandant Verneuil, chargé de l’enquête, interroge la famille Sivardière, propriétaire du lac. Le père, Jean, a fait fortune dans l’immobilier. Verneuil constate rapidement des malversations immobilières et politiques entre Jean Sivardière et son ami le député Lardate, fidèle opposant de Monestier. Serait-ce là le mobile du meurtre ? Pas sûr... Que cache l’alcoolisme avéré et désespéré de Marie-Ange Sivardière, l’épouse du richissime homme d’affaires ? Que masquent la tristesse et les séjours londoniens réitérés de leur fille Jessica et la haine viscérale de Simon pour son père ? Verneuil va mettre le doigt sur la vérité et faire éclater au grand jour de tragiques secrets de familles...

 

Commentaires :

 

Julien Moreau est un journaliste spécialisé dans les faits divers et la justice, il est passionné par les grandes affaires criminelles. Secrets de famille est son troisième roman. Une enquête policière qui se déroule en Auvergne dans la région du Puy de dôme de de Clermont-Ferrand.

 

Sujet plus ou moins original : le policier qui se fait mettre les bâtons dans les roues par le politique magouilleur. Lecture agréable dans un décor très local. Personnages bien typés. Rythme lent. Intrigue linéaire qui débouche en finale sur une chute inattendue et peu crédible. Une conclusion précipitée résumée en un seul court chapitre de trois pages.

 

Merci aux éditions De Borée pour le service de presse.

 

 

Originalité/Choix du sujet :
**
Qualité littéraire :
****
Intrigue :
**
Psychologie des personnages :
***
Intérêt/Émotion ressentie :
**
Appréciation générale :
**

La ferme des animaux (George Orwell)


George Orwell. – La ferme des animaux. – Paris : Gallimard, 2019. – 146 pages.

 




Roman

 







Résumé :

 

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement :

 

« Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. »

 

Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : « Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres. »

 

Commentaires :

 

Ce roman aurait pu s’intituler « La révolution russe de 1917 : entre vérité et réalités ». Sous la forme de fable ou de conte pour enfants, Georges Orwell décrit avec la gent animale les tenants et aboutissants d’un régime totalitaire, une véritable dictature « démocratique ».

 

Les complotistes « anti masques » auraient avantage à lire ce récit illustrant à merveille comment un groupe humain peut être manipulé par des gourous ou des « génies stables » manipulateurs et avides de pouvoirs malsains.

 

Pas surprenant que l’auteur ait placé au haut de la hiérarchie de cet univers bucolique la Sus scrofa domesticus (cochons) qui sont parmi les animaux de ferme les plus « intelligents », donc prédestinés à flouer leurs   

 

À lire pour quiconque s’intéresse tant soit peu aux conséquences de l’idéologie révolutionnaire et du capitalisme sauvage.

 

En complément de commentaires, je vous invite à lire ceux fort éclairants d’un ex-collègue québécois publiés en 2014 sur son blogue : https://bit.ly/2DAhzEJ.

 

 

Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****

Suiza (Bénédicte Belpois)


Bénédicte Belpois. – Suiza. – Paris : Gallimard, 2019. – 252 pages.

 




Premier roman

 







Résumé :

 

La tranquillité d’un village de Galice est perturbée par l’arrivée d’une jeune femme à la sensualité renversante, d’autant plus attirante qu’elle est l’innocence même. Comme tous les hommes qui la croisent, Tomás est immédiatement fou d’elle. Ce qui n’est au départ qu’un simple désir charnel va se transformer peu à peu en véritable amour.

 

Commentaires :

 

Bouleversant ce premier roman de Bénédicte Belpois d’une grande violence qui ne pouvait être écrit que par une femme. Parce qu’elle voulait voir la mer, Suiza est happée dans un univers macho dans lequel font la pluie et beau temps les mâles prédateurs de ces contrées espagnoles : « Elle parle pas espagnol. Tu peux lui dire qu'elle est conne, elle comprend pas. Tu peux l'insulter, elle bouge pas d'un poil. La femme idéale, j'te dis. ».

 

Écriture vive, langage cru, scènes de sexe bestiales : attention, âmes sensibles, vous abstenir. Vous aimerez ou détesterez cette fiction. J’ai plongé dans cette épopée tragique à l’écriture vive en souhaitant une fin heureuse à un récit qui ne peut laisser indifférent un lectorat masculin. À une époque de dénonciation des abuseurs et des harceleurs.

 

Une nouvelle auteure à découvrir qui maîtrise déjà les règles d’une écriture romanesque efficace.

 

 

Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****

Nuit noire, étoiles mortes (Stephen King)

Stephen King. – Nuit noire, étoiles mortes. – Paris : Albin Michel, 2010. – 617 pages.

 




Thriller - Nouvelles

 








Résumé :

 

1922 : un fermier du Nebraska confesse qu’il a assassiné son épouse, avec l’aide de son fils de quatorze ans.

 

Grand chauffeur : une femme écrivain, violée et laissée pour morte au bord d’une route, décide de se venger elle-même.

 

Extension claire : un cancéreux en phase terminale passe un pacte avec un vendeur diabolique, afin d’obtenir un supplément de vie.

 

Bon ménage : une femme découvre qu’elle vit depuis vingt ans avec un serial killer.

 

 

Commentaires :

 

« Quatre nouvelles puissantes et dérangeantes, quatre personnages confrontés à des situations extrêmes qui vont les faire basculer du côté obscur, plus une nouvelle inédite vraiment inquiétante... » C’est ainsi que l’éditeur qualifie ce recueil complété par une courte histoire macabre inédite : À la dure.

 

J’ai bien aimé cette intrusion dans l'oeuvre romanesque et fantastique du maître de l’horreur, de l’épouvante et du macabre. Ce style littéraire n’est pas ma tasse de thé. Mais je ne regrette pas d’avoir répondu à cette suggestion de roman d’été faite au cours d’une des rares émissions radiophoniques culturelles québécoises.

 

King excelle dans les descriptions détaillées, réalistes et morbides  des meurtres et des agressions physiques, ce qui rend parfois insupportable la lecture de certaines scènes. D’une grande efficacité qui fait la marque de commerce de cet écrivain américain.

 

J’ai particulièrement apprécié l’humour noir d’Extension claire.

 

Une lecture incontournable pour les lectrices (et les lecteurs) avides de sensations fortes.

 

 

Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****

Chaque seconde (Rick Mofina)

Rick Mofina. – Chaque seconde – Une enquête de Kate Page. – Lévis : Alire, 2020. – 423 pages.

 



Thriller

 









Résumé :

 

Dan Fulton est un gérant de banque sans histoire. Or, voilà qu’en pleine nuit quatre hommes masqués surgissent chez lui. Ligoté et bâillonné – tout comme sa femme Lori et son fils Billy qui, en plus, ont dû enfiler une veste bourrée d’explosifs –, Dan écoute l’un des agresseurs lui expliquer qu’il devra voler un quart de million de dollars à sa succursale s’il tient à ce que sa famille ait la vie sauve.

 

Le matin venu, sous les yeux ahuris de deux employées, Fulton prétexte un transfert intersuccursales pour s’emparer de la somme. Appelés sur les lieux du vol, les enquêteurs sont perplexes – pourquoi cambrioler sa propre banque ? – jusqu’à ce qu’ils découvrent un billet griffonné à la hâte. Dès lors, c’est le branle-bas de combat pour localiser les otages ce qui s’avère un plan machiavélique.

 

De son côté, Kate Page, journaliste à l’agence Newslead, a décidé d’en apprendre un peu plus sur la famille du gérant, et c’est en lisant un article troublant sur Lori Fulton qu’elle apprend que le passé de la femme de Dan n’est peut-être pas aussi « sans histoire » que ce que les enquêteurs croient… 

 

Commentaires :

 

Ce thriller très efficace, intense, à la manière d’un excellent film policier, est le troisième de la série mettant en vedette la journaliste enquêteuse Kate Page écrit par Rick Mofina, lui-même journaliste à la retraite. Et cela paraît dans les détails du récit qui nous tient en haleine du début à la toute fin. Difficile de remettre au lendemain la lecture des chapitres qui s’enchaînent.

 

Je ne connaissais pas cet auteur originaire de Belleville, à l’est de Toronto. Je l’ai découvert avec beaucoup de plaisir dans la lecture de cette aventure rythmée qui porte bien son titre. Beaucoup d’action dans cette enquête truffée d’information sur les techniques policières. Sans oublier les relations parfois tendues entre les médias et les corps policiers. Très réaliste.

 

Un bémol : n’eut été les premiers commentaires élogieux d’un critique de cette littérature de genre, l’illustration de la couverture de première ne m’aurait pas incité à me procurer cet excellent roman que je vous recommande sans réserve.   

 

 

Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****

Nuit sombre et sacrée (Michael Connelly)

Michael Connelly. – Nuit sombre et sacrée. – Paris : Calmann-Lévy, 2020. – 455 pages.

 



Polar

 







Résumé :

 

En revenant au commissariat d’Hollywood après une mission de son quart de nuit, l’inspectrice Renée Ballard tombe sur un inconnu en train de fouiller dans les meubles à dossiers. L’homme, elle l’apprend, est un certain Harry Bosch, un ancien des Homicides du LAPD qui a repris du service au commissariat de San Fernando, où il travaille sur une affaire qui le ronge depuis des années. D’abord sceptique, Ballard le chasse puis, intriguée, ouvre le dossier qu’il feuilletait… et décide de l’aider.

 

La mort de Daisy Clayton, une fugueuse de quinze ans kidnappée, assassinée, puis jetée dans une benne à ordures, a, c’est vrai, de quoi susciter toute son empathie et sa colère. Retrouver l’individu qui a perpétré ce crime abominable devient vite la mission commune de deux inspecteurs aux caractères bien trempés et qui, peu commodes, ne s’en laissent pas conter par les ruses de l’un et de l’autre pour parvenir à leurs fins.

 

Commentaires :

 

Ce n’est certes pas le meilleur de la série, mais ô combien efficace dans la documentation et la description de la procédure d’enquête dans plusieurs affaires simultanées. Et l’accroche «Harry Bosch-Renée Ballard : le face-à-face tant attendu ! » est nettement exagérée, même si une certaine méfiance s’installe entre les deux protagonistes. Pas vraiment un face-à-face, mais une rencontre qui promet pour l’avenir. 

 

Je suis un fan de Connelly, depuis que j’ai lu « Les égouts de Los Angeles ». Il m’a fait découvrir et apprécier cette littérature de genre et Nuit sombre et sacrée contribue à entretenir la flamme. Harry Bosh est un personnage mythique du polar américain. On le retrouve avec ses qualités et des défauts exacerbés dans une intervention « border line » de grand justicier.

 

Un nouveau binôme policier est né, quasi à la demande de Bosh lui-même : «  Je me disais qu’on bosse pas mal du tout ensemble. Genre disons… qu’on a formé une bonne équipe dans cette histoire. » Et Renée Ballard de répondre : « Oui, on pourra travailler sur des affaires. Mais les règles, on les tord, Harry. On ne les brise pas. »

 

La balle est dans le camp de Michael Connelly.


Une lecture d’été agréable.

 

 

Originalité/Choix du sujet :
****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
****
Psychologie des personnages :
****
Intérêt/Émotion ressentie :
****
Appréciation générale :
****

Le mystère Henri Pick (David Foenkinos)


David Foenkinos. – Le mystère Henri Pick. – Paris : Gallimard, 2016. – 323 pages.



Roman







Résumé :

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu'elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l'écrivain et apprend qu'il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n'a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire.

Commentaires :

Ce roman qui raconte une supercherie littéraire, truffé d’humour, jette un regard cynique sur le milieu de l’édition, un univers aux préoccupations commerciales où l’enveloppe extérieure du produit et le vedettariat l’emportent souvent sur le contenu. Le récit est construit à la manière d’un polar créant chez le lecteur l’appétit de découvrir le fin fond de l’affaire dans la chute finale.

Pour qui connaît peu les dessous de la publication de livres dits « à succès », Le mystère Henri Pick dévoile des pratiques à la limite de l’honnêteté intellectuelle. Avec quelques clins d’œil sur l’actualité littéraire et la promotion d’un non-auteur dans l’une des plus prestigieuses émissions littéraires diffusées sur une chaîne française. Une fiction réalité qui m’a interpellé dans mes propres préoccupations éditoriales.

Bien écrit, ce roman à l’écriture fluide qui se lit facilement m’a rappelé un projet fou non réalisé que j’avais imaginé il y a déjà quelques années : réserver un stand dans un salon du livre avec en son centre une grande poubelle arborant un écriteau où on n’aurait pu y lire : « Déposez ici vos manuscrits rejetés, nous les publierons ». À une époque où mon premier projet de roman accumulait les refus d’édition.

Le mystère Henri Pick ne pouvait être écrit que par un auteur puisqu’il raconte le désir d'être reconnu et édité et l'angoisse d'être oublié de tout écrivain émergeant.

Inspirant.




Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****

Un plan maudit (Marc Lebreton)


Marc Lebreton. – Un plan maudit. – MonBestSeller.com, 2020. – 329 pages.



Genre : Thriller







Résumé :

Un plan maudit est l’histoire de Paul Verneuil, un homme ordinaire, féru de course à pied, qui travaille dans l’administration pénitentiaire en qualité de conseiller d’insertion et de probation. Confronté à des troubles de mémoire, il consulte le Professeur Vignier, un neurochirurgien qui utilise l’hypnose à son insu, pour le persuader de se faire poser des implants dans le cerveau, l’équivalent d’un nanodisque dur contenant des données encyclopédiques. Paul y découvre une base de données implantée par erreur et destinée à une entreprise de corruption dénommée « l’Agence ». Sylvain Saintonge, le propriétaire de cette base et l’homme de main de « l’Agence », va essayer par tous les moyens de la récupérer. Une poursuite impitoyable s’engage entre les deux hommes.

Commentaires :

Un premier roman pour Marc Lebreton dans lequel on retrouve les intérêts de l’auteur pour la protection de l’environnement, la technologie et une de ses passions : la course à pied. Marathonien à ses heures, il partage ses appétences avec son personnage principal qui, d’entrée de jeu, doit fuir dans les sentiers boisés à quelques kilomètres de son propre terrain d’entraînement.  

Mi-thriller, mi-science-fiction, Un plan maudit repose sur une thématique originale qui nous tient en haleine de chapitre en chapitre malgré quelques invraisemblances. Le protagoniste et les personnages secondaires sont bien campés. Le style fluide. Le chapitre XXVI - Au fil du désir m’a semblé sans suites avec le reste de l’histoire. Quant à la finale, elle m’a quelque peu laissé sur ma faim, à moins que celle-ci soit annonciatrice d’une suite.

Une lecture agréable qui a conquis les lecteurs du site MonBestseller.com : le 12 juillet 2020, le roman se classait 2e sur 3700 ouvrages mis en ligne. Peut-être annonciateur qu’une maison d’édition devrait manifester son intérêt.

Un auteur sympathique à découvrir.


Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
****
Intrigue :
****
Psychologie des personnages :
****
Intérêt/Émotion ressentie :
****
Appréciation générale :
****

À la ligne – Feuillets d’usine (Joseph Ponthus)


Joseph Ponthus. – À la ligne – Feuillets d’usine. – Paris : La Table ronde, 2019. – 262 pages.



Premier roman







Résumé :

C'est l'histoire d'un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c'est qu'il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d'Apollinaire et les chansons de Trenet. C'est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l'odeur de la mer.

Par la magie d'une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de bœufs et des tonnes de boulots comme autant de cyclopes.


Commentaires :

À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus originaire de Reims. Wikipédia nous apprend que l’auteur a travaillé à la mairie de Nanterre comme éducateur spécialisé puis a suivi et aidé des jeunes en difficulté. En 2015, un mariage le conduit en Bretagne, à Lorient. Ne trouvant pas de travail dans la continuité de son activité en région parisienne, il s’inscrit dans une agence d’intérim. Cette société lui propose des postes successifs comme ouvrier. Tout d’abord dans une conserverie de poissons, où il passe de la ligne des poissons frais, à celle des poissons panés, puis à l’égouttage des tofus et enfin à la cuisson des bulots. Son emploi suivant est dans un abattoir.

Ce sont ses deux expériences d’ouvriers d’usine que Joseph Ponthus nous relate dans une autofiction coup de poing, un livre remarquable.

D’abord par son style littéraire, déroutant en début de lecture, mais tout à fait adapté à la thématique : à la ligne, sans points ni virgules. Un long poème, une ode aux ouvriers qui peinent au quotidien dans un travail à la chaîne dévalorisant, dévalorisé, travail ignoré des consommateurs qui profite du produit de leur labeur.

Et par les questions de société qu’il soulève.  Ambiance, odeurs, descriptions souvent déstabilisantes, réflexions de l’ « homme-machine » sur la monotonie des heures passées à l’usine, les cadences infernales, le travail déshumanisant, la surexploitation des ressources et des humains, l’épuisement physique, les courtes nuits de sommeil, les relations de travail malsaines, le ridicule de certaines tâches… l’apanage de ce roman social hors normes.

Une œuvre romanesque remarquable qui choque, qui dérange, qui révolte, qui laisse en bouche le goût des produits alimentaires usinés. Un livre que j’ai dévoré en quelques heures et qui mérite bien le Grand prix RTL-Lire, le Prix Régine-Deforges, le Prix Jean-Amila-Meckert, le Prix du premier roman par les lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris et le Prix Eugène-Dabit du roman populiste reçus au moment de la publication de cet avis de lecture.

Une de mes lectures coup de cœur 2020.


Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****