Mikaël Archambault. – L’ombre aux mille visages. – Ottawa : Éditions de Mortagne, 2025. – 293 pages.
Thriller
Résumé :
La pègre montréalaise est aux abois : depuis
plusieurs semaines, un loup solitaire a infiltré la bergerie. Morsure après
morsure, il marque son nouveau territoire de ses crocs, avec pour unique
signature le sang qu’il laisse derrière lui. Surnommé « l’ombre aux mille
visages », il multiplie les attaques provocatrices et promet de s’emparer du
marché interlope. Les différents groupes criminalisés cherchent à l’éliminer,
mais l’énigmatique personnage demeure insaisissable.
En semi-retraite, l’arnaqueuse
professionnelle Ana Blanc est contrainte par la mafia à utiliser ses talents
afin de localiser et d’identifier cet ennemi invisible.
Qu’elle le veuille ou non, Ana dispose
d’exactement sept jours pour accomplir sa mission, sans quoi elle en paiera
chèrement le prix…
Commentaires :
Quel plaisir de retrouver Ana Blanc dans
cette nouvelle enquête qu’elle mène avec son fils Téo, bien malgré lui, qui a
des croûtes à manger pour, espérer maîtriser comme sa mère l’art de l’arnaque dans
le but de piéger un criminel !
Mikaël Archambault a, encore une fois, imaginé
un scénario très bien ficelé, au suspense entretenu tout au long de la
soixantaine de courts chapitres reposant sur un compte à rebours étalé sur sept
jours et mettant en scène une palette de personnages principaux et secondaires
truculents. Une course contre la montre s’écoule en jours, en heures et en minutes,
avant que... Je vais vous laisser le découvrir J.
Le tout raconté dans un style fluide, avec une certaine dose d’humour, des
dialogues naturels et quelques rebondissements efficaces jusqu’en finale. Les
scènes chez François Dorion, le conjoint d’Ana atteint d’une maladie
neurologique dégénérative, chez sa fille Zoé, en couple avec le fils d’un
policier, et chez ce dernier, ralentissent à peine le rythme de l’intrigue.
L’héroïne est contrainte de démasquer « ...un expert du déguisement et des tours de
passe-passe. Pour réussir à le coincer, ça prend quelqu’un qui maîtrise les
mêmes armes, qui est aussi doué que lui. Qui est capable d’avoir mille visages. »
Mikaël Archambault se fait lui-même prestidigitateur pour empêcher le lecteur
de découvrir qui, parmi les truands que côtoie l’enquêtrice et son fils, se fait
appeler Lars Moser. On en retrouve deux issus de la précédente enquête – « L’homme au masque de chair » – opus
pour lequel l’auteur se fait insistant, à quatre reprises, afin de convaincre le
lecteur de le lire : « Un petit
bijou », « En plus, le
papier est super doux ».
L’action se déroule tantôt aux bords du lac
Masson, tantôt en divers lieux recommandables ou non de la métropole :
·
au
U Bar de l’aéroport de Montréal-Trudeau, la zone de sécurité franchie, l’endroit
idéal pour rencontrer un tueur professionnel sans qu’il puisse être armé ;
·
dans
les coulisses d’un lieu de débauche clandestin « avantageusement situé sur le boulevard Saint-Laurent, au nord de
Prince-Arthur » ;
·
dans
un bâtiment industriel désaffecté où crèchent plusieurs squatteurs ;
·
parmi
les abris de fortune du campement du boisé Steinberg le long de la rue Hochelaga
où « de nouvelles tentes ont poussé
au milieu du terrain en friche, attirées par cette promesse d’oasis » ;
·
dans
le paddock et les entrepôts du Grand Prix de la TF1 ; au domicile d’un parrain
de la mafia italienne ;
·
...
J’ai bien aimé le clin d’œil aux personnages
fétiches de la série sportive de l’auteur auxquels Ana Blanc a recours
pour orienter ses recherches : Gaétan Tanguay « journaliste indépendant, fondateur du site web Référence sport, d’abord
spécialisé dans les statistiques avancées et qui a ensuite ajouté une dimension
d’enquête à sa couverture sportive » et Tara Dalembert, son associée
et sa conjointe.
La scène dans une des vingtaines d’unités d’entreposage
du quartier industriel d’Anjou qui affiche « Interdictions de flâné – Sourier vous êtes filmez sur vidio »
avec le propriétaire Serge Gratton et ses deux rottweilers est particulièrement
hilarante.
L’insertion d’échanges de textos entre Ana et
Lars Moser alimente efficacement le sentiment d’angoisse auquel est confrontée
l’enquêtrice : l’identité de celui qui se cache derrière ce patronyme et
qui semble épier ses faits et gestes et ceux de son entourage.
Quant à la finale plutôt surréaliste, elle
est digne de celles des films d’action dans lesquels le héros ne dispose que de
quelques secondes pour éviter le pire et dont l’ultime combat fait tout voler
en éclats.
« L’ombre
aux mille visages » allie les qualités d’humoriste et de conteur d’un
auteur qui ne m’a jamais déçu dans son parcours littéraire. Ce récit que j’ai
lu d’un trait et qui m’a tenu en haleine d’un couvert à l’autre offre au
lecteur une oasis d’évasion en ces temps d’obscurantisme.
Ana Blanc qui, dans l’ultime phrase du
dernier chapitre, « n’a pas envie de
découvrir tout de suite ce qui l’attend derrière la porte », nous
reviendra certainement dans un onzième roman que j’ajouterai volontiers à ma
pile à lire. D’ici là, laissez-vous emporter par l’imaginaire d’un de nos
excellents auteurs de thrillers.
* * * * *
Mikaël Archambault est un auteur québécois. En plus de faire carrière comme scénariste et comme scripteur dans le domaine de l’humour, il a publié neuf romans, dont plusieurs se sont démarqués en librairie. Il est diplômé du programme d’écriture humoristique de l’École nationale de l’humour et est détenteur d’un baccalauréat en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal.
En 2022, Mikaël Archambault fait paraître le
thriller policier « Dernière
manche », la première
enquête du journaliste sportif Gaétan Tanguay. Le succès étant au rendez-vous,
trois nouveaux romans verront le jour : « En
échappée » (2023), « Hors-jeu » (2023) et « Fausse
balle » (2024). Après le
succès des enquêtes de Gaétan Tanguay, il récidive avec une nouvelle série
policière mettant cette fois en vedette l’escroc Ana Blanc dans le roman « L’homme
au masque de chair »
(2024). La même année, il publie son premier roman d’horreur, « Destination extrême : Fontaine de Jouvence ».
Mikaël Archambault a aussi contribué à
l’écriture de nombreuses émissions télévisées et a également collaboré à de
nombreux galas d’humour et de spectacles solos.
Je tiens à remercier les éditions de
Mortagne pour l’envoi du service de presse.
Au Québec, vous pouvez commander votre
exemplaire du livre via la plateforme leslibraires.ca
et le récupérer à la librairie indépendante de votre choix.
Évaluation :
Pour
comprendre les critères pris en compte, il est possible de se référer au menu
du site [https://bit.ly/4gFMJHV],
qui met l’accent sur les aspects clés du
genre littéraire.
Intrigue et suspense
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Originalité :
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Personnages
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Ambiance
et contexte :
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Rythme
narratif :
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Cohérence
de l'intrigue :
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Style
d’écriture :
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Impact
émotionnel :
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Développement
de la thématique :
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Finale
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Évaluation globale :
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