Si les chats pouvaient parler (Piergiorgio Pulixi)


Piergiorgio Pulixi. – Si les chats pouvaient parler. – Paris : Gallmeister, 2025. – 330 pages.

 

 

Polar

 

 

 

Résumé :

 

La librairie de Marzio Montecristo, Les Chats Noirs, a été choisie comme « librairie flottante » pour participer à un événement exclusif : le célèbre auteur de romans policiers Galeazzo écrira les derniers chapitres de son nouveau roman à bord d'un bateau de croisière qui fera le tour de la Sardaigne. Marzio n'est pas très enthousiaste, mais pour la librairie, c'est une opportunité à ne pas manquer. Il emmène avec lui l'inspecteur Caruso, futur membre du club de lecture des « enquêteurs du mardi », et ses deux mascottes félines, Poirot et Miss Marple. Mais le voyage prend une tournure inattendue lorsqu'un meurtre vient troubler l'idyllique croisière. Personne ne peut quitter le navire et la tension est à son comble.

 

 

Commentaires :

 

« Si les chats pouvaient parler » est le deuxième titre de la série Les enquêtes de la librairie des Chats Noirs après La Librairie des chats noirs publié en 2024. Dédié à deux de ses amis « libraires extraordinaires », ce polar léger se veut « une sorte d’hommage culturel » au Karnak de « Mort sur le Nil » d’Agatha Christie.

 

L’intrigue se déroule cependant en Méditerranée, au large de la Sardaigne, à bord du « Mise en abyme », « petit bateau de croisière au charme rétro » appartenant à un éditeur français, où est assassiné Aristide Galeazzo, auteur à succès de romans policiers et fervent admirateur de Georges Simenon :

 

« Un bateau pareil [...] avec son allure suspendue entre présent et passé était le théâtre parfait pour des intrigues et des mystères qui s'épaississaient au rythme hypnotique des vagues se brisant sur la coque. »

 

À bord se retrouve isolée, sans possibilité de communication avec l’extérieur, une galerie de personnages dont, évidemment, le ou la coupable qui sera confondu(e) au terme d’interrogatoires dignes d’Hercule Poirot :

 

Gianroberto Polpicella, « fondateur et directeur de la maison d’édition du même nom » qui publie en Italie les romans d’Aristide Galeazzo ; Dalila Moreau, son épouse ; Carmen Mazzalupo, directrice de la communication ; Valentina, la fille de l’auteur ; Elena Sabina, sa femme ; Claudio Crippa, son assistant personnel ; Michel Anastasia, son éditeur français ; Thibault Boyer, photographe et mari de ce dernier ; Ettore Cristallo, « acteur sexagénaire qui incarnait depuis vingt ans l’inspecteur Umberto Brizzi », héros des romans de Galeazzo ; ainsi que Simone Ronconi, alias Nicola Cinguetti, photographe.

 

« Presque tous les ingrédients étaient réunis : un espace circonscrit sans issue, une énigme apparemment insoluble, très peu d'indices, tous trompeurs, et un groupe de suspects plein de secrets et de rancœurs [avec] l’impression d'être dans un livre de Gaston Leroux, d'Edgar Allan Poe ou d'Ellery Queen. »

 

Dans le prologue, Piergiorgio Pulixi nous fait assister au meurtre du polariste, officiellement embarqué pour terminer à bord les dernières pages de son nouveau roman, « Mistral de sang ». À mi-parcours, l’auteur glisse habilement une piste narrative qui prendra tout son sens dans le dénouement. Et, comme le laisse présager le titre du livre, les deux chats noirs au nom prédestiné – le « vaniteux » Poirot et la « petite boule d’énergie »  Miss Marple – joueront un rôle décisif dans l’identification du meurtrier.

 

La première partie du roman s’attarde davantage à la personnalité singulière de Marzio Montecristo, propriétaire de la Librairie des Chats noirs : un homme « bourru, irascible, malpoli, remonté en permanence contre le monde entier », confronté aux ambitions modernes de son assistante pour sauver la librairie spécialisée en romans policiers :

 

« – Pourquoi est-ce qu'il n'y a personne? Primo: parce qu'une librairie qui ne vend que du polar n'a aucun avenir, surtout dans une période où ce sont d'autres genres qui dominent le marché: la romance, les sagas familiales, la romantasy, l'urban fantasy, l'autofiction... »

 

Et à la composition d’un club de lecture, les « enquêteurs du mardi » à la recherche d’un cinquième membre, sa présidente étant atteinte de la maladie d’Alzheimer.

 

Le roman prend véritablement son envol lorsque débute l’enquête menée conjointement par Marzio Montecristo – qui s’est laissé convaincre d’embarquer sur cette croisière littéraire imaginée pour mousser les ventes des romans d’Aristide Galeazzo – et l’inspecteur Flavio Caruso, désireux de mieux comprendre les mécanismes narratifs propres au roman policier.

 

Truffé de références à la littérature policière classique, « Si les chats pouvaient parler » multiplie les clins d’œil aux maîtres du genre tout en conservant un ton léger et accessible. Les dialogues savoureux, ponctués d’un humour typiquement italien, m’ont fait sourire à plusieurs reprises.

 

Sans révolutionner le polar à énigme, Piergiorgio Pulixi livre un roman chaleureux et divertissant qui séduira particulièrement les lectrices et lecteurs amoureux des librairies, des chats… et des crimes en lieux clos.

 

Une lecture estivale agréable, parfaite avant d’aborder des thrillers aux atmosphères plus sombres.

 

* * * * *

 

Piergiorgio Pulixi est né en 1982 à Cagliari dans le sud de la Sardaigne. Il a publié plusieurs romans policiers avec lesquels il a remporté de nombreux prix, notamment « L’Île des âmes » (prix Scerbanenco) et « L’Illusion du mal » (prix Fedeli). Il est considéré comme l’un des principaux représentants de la nouvelle génération d’auteurs italiens de romans noirs et de thrillers. Ses romans sont traduits dans une vingtaine de pays.

 

Je tiens à remercier les éditions Gallmeister pour l’envoi du service de presse.

 

Au Québec, des redevances symboliques me sont versées si vous commandez votre exemplaire du livre via la plateforme leslibraires.ca et le récupérez à la librairie indépendante de votre choix.

 

 

 

Évaluation :

Pour comprendre les critères pris en compte, il est possible de se référer au menu du site [https://bit.ly/4gFMJHV], qui met l’accent sur les aspects clés du genre littéraire.

 

Intrigue et suspense :

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Originalité :

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Personnages :

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Ambiance et contexte :

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Rythme narratif :

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Cohérence de l'intrigue :

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Style d’écriture :

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Impact émotionnel :

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Développement de la thématique :

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Finale :

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Évaluation globale :

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Les indignés (Jan Frans Ricard)


Jan Frans Ricard. – Les indignés. – Montréal : Mains libres, 2025. – 356 pages.

 

 

Thriller

 

 

 

Résumé :

 

Imaginez un point de bascule où, en l’espace de quelques instants, la vie et le destin d’un homme se trouvent radicalement changés. Dans son sillon, l’avenir de quelques collègues, d’amis comme d’ennemis, change aussi de direction. Comment rattraper ce qui se corrige, tirer profit d’une situation, et surtout, survivre aux nouvelles épreuves qui se dressent, menaçantes, sur le parcours?

 

Alexandre Garneau, jeune avocat idéaliste et étoile montante d’un prestigieux cabinet, claque la porte de son employeur pour disparaître dans la nature. Errant dans les bars, en pleine crise existentielle, il retrouve Hernández, un vieil ami du cégep. Exubérant, fou de poésie, ce dernier lui propose un poste dans une grande centrale syndicale. N’ayant plus rien devant lui, Alex accepte. Mais on ne quitte pas un cabinet puissant aussi facilement, surtout si l’on connaît certaines cartes maîtresses du jeu. Rapidement, sa tête sera mise à prix par ses anciens patrons qui le traqueront sans relâche.

 

 

Commentaires :

 

Le parcours professionnel de Jan Frans Ricard dans le milieu syndical québécois nourrit directement son premier roman, « Les indignés », un thriller social à l’écriture serrée construit autour d’un puissant sentiment d’injustice : la dilapidation de la caisse de retraite des employé,e,s d’une grande entreprise montréalaise avec des avocats sans scrupules.

 

Découpé en 30 chapitres répartis en trois parties, le récit met en scène deux personnages principaux peu communs dans la littérature de genre québécoise contemporaine, aux profils psychologiques, intellectuels et socioéconomiques à la fois opposés et complémentaires.

 

D’abord Hernan — Daniel Hernández — « né au Québec de parents chiliens ayant fui la dictature de Pinochet après le coup d’État de 1973 », doctorant en sociologie à l’UQAM ayant enseigné dans plusieurs cégeps et devenu responsable de la syndicalisation à la Centrale des travailleurs du Québec (CTQ).

 

Puis Alexandre Garneau, jeune avocat issu d’un grand cabinet montréalais aux pratiques douteuses, diplômé de Harvard, épuisé par « le stress, l’anxiété, la culpabilité » d’avoir appris à « fermer les yeux de sa conscience et de son humanité », qui accepte un poste de conseiller syndical dans une forme évidente de quête de rédemption.

 

Tous deux partagent un amour du jazz — Miles Davis, Dave Brubeck, Ella Fitzgerald, London Calling des Clash, Violent Femmes, Mano Negra, Billie Holiday, Coltrane, the Duke, Oliver Jones, Herbie Hancock, Stan Getz  — mais aussi de la littérature et de la pensée critique tels qu’Aristote, Léopold Senghor, Oswald Durand, Ousmane Sembène (Les bouts de bois de Dieu), Jacques Roumain, grand écrivain haïtien (Gouverneurs de la rosée) et Allen Ginsberg des belles années de la Beat Generation.

 

Comme ses créatures, on devine que Jan Frans Ricard possède un esprit cultivé qui aime autant les idées que les combats sociaux.

 

L’épigraphe de la première partie empruntée au film La Haine de Mathieu Kassovitz donne immédiatement le ton :

 

« C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de 50 étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse, pour se rassurer : ‘’ Jusqu'ici, tout va bien. Jusqu'ici, tout va bien. Jusqu'ici, tout va bien. Mais l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage... ‘’

 

C'est l'histoire d'une société qui tombe, et qui au fur et à mesure de sa chute, se répète sans cesse, pour se rassurer: ‘’ Jusqu'ici, tout va bien. Jusqu'ici, tout va bien. Jusqu'ici, tout va bien. ‘’ L'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage. »

 

Tout le roman repose sur cette tension : celle d’un système qui continue d’avancer alors que ses fondations morales se fissurent.

 

Les deux autres sections sont introduites par des citations d’Al Capone, Warren Buffet, Emma Goldman et Mikhaïl Bakounine sur la lutte des classes et l’exploitation économique — des références qui auraient pu paraître démonstratives, mais que l’auteur intègre habilement à sa mécanique romanesque.

 

« Les indignés » se distingue aussi comme source d’information sur le monde syndical québécois quant aux stratégies de mobilisation et aux campagnes de syndicalisation qui deviennent matière à suspense.

 

Il en est ainsi à propos des articles du Code du travail dont les règles québécoises sont différentes de celles en Ontario ou aux États-Unis. Sur les obligations, par exemple d’un employeur d’accepter la syndicalisation de ses salariés (articles 12 à 14) résumées dans un court dialogue :

 

— Si les boss veulent pas de syndicat, il se passe quoi ? demanda une travailleuse à Hernan.

— Si vous êtes plus que 50% à signer une carte, il va falloir qu'ils vivent avec. C'est pas mal clair qu'ils en veulent pas de syndicat, mais ils font pas les lois.

— S'ils nous mettent à la porte ?

— Prohibé, en vertu des articles 15 à 17 du Code du travail du Québec. Sinon, ce serait l'enfer ! Il y a pas un syndicat qui survivrait. À partir du moment où vous signez une carte, vous êtes protégés.

[...]

— Si la compagnie se fait acheter, ça tombe à l'eau, le syndicat ? demanda une autre travailleuse.

— Non, madame, l’accréditation vous suit. Article 45 du Code du travail. Mais c'est pour ça qu'il faut agir vite, pour éviter les complications. »

 

Ou concernant certaines tactiques patronales et l’utilisation d’« union busters » (briseurs de syndicats) :

 

« De soi-disant conseillers en ressources humaines ou un titre du genre, mais payés pour sortir le syndicat, pour tuer ça dans l'œuf. Ils foutent la merde avec leurs tactiques de désinformation et essaient de diviser le groupe. Un genre de cancer que l'employeur injecte dans ses rangs, en gros. »

 

Ainsi, certaines pages prennent presque la forme d’un « Syndicalisme 101 » romancé, sans jamais ralentir véritablement l’action :

 

« En gros, il faut que plus de la moitié des employés signent une carte d'adhésion au syndicat, et qu'ils paient la somme de 2$, tel que le requiert la loi.

 

La majorité l'emporte, 50% plus un, c'est aussi simple que ça. Ensuite, le Service de syndicalisation dépose une requête en accréditation au Tribunal administratif du travail ou TAT, afin qu'il accrédite officiellement, après vérification de la majorité, le nouveau syndicat. »

 

Cette dimension pédagogique constitue d’ailleurs l’une des grandes originalités du roman.

 

L’auteur pousse également la réflexion stratégique en s’appuyant sur celle de Sun Tzu dans un extrait de l’article XI de L'art de la guerre :

 

« Ne vous tenez pas exclusivement sur la défensive, lancez des partisans sur les arrières de l’ennemi, fatiguez-le par d'incessantes attaques, tantôt d'un côté et tantôt de l'autre. Qu'il se repente de sa témérité et soit contraint de retourner sur ses pas, n'emportant avec lui pour tout butin que la honte de n'avoir pas réussi

 

Et sur d’autres sources alimentant le combat syndical pensé comme une guerre asymétrique moderne contre des structures de pouvoir tentaculaires :

 

« Hernan « avait dévoré tous les traités poussiéreux sur le sujet, de Sun Tzu à Clausewitz, en passant par Lawrence d'Arabie et les ouvrages de tactiques de guérilla, de Makhno aux récits de la Résistance. Bref, tout l'arsenal des stratégies de guerre dissymétrique, pour étudier les moyens de remporter des batailles décisives contre les Goliath de ce monde. Et deux ou trois ouvrages du genre de L'art de la guerre appliqué aux entreprises, pour voir un peu ce qui se tramait dans les tranchées adverses. »

 

La mention d’un schéma mural rappelant ceux du mathématicien John Forbes Nas illustre bien cette volonté de transformer la fraude financière en véritable terrain d’enquête stratégique.

 


Exemple d’un schéma de John Forbes Nas

 

Une autre force du roman réside dans sa capacité à intégrer des références culturelles contemporaines sans artificialité : par exemple les journalistes économiques Gérald Fillion (RDI Radio-Canada), Pierre-Olivier Zappa (LCN TVA), l’émission Dans l’œil du dragon ou encore le Café-Brunch Janine de Verdun, célèbre pour ses « fastueux déjeuners », une table que fréquente probablement l’auteur.

 

Jan Frans Ricard glisse également quelques réflexions personnelles sur le rapport au numérique :

 

« Il y a de ces choses que le numérique ne remplacera jamais : le crépitement d'une aiguille de tourne-disque se mêlant à la musique, les livres papier, les sons et les odeurs qui les accompagnent, les textures qui les caractérisent, les rituels qui entourent les façons de s'en imprégner. »

 

… tout en plongeant son récit dans un univers technologique digne des meilleurs romans d’espionnage, notamment lors d’une scène particulièrement efficace à l’hôtel Reine Elizabeth, aux pages 295 à 300, impliquant un...

 

« enregistreur miniature hyper puissant qui faisait la taille d'un timbre-poste, muni d'une carte Micro SD S17. Portée : neuf mètres. Assez puissant pour traverser la porte coulissante et capter davantage que l'oreille humaine. Si les membres du boys club parlaient assez clairement, même à volume peu élevé, ils étaient cuits. »

 

Alexandre Garneau, l’avocat devenu conseiller syndical, vivant sous les menaces de son ancien employeur prêt à utiliser tous les moyens pour le contraindre à abandonner ses stratégies de vengeance, la référence au sort de Jimmy Hoffa s’invitait dans la trame dramatique :

 

« Chose certaine, il ne voulait pas finir comme Jimmy Hoffa, le dirigeant syndical américain porté disparu pour toujours, assassiné par la mafia ou en train de jouer au bridge avec Elvis et Adolf quelque part sur une île déserte. On ne saurait sans doute jamais. »

 

Le roman m’a aussi permis de découvrir le syndrome de Florence, « un trouble psychosomatique rare provoqué par une émotion intense face à des œuvres d’art, entraînant vertiges, tachycardie et parfois hallucinations » et le Muay-Thaï, « un art martial et sport de combat emblématique de la Thaïlande, combinant puissance, technique et tradition culturelle » que pratique Alexandre Garneau.

 

Mais au-delà de sa solide documentation, « Les indignés » impressionne surtout par son rythme et par la qualité de son écriture, parfois teintée d’humour :

 

« Il transporta ses yeux rouges jusqu’au grand fauteuil de cuir qui se trouvait près des bibliothèques et s’y laissa choir. »

 

« Il portait des lunettes fumées, mais on lui devinait le regard livide d’une truite au four. »

 

« ... le Palais des congrès, malgré les couleurs abominables de ce dernier, qui lui confèrent une allure de gros jouet ridicule. »

 

Avec cette fiction ambitieuse, Jan Frans Ricard réussit le pari de conjuguer thriller, roman social, critique économique et réflexion politique sans sacrifier l’efficacité narrative. Il nous entraîne dans une fraude dont l’ampleur serait extrêmement difficile à mener dans le Québec d’aujourd’hui « en raison du cadre législatif et des mécanismes de contrôle et de reddition de comptes qui ont été mis en place pour assurer l’intégrité des fonds de retraite (particulièrement depuis 1990) ».

 

En somme, un premier roman bien maîtrisé, intelligent et profondément ancré dans les réalités sociales, économiques et politiques contemporaines québécoises.

 

Une entrée dans le polar québécois particulièrement remarquable.

 

* * * * *


Jan Frans Ricard est sociologue de formation et travaille comme conseiller syndical à la CSN depuis plus de dix ans. Il a enseigné la sociologie au niveau collégial et a poursuivi des études de doctorat (UQAM) dans le cadre desquelles il a participé à plusieurs projets de recherche sur le mouvement syndical. Il a donné des conférences au Québec, au Brésil et en Thaïlande sur des thèmes comme la mondialisation, les alliances syndicales internationales et la contribution du féminisme au mouvement syndical québécois.

 

Je tiens à remercier les éditions Mains libres pour l’envoi du service de presse.

 

Au Québec, des redevances symboliques me sont versées si vous commandez votre exemplaire du livre via la plateforme leslibraires.ca et le récupérez à la librairie indépendante de votre choix.

 

 

 

Évaluation :

Pour comprendre les critères pris en compte, il est possible de se référer au menu du site [https://bit.ly/4gFMJHV], qui met l’accent sur les aspects clés du genre littéraire.

 

Intrigue et suspense :

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Originalité :

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Cohérence de l'intrigue :

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