France Lorrain. – Roche papier ciseaux. – Laval : Guy Saint-Jean éditeur, 2026. – 402 pages.
Polar
Résumé :
À l’école primaire Virevent, à Saint-Émile,
l’arrivée d’une nouvelle directrice fait naître l’espoir d’une année agréable.
Or, un lundi matin de décembre, une
enseignante est retrouvée morte dans son local de classe, des ciseaux plantés
en pleine poitrine. Les lieutenants-détectives Vinh Park et Jérôme Marquis sont
désignés pour élucider ce meurtre. Entre collègues hostiles et parents
déterminés à la faire renvoyer, qui pouvait nourrir une telle haine envers
cette enseignante controversée pour ses élèves ?
Commentaires :
« Roche
papier ciseaux » : quand l’école primaire devient le théâtre d’un meurtre.
Après avoir publié principalement des romans jeunesse
et historiques, France Lorrain fait une première incursion dans le monde du
polar avec « Roche papier ciseaux ».
Et pour cette première expérience du genre, elle choisit un environnement pour
le moins original : celui d’une école primaire.
Une
enquête policière dans un univers peu exploité
Avec « Roche
papier ciseaux », titre qui fait référence au jeu des trois coups
inventé en Chine, France Lorrain nous propose un polar d’enquête plutôt
traditionnel. Deux enquêteurs qui se retrouvent rapidement devant une liste de
suspects qui ne cesse de s’allonger : collègues de travail, parents d’élèves et
autres personnes ayant eu maille à partir avec la victime, « madame Linda », qui était loin de
faire l’unanimité.
Et c’est probablement l’un des éléments qui
m’a le plus intéressé dans ce roman. Alors que plusieurs personnages auraient
pu avoir une raison de souhaiter sa disparition, il devient difficile de
déterminer lequel aurait pu passer de la rancœur au meurtre.
L’auteure prend d’ailleurs bien soin de
multiplier les pistes, les motivations et les possibilités. Jusqu’aux derniers
chapitres, je me suis demandé qui pouvait bien être responsable de
l’assassinat. Même lorsque certaines hypothèses semblent plus plausibles que
d’autres, le doute demeure.
Et c’est ce qui m’a incité à poursuivre ma
lecture malgré certaines longueurs.
Une
école primaire vue de l’intérieur
L’un des principaux intérêts de « Roche papier ciseaux » réside dans la
connaissance très concrète du milieu scolaire que possède France Lorrain.
Après une longue carrière dans
l’enseignement, celle-ci puise largement dans son expérience pour décrire le
fonctionnement d’une école primaire, les rapports entre enseignants, la direction,
les parents et les élèves, mais aussi les nombreuses tensions qui peuvent se
développer dans un milieu où plusieurs intervenants doivent quotidiennement
travailler ensemble. Elle a certainement puisé dans ses années d’enseignement
et dans les expériences racontées par ses collègues pour construire cet
univers. Et cela se sent tout au long de la trentaine de chapitres.
L’école n’est pas simplement un décor
permettant de situer l’action. Elle devient presque un personnage du roman. On
découvre ses règles de fonctionnement, les réunions, les relations entre les
différents membres du personnel, les rapports avec les parents et les
responsabilités qui incombent à la direction. Cette connaissance du milieu
donne beaucoup de crédibilité au récit.
Des
personnages bien campés
France Lorrain réussit également à créer une
galerie de personnages suffisamment différents les uns des autres pour
maintenir l’intérêt. Certains sont attachants, d’autres beaucoup moins, mais
chacun possède ses secrets, ses propres motivations, ses frustrations et ses
relations avec la victime. L’auteure n’hésite pas non plus à aborder la réalité
de la violence conjugale, ajoutant ainsi une autre dimension sociale à son
récit.
Les deux enquêteurs occupent évidemment une
place importante dans le récit. Leur démarche est rigoureuse et méthodique. Ils
avancent progressivement dans leur enquête, recueillent les témoignages,
vérifient les différentes hypothèses et tentent de départager les faits des
impressions.
Rien de spectaculaire ou de particulièrement
innovateur dans cette démarche, mais une enquête qui se construit de façon
cohérente et qui permet au lecteur de suivre leur raisonnement.
Un premier
polar qui aurait gagné à être plus court
Pour raconter cette histoire, l’auteure
utilise efficacement l’analepse en décrivant progressivement les événements
antérieurs et postérieurs au crime avec un certain suspense pour maintenir
l’intérêt.
Par contre, j’ai trouvé que « Roche papier ciseaux » aurait gagné à
être resserré. Avec un peu plus de 400 pages, le roman comporte certaines
longueurs et plusieurs passages qui, à mon avis, auraient pu être éliminés ou
raccourcis sans nuire à l’intrigue. Une cinquantaine de pages de moins aurait
probablement donné davantage de rythme à l’ensemble.
Cela dit, le principal objectif d’un polar
d’enquête est de donner envie de savoir qui a commis le crime. Et sur ce plan,
France Lorrain atteint son objectif.
Je me suis demandé à plusieurs reprises si
j’avais finalement identifié le coupable. Chaque fois, une nouvelle possibilité venait
remettre mes certitudes en question et il faudra attendre les tout derniers
chapitres pour connaître la personne responsable du meurtre.
Une
première incursion réussie dans le polar
« Roche
papier ciseaux » n’est peut-être pas, dans sa structure dramatique, le
polar le plus original que j’ai lu, et l’écriture, bien que solide et agréable,
ne m’a pas particulièrement impressionné. Mais France Lorrain possède
manifestement une bonne connaissance des mécanismes du roman d’enquête et elle
sait maintenir suffisamment de mystère pour inciter le lecteur à poursuivre sa
lecture. Surtout, elle exploite avec beaucoup d’efficacité un milieu qu’elle
connaît de l’intérieur.
Une première incursion dans le roman policier
qui donne envie de voir ce que cette nouvelle polariste pourrait nous proposer
si elle décide de poursuivre dans cette voie.
* * * * *
France Lorrain demeure à Mascouche et enseigne au primaire. Elle est aussi chargée de cours à l’Université de Montréal. On lui doit 16 romans jeunesse en plus de sa remarquable saga « La promesse des Gélinas », propulsée au sommet des ventes dès la sortie du premier tome.
Je tiens à remercier les éditions Saint-Jean pour l’envoi du service de presse.
Au Québec, des redevances symboliques me sont
versées si vous commandez votre exemplaire du livre via la plateforme leslibraires.ca
et le récupérez à la librairie indépendante de votre choix.
Évaluation :
Pour
comprendre les critères pris en compte, il est possible de se référer au menu
du site [https://bit.ly/4gFMJHV],
qui met l’accent sur les aspects clés du
genre littéraire.
Intrigue et suspense
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Originalité :
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Personnages
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Ambiance
et contexte :
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Rythme
narratif :
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Cohérence
de l'intrigue :
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Style
d’écriture :
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Impact
émotionnel :
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Développement
de la thématique :
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Finale
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Évaluation globale :
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