mardi 23 mars 2021

Né d’aucune femme (Franck Bouysse)

Franck Bouysse. – Né d’aucune femme. – Paris : La manufacture de livres, 2019. – 333 pages.

 



Roman

 

 




Résumé :

 

Un prêtre hérite de cahiers sortis en douce d’un ancien couvent hébergeant des malades psychiatriques oubliés du monde. Par ce legs, l’homme d’Église se retrouve détenteur d’une mémoire vive dont il ne sait que faire… Dès la première lecture, le poids du secret pèse sur sa conscience. La vie de Rose a tout d’un conte horrible. Un père qui, par désespoir, vend sa fille. Une enfant de 14 ans se retrouvant prisonnière d’un manoir habité par un duo diabolique qui lui fait vivre les pires horreurs. Une histoire de rencontres porteuses d’espoir et d’actes de courage plus grands que nature.

 

 

Commentaires :

 

Un roman noir, très noir, admirablement écrit, construit de manière à transmettre aux lecteurs les émotions et les tourments des principaux personnages : le curé, la fille, le père, la mère, le palefrenier en alternance au gré des chapitres dans lesquels chacun s’intègre et livre sa propre vision de cette histoire d’horreur. Il faut tenir le coup jusqu’à la finale même si certains passages sont à la limite du supportable.

 

Je ne peux passer sous silence la métaphore que Franck Bouysse met dans la bouche de la « reine mère » pour bien faire comprendre à Rose la réalité sociale des deux mondes dans laquelle elle est condamnée à subir les pires sévices : celle de l’huile qui flotte toujours à la surface de l’eau. L’huile, ce sont les biens nantis qui domineront toujours les classes laborieuses et pauvres, l’eau, dont le destin leur réserve le mauvais sort de ne jamais pouvoir émerger.

 

Et, parmi un exemple parmi tant d’autres, de l’écriture superbe de ce roman écrit à la manière d’un thriller. Cette réflexion sur le passage de la vie à la mort : « Quand ce sera le temps de partir, je le sentirai, je résisterai plus, je me laisserai gentiment glisser hors de ma peau. Je ferai comme il faut […]. Il paraît que quand on s’en va, quelque chose s’envole, quelque chose de pas bien gros et pas bien lourd, mais quelque chose d’autrement essentiel que ce qui est détruit. J’espère pas m’en rendre compte, que ça se déroule un peu comme dans un rêve, avec l’espoir d’aller complètement ailleurs, que la lumière qui s’éteint mène à une autre lumière sans quoi on s’enfonce tranquillement. » (pp. 280-281)

 

Tout est dans la couverture de première… Je n’en dis pas plus pour vous laisser savourer cette œuvre romanesque puissante qui a mérité le Grand Prix des lectrices de Elle, le prix Psychologies du roman inspirant, du Prix des libraires et du premier prix Babelio.

 

 

Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****