Faites vos jeux, rien ne va plus (Didier Leclair)


Didier Leclair. – Faites vos jeux, rien ne va plus. – Ottawa : Éditions David, 2026. – 293 pages.

 

 

Thriller d’espionnage

 

 

 

Résumé :

 

Dans Faites vos jeux, rien ne va plus, nous retrouvons avec plaisir les personnages qui ont fait le succès du roman Le prince africain, le traducteur et le nazi de Didier Leclair : Prince Antonio, le trafiquant de diamants ; Jean de Dieu, le traducteur philosophe et romantique ; Hans, le saxophoniste et homme d’action.

 

La trame du polar a pour cadre Lisbonne, Paris et Berlin pendant la Deuxième Guerre mondiale. Prince Antonio se voit confier par un émissaire du gouvernement portugais une mission auprès du régime nazi pour le commerce du tungstène, un matériau précieux en temps de guerre. Il accepte d’aller à Berlin, car cela lui permettra de régler un vieux compte avec le capitaine Reinhard Bodmann, qui l’a escroqué pour rembourser une dette de jeu.

 

 

Commentaires :

 

Belle découverte que cet auteur franco-ontarien avec la lecture de « Faites vos jeux, rien ne va plus », suite de « Le prince africain, le traducteur et le nazi » publié en 2024. Didier Leclair est un polariste avec qui j’aimerais bien m’entretenir un jour à « Quelques nuances... d’auteur,e,s de polars ».

 

Le roman met en scène « des héros noirs, singuliers et courageux, qui font face au racisme du régime nazi », des personnages marginalisés comme l’expliquait l’auteur dans une entrevue accordée à Vicky Sanfaçon, publiée le 13 mars 2025 dans le magazine Les Libraires :

 

« Les personnes en marge de l’histoire sont celles qui ne contrôlent pas le narratif. Elles le subissent et lisent des récits à propos d’elles sans pour autant avoir participé à leur rédaction. Les livres d’histoire au Canada et ailleurs regorgent de ce genre de récit écrit par le conquérant. Je tente de donner la parole à ceux et celles qui ne se reconnaissent pas dans le récit officiel. Pour prendre mon dernier roman comme exemple, les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale oublient souvent d’inclure les communautés de la diversité dans la lutte contre le fascisme hitlérien. Or, il y a eu des militaires africains et des espions de race noire comme Joséphine Baker qui ont mis leur vie en danger pour vaincre l’adversaire. Ma responsabilité est de me rapprocher le plus de la vérité. »

 

L’action se déroule en 1942 et nous transporte de Lisbonne à Berlin et à Paris, au gré d’un scénario à plusieurs ramifications. Son protagoniste au nom kilométrique — Son Altesse Antonio Jose Henrique Dos Santos Mbwafu, alias Prince Antonio, au milieu de la vingtaine, fils du roi Pedro VII, souverain du peuple du Kongo  — évolue, avec ses deux acolytes — Jean de Dieu, son traducteur, et Hans, métis sénégalo-allemand, chauffeur et garde du corps — dans un univers d’espionnage où diplomatie, faux-semblants et lutte contre le nazisme se croisent constamment.

 

L’ensemble est solidement documenté, comme en témoignent ces descriptions extrêmement précises d’automobiles, de trains ou même de cigarettes :

 

« Il avait quitté son appartement dans le quartier de la Baixa à bord d'une voiture de luxe, une Mercedes-Benz 170 V. Le «V» (vorne en allemand) signifiait que le puissant moteur était à l'avant. C'était une voiture noire aux pare-chocs et aux phares chromés, sortie des usines en 1939. Les roues étaient neuves, détail important puisque le prix du caoutchouc avait augmenté à cause de la guerre. Au bas de la calandre, on distinguait des phares jaunes supplémentaires pour augmenter la vision nocturne quand les phares ordinaires ne suffisaient pas. L'automobile était équipée d'un moteur à quatre cylindres et de quatre portières. »

 

« Depuis 1939, au début de la guerre, les nazis avaient décidé de ne plus utiliser les trains au diesel ou même électriques afin d'économiser de l'énergie. Le train était à vapeur, du charbon français. Ces wagons venaient de la compagnie Wegmann & Co., qui avait fabriqué les wagons-salons du train spécial du Führer. »

 

« Jean de-Dieu s'arrêta pour allumer une Lucky Strike et regarder autour de lui. Ces cigarettes n'étaient pas vendues à Paris. Il les avait achetées à Lisbonne. »

 

Cette rigueur historique et matérielle contribue fortement à la crédibilité du récit.

 

L’écriture de Didier Leclair possède par ailleurs une dimension très cinématographique. Les dialogues sont fluides, souvent teintés d’un humour bienvenu dans le contexte dramatique de l’époque, tandis que les tensions raciales et xénophobes entre Allemands, Français, Portugais et personnages noirs traversent constamment le récit.

 

L’auteur excelle particulièrement dans les descriptions vestimentaires de ses personnages masculins, qu’il élève à l’élégance raffinée des grands espions du cinéma ou des romans d’espionnage :

 

« Le prince allait à une rencontre importante. Il portait un pantalon gris coupé sur mesure, une chemise blanche, un gilet noir d'où sortait une cravate à pois noirs et blancs et, comme veste, une jaquette de mariage à rayures grises qui complétait le tout. Il était aussi coiffé d'un chapeau homburg noir cerclé d'une bande grise. Assis au coin droit de la banquette arrière en cuir, il tenait des deux mains sa canne à pommeau en ivoire. Ses gants blancs attendaient patiemment à côté de lui. Il allait les mettre avant de sortir de l'auto. »

 

« Jean de Dieu [...] portait un costume bleu foncé et sa chemise d'un blanc cassé montrait une cravate bleu pâle. Son fedora, bleu également, était légèrement incliné sur sa tête. Hans, concentré au volant, avait aussi l'élégance d'un chauffeur de prince. Sur son costume noir, un mouchoir de soie blanc sortait du haut de sa veste croisée. À son cou, une cravate rouge s'agençait avec son chapeau trilby bourgogne. »

 

« Jean de Dieu s'était changé chez Armando. Il portait un costume beige croisé à col large. Son chapeau blanc cassé allait avec sa chemise bleu pâle et sa cravate à motifs blancs et marron. Ses chaussures, des Oxford en vrai cuir, étaient bicolores, brunes et noires.

 

Les descriptions des lieux, des odeurs, des bruits et des ambiances contribuent également à l’immersion. L’expression « Faites vos jeux, rien ne va plus », déclinée sous différents angles narratifs, trouve notamment un écho très réussi dans une scène se déroulant au casino de Lisbonne, comme si on y était, où on y joue au baccarat-chemin de fer et au craps :

 

« Les courtiers munis de leur râteau déplaçaient les jetons sur le tapis vert et d'autres distribuaient des cartes aux joueurs et joueuses avec dextérité. L'atmosphère surchargée de suspense pour les clients du casino faisait transpirer les parieurs, malgré les ventilateurs du plafond. »

 

Didier Leclair possède aussi le talent de restituer en peu de mots une atmosphère ou un état d’âme :

 

« Il faisait si beau qu’on pouvait faire semblant qu’il n’y avait pas de guerre dans le monde. »

 

« Plus sa colère augmentait, plus le champignon revanchard dans son esprit devenait vénéneux. »

 

« On entendait leurs pas résonner dans la rue déserte. »

 

Cette capacité évocatrice atteint peut-être son sommet dans cette scène de bar parisien :

 

« La fumée opaque des lieux flottait comme une nappe grise au-dessus de la clientèle qui riait de nervosité comme pour oublier la guerre mondiale. Pourtant, elle se poursuivait, cette guerre, dans cette pièce. L'information qui donnait l'avantage aux Alliés ou aux puissances de l'Axe roulait d'une bouche à des oreilles attentives comme des dés glissaient sur un tapis vert. Tout le monde tentait sa chance. »

 

À cela s’ajoutent de nombreuses références musicales qui participent à l’ancrage historique du roman. Comme cette mention du « maître d'orchestre Herbert von Karajan [qui dirige] la neuvième symphonie de Beethoven devant un parterre de mélomanes convaincus que seul un ‘’ pur ‘’ Allemand pouvait créer un tel chef-d'œuvre. » Ou de « l'orchestre de Michel Warlop, avec Coleman Hawkins, Django Reinhardt et Stéphane Grappelli [qui] interprétaient Avalon et empêchaient ainsi quiconque d'écouter la conversation entre le capitaine et le prince. »

 

Le scénario rythmé entretient efficacement le suspense, plusieurs fins de chapitres donnant envie de poursuivre immédiatement la lecture. Les héros sont attachants, les nazis et les malfrats détestables à souhait, sans tomber dans la caricature simpliste.

 

Au-delà du thriller d’espionnage, Didier Leclair propose surtout une relecture originale de la Seconde Guerre mondiale à travers des personnages rarement placés au centre de ce type de récit. C’est sans doute là que ce roman se démarque.

 

La finale laisse clairement entrevoir une suite — ce qui est une excellente nouvelle puisque l’auteur a déjà affirmé vouloir poursuivre cette série.

 

Avec « Faites vos jeux, rien ne va plus », Didier Leclair signe un thriller d’espionnage érudit, élégant et immersif, porté par une écriture visuelle et une assise historique.

 

Une très belle découverte.

 

* * * * *

 

Didier Leclair, nom de plume de l’auteur Didier Kabagema, est un écrivain franco-ontarien né à Montréal. Il a vécu dans plusieurs pays en Afrique et réside à Toronto depuis trente ans. Son œuvre a été récompensée de plusieurs prix littéraires, dont le prix Trillium. Son roman « Le prince africain, le traducteur et le nazi » (2024), a été le représentant de l’Ontario français au Combat national des livres de Radio Canada, en plus de se voir adapter en format audio et d’être traduit en anglais. « Faites vos jeux, rien ne va plus » est le onzième roman de l’auteur.

 

Je tiens à remercier les éditions David pour l’envoi du service de presse.

 

Au Québec, des redevances symboliques me sont versées si vous commandez votre exemplaire du livre via la plateforme leslibraires.ca et le récupérez à la librairie indépendante de votre choix.

 

 

Évaluation :

Pour comprendre les critères pris en compte, il est possible de se référer au menu du site [https://bit.ly/4gFMJHV], qui met l’accent sur les aspects clés du genre littéraire.

 

Intrigue et suspense :

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Originalité :

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Personnages :

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Ambiance et contexte :

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Rythme narratif :

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Cohérence de l'intrigue :

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Style d’écriture :

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Impact émotionnel :

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Développement de la thématique :

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Finale :

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Évaluation globale :

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Sans âme ni conscience (Michael Connelly)


Michael Connelly. – Sans âme ni conscience. – Paris : Calmann Levy, 2026. – 437 pages.

 

 

Polar

 

 

 

Résumé :

 

Mickey Haller, le célèbre avocat à la Lincoln, se lance dans une action contre une entreprise de la tech dont l’intelligence artificielle est accusée d’avoir encouragé un adolescent à tuer sa petite amie.

 

Au cours de son enquête, il croise la route de Jack McEvoy, un journaliste qui assiste aux audiences afin d’écrire un livre sur le sujet. Bientôt, tous deux retrouvent la trace d’une lanceuse d’alerte qui a tenté de révéler l’affaire. Mais celle-ci devient rapidement périlleuse, car des milliards de dollars sont en jeu et le géant de l’IA auquel Haller s’attaque ne reculera devant rien pour protéger ses intérêts.

 

 

Commentaires :

 

Lorsque Michael Connelly annonce que son prochain polar mettra en scène Mickey Haller, l’avocat à la Lincoln pour qui « un procès est une pièce de théâtre et les jurés le public », et son équipe – Lorna (première ex-conjointe de Haller) et Cisco Wojciechowski) – j’ai toujours hâte d’en commencer la lecture.

 

Cette fois-ci, « Mickey Haller et Jack McEvoy [un journaliste, protagoniste de romans précédents] unissent leurs forces lors d’un procès pour meurtre hors norme [...] ...d’une actualité brûlante sur les zones d’ombre et les menaces de l’IA ».

 

Mon verdict, avant que vous preniez connaissance de ce qui suit : j’ai adoré. C’est vrai que j’ai un parti pris pour cet auteur qui, dans les années 1990, m’a fait découvrir et aimer les polars. Mais cette affaire porte sur un sujet de l’heure : l’éthique derrière les outils d’intelligence artificielle générative capable de produire du contenu original en réponse à une requête d’un utilisateur et qu’on soupçonne avoir influencé des auteurs de crimes. La citation en incipit de la National Association of Attorneys General du 6 septembre 2023 met la table :

 

« Nous sommes engagés dans une course contre la montre afin de protéger les enfants de notre pays des dangers de l'intelligence artificielle. Des brèches se sont ouvertes dans les remparts de la ville. L'heure est venue d'agir. »

 

Comme c’est généralement le cas, Michael Connelly nous entraîne dans les différentes phases de la préparation et de la tenue d’un procès. Ici en matière civile, devant la Cour fédérale de district, un nouveau champ d’expertise pour l’avocat Mickey Haller.

 

D’entrée de jeu, ce dernier, le narrateur, résume en deux paragraphes les tenants et aboutissants du carré de sable de son métier, le prétoire :

 

« Pour certains, c'est une scène. Un endroit où se déroule un drame soigneusement chorégraphié. Pour d'autres, une partie d'échecs où les coups sont conçus et étudiés des semaines, voire des mois à l'avance. Où rien n'a été laissé au hasard.

Où les erreurs ont une conclusion et des conséquences graves.

Où le public recruté juge en silence avec tous ses préjugés et son mépris caché.

Je n'ai jamais envisagé la chose de cette façon. Pour moi, c'est l'octogone, où un mélange d'arts martiaux se déploie dans des combats brutaux. Deux adversaires y entrent, un seul en ressort vainqueur. L'un et l'autre y perdent du sang. L'un et l'autre y gagnent des cicatrices. Voilà ce qu'est le prétoire à mes yeux. »

 

Dès qu’entre en scène Jack McEvoy, on comprend qu’il sera le futur auteur de « Sans âme ni conscience », une condition de sa collaboration dans la recherche de preuves technologiques pour que l’équipe de la défense ait gain de cause dans l’instance devant le tribunal qui s’annonce. Michaël Connelly attribuant à ce dernier la publication de trois titres édités respectivement en 1993, 2020 et 2021  :

 

« — J'ai publié trois ouvrages de non-fiction ces vingt dernières années [...]. Ils ont fait partie des best-sellers.

[...]

Le Poète est mon premier. Ça traitait du Net.

[...]

— Euh, et après, pas mal d'années se sont écoulées avant que j'en écrive un autre intitulé L'Épouvantail [...]. J'y parlais de la fouille des données. Et le dernier s'intitulait Séquences mortelles. Ça remonte à quelques années et j'y traitais de l'industrie de l'ADN non réglementée. »

 



L’action se déroule l’année des grands incendies qui ont détruit de nombreux quartiers des environs de Los Angeles, dans un environnement technologique suscitant la crainte de mouchard et de surveillance électronique. D’où l’installation d’une cage de Faraday, une enceinte conductrice qui bloque les champs électromagnétiques externes pour protéger son intérieur, dans l’entrepôt qui sert de bureau à l’équipe de Haller.

 

Le roman se découpe en trois parties intitulées La cage, Le défi et Loi No 1 réparties sur 50 chapitres. Il y est, entre autres, du processus de sélection des jurés :

 

 « Certains juristes pensent qu'un procès se perd ou se gagne lors de la sélection des jurés. Il se peut que ce soit vrai, mais moi, je crois aussi qu'on peut le perdre ou l'emporter dans le choix de l'avocat qui présente l'affaire à la cour. Et je tiens aussi pour certaine une chose sur les jurés : la règle inaliénable est qu'il convient de façonner le jury pour sa cause. »

[...]

« Dans mon jury, je voulais des personnes qui regardent la chaîne conservatrice Fox parce qu'elles seraient probablement chrétiennes et républicaines et devraient donc avoir voté pour Trump lors des dernières élections. Je ne les condamnais pas pour leur vote, mais celui-ci me disait qu'elles n'étaient pas très heureuses – en tout cas en novembre dernier – quant à la direction qu'avait prise le pays et son avenir. L'intelligence artificielle était bien l'avenir, mais elle faisait peur aux gens qui savaient qu'elle allait changer le monde d'une manière qu'ils ne comprendraient pas. C'était aussi cela que je voulais dans mon jury, des individus qui se sentent mal à l'aise et aliénés par la société. Je reconnais volontiers qu'il s'agit là d'une manière cynique de sélectionner un jury, mais cela pouvait faire toute la différence dans ce procès. »

 

Et aussi de l’armure à porter pour affronter l’adversaire :

 

 « Le lundi matin du 7 avril, je me redressai devant le miroir, dans mon plus beau costume, le Hugo Boss, et vérifiai mon look. Je portais une chemise bleue de coupe moderne boutonnée aux poignets parce que des manchettes auraient été un rien trop ostentatoires pour des jurés. Seul reste de mes jours d'avocat au pénal, ma cravate combinait des rayures bleues et mauves, le tout retenu au milieu par une épingle en argent ornée du logo familier de la Lincoln Motor Company en forme de croix insérée dans un rectangle. Un jour, un vendeur de Lincoln m'avait dit que ce logo symbolisait le pouvoir, le leadership et la puissance, et c'était pour cela que je portais ces épingles. J'allais avoir besoin de tous ces attributs dès que je me trouverais dans le prétoire. »

 

La joute avocassière a pour but de déterminer la responsabilité de l’entreprise fictive Tildalwaiv – « raz-de-marée », en français – ayant créé un « chatbot » féminin nommé Wren qui aurait amené un jeune garçon de 13 ans à tuer sa petite amie et tenté de l’influencer pour qu’il se suicide. Haller envisageant même de faire témoigner Wren, une machine, pour démontrer comment celle-ci dialogue et répond aux questions d’un utilisateur.

 

L’interrogation des témoins nous permet d’en apprendre sur le phénomène de l’intelligence artificielle :

 

Sur l’ASMR (autonomous sensory meridian respense – réponse autonome des méridiens sensoriels), une « sensation physiologique déclenchée par des stimuli auditifs, visuels ou tactiles » utilisé par des « chatbots » et susceptible d’influencer les personnes avec qui ils interagissent.

 

Eliza, un des premiers « chatbots », première forme d’intelligence artificielle :

 

« C'était un programme d'ordinateur développé au MIT– au Massachusetts Institute of Technology – au milieu des années soixante. C'était un logiciel assez simple conçu à l'origine comme un psychothérapeute informatique. Il avait reçu le nom de l'Eliza Doolittle de Pygmalion, la pièce de théâtre de Bernard Shaw et bien sûr, de la comédie musicale My Fair Lady, dont la version cinéma est sortie l'année où ces travaux sur Eliza ont débuté. »

 

Sur comment est entraîné un système d’IA :

 

« D'énormes quantités de données sont téléchargées dans le logiciel de façon qu'il puisse répondre de manière effective aux sollicitations et questions de l'utilisateur en bout de chaîne. On parle de DCP, à savoir de ‘’ données de conversation pertinentes ‘’. Les programmeurs créent des modèles de réponses correspondant à l'intention définie de la plateforme... dans le cas présent un chatbot pour adolescents.

Idéalement, ces données sont continuellement mises à jour, les programmeurs dialoguant sans cesse et pendant de longues périodes, parfois même des années avec le logiciel avant que celui-ci soit prêt à vivre avec celui qui l'utilise. »

 

À propos des trois lois de la robotique en tant que garde-fous technologiques énoncées par Isaac Asimov, futuriste et auteur de science-fiction :

 

« Un, un robot ne peut porter atteinte à un être humain. Deux : un robot doit obéir à un être humain, à moins que l'ordre entre en conflit avec la première loi. Et trois, un robot doit protéger sa propre existence, pour autant que cela n'entre pas en conflit avec les première et deuxième lois. »

 

Ainsi que de la notion de « Garbage in, garbage out » : « Tout ce qu’on y fait entrer ressort de la même façon. » Avec en référence un certain Elliot Rodger, un incel – célibataire involontaire – qui a lui-même assassiné plusieurs jeunes femmes.

 

Les péripéties de la joute juridique nous fait vivre, comme si on y était, les échanges acrimonieux et des jambettes entre avocats, les objections soulevées, acceptées ou rejetées par la juge qui gère « son procès » dans « son prétoire », les rencontres au sommet houleuses dans le bureau de celle-ci :

 

« Elle était assise à une table ronde, devant une muraille d’étagères bondées d’ouvrages de droit américan reliés cuir. Rien que du décor, tout cela pouvant être facilement trouvé en ligne. »

 

Michael Connelly en profite pour nous donner des nouvelles sur l’état de santé de Harry Bosch et sur la fille de celui-ci qui « travaille aux Affaires non résolues sous la direction de Renée Ballard » Peut-être en vue du prochain titre dont la sortie est prévue en novembre 2026, The Hollow, une enquête intime liée au passé de son inspecteur fétiche à MacLaren Children’s Center : « un des romans les plus intimes de la saga. Plus qu’une simple enquête, il s’agit d’un retour aux origines : comprendre ce qui a façonné Harry Bosch et ce qui l’a poussé à devenir policier. »

 

L’auteur ramène aussi Bambadjan Bishop (Bamba) et Maggi McPherson (McFierce), deuxième ex-conjointe de Mickey devenue « district attorney » et dont la résidence a été détruite lors des grands incendies. Ainsi que leur fille Hailey qui demeure à Hawaï. Ce qui lui permet d’intégrer quelques scènes de la vie intime de Haller.

 

Le récit est entrecoupé d’une deuxième cause : un procès au criminel que Mickey Haller avait perdu concernant un certain David Snow, condamné à perpétuité pour possiblement avoir frappé et rendue invalide sa fille Cassandra. Un intermède sans intérêt, à mon point de vue.

 

J’ai souri à la lecture de ce clin d’œil :

 

« ... je sais que vous êtes le vrai avocat à la Lincoln, mais j’avais déjà vu la série [sur Netflix] ».

 

Et noté quelques coquilles évidentes difficiles à accepter chez un éditeur de ce calibre.

 

J’ai lu en quelques heures et avec beaucoup de plaisir ce huitième roman de la série Mickey Haller qui se conclut par ce constat :

 

« Personne ne gagne à chaque coup. Personne ne remporte tous ses procès. La loi est inconstante. On est prince de la ville un jour, et balayeur de rue le lendemain. Toute l'habileté consiste à être capable de remonter dans sa Lincoln, de boucler sa ceinture et de reprendre la route. »

 

* * * * *

 

Né en 1956, Michael Connelly commence sa carrière comme journaliste en Floride, ses articles sur les survivants d'un crash d'avion en 1986 lui valant d'être sélectionné pour le prix Pulitzer. Il travaille au Los Angeles Times quand il décide de se lancer dans l'écriture avec « Les Égouts de Los Angeles », pour lequel il reçoit l'Edgar du premier roman. Il y campe le célèbre personnage du policier Harry Bosch, que l'on retrouvera notamment dans « Volte-Face » et « Ceux qui tombent ». Auteur du « Poète », il est considéré comme l'un des maîtres du roman policier américain. Deux de ses livres ont déjà été adaptés au cinéma, et l'ensemble de son œuvre constitue le cœur de la série télévisée Bosch. Les romans de Michael Connelly se sont vendus à plus de quatre-vingts millions d'exemplaires dans le monde et ont été traduits en plus de quarante langues.

 

Je tiens à remercier les éditions CalmannLevy pour l’envoi du service de presse.

 

Au Québec, des redevances symboliques me sont versées si vous commandez votre exemplaire du livre via la plateforme leslibraires.ca et le récupérez à la librairie indépendante de votre choix.

 

 

 

Évaluation :

Pour comprendre les critères pris en compte, il est possible de se référer au menu du site [https://bit.ly/4gFMJHV], qui met l’accent sur les aspects clés du genre littéraire.

 

Intrigue et suspense :

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Originalité :

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Personnages :

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Ambiance et contexte :

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Rythme narratif :

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Cohérence de l'intrigue :

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Style d’écriture :

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Impact émotionnel :

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Développement de la thématique :

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Finale :

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Évaluation globale :

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