Maigret – Maigret et la jeune morte (Patrice Leconte – Georges Simenon)


Patrice Leconte. – Maigret. – Production franco-belge, 1 h 28 minutes.

 


Polar

 

 



Résumé :

 

Maigret enquête sur la mort d’une jeune fille. Rien ne permet de l’identifier, personne ne semble l’avoir connue, ni se souvenir d’elle. Il rencontre une délinquante, qui ressemble étrangement à la victime, et réveille en lui le souvenir d’une autre disparition, plus ancienne et plus intime.

 


Commentaires :

 

Parce que le film de Patrice Leconte a été réalisé d’après le roman Maigret et la Jeune Morte de Georges Simenon publié en 1954, je me permets de partager mon avis « de visionnement ».


D'entrée de jeu, je n’ai pas lu le roman - c'est souvent préférable - qui, dit-on, avait déjà été adapté pour la télévision. Cette production franco-belge nous présente un Jules Maigret comme personnellement je l'ai toujours imaginé incarné par un Gérard Depardieu qui a su se glisser dans la peau du personnage plus grand que nature. Même si je n’ai jamais été un admirateur de cet acteur aux déclarations et aux frasques qui le déshonorent. Mais je dois admettre que ce Maigret, entouré d’une brochette d’excellents comédiens, est convaincant dans sa lente quête de la vérité.


L’inspecteur accompagné par son fidèle Janvier et appuyé par madame Maigret fin cordon bleu parle peu, pose quelques questions, réfléchit, doute. Tout est dans l’expression du visage, du regard qui nous fait bien sentir que l’enquêteur a d’abord un parti pris pour la victime avant de débusquer l’assassin.


Une magnifique reconstitution de l’époque et une direction artistique très soignée : des décors que les ensembliers ont enrichis de mille objets créant à l’occasion des toiles de grands maîtres fictifs. Des images de Paris, de cafés, de bars, de restaurant chic, de ruelles délabrées, de quai de la Seine, de boutique d’antiquaire, d’hôtel particulier, de morgue et, bien sûr du 36, quai des Orfèvres dans lesquelles Maigret au souffle court, en complet suranné, chemise immaculée, cravate rayée, pardessus gris et chapeau mou traîne le poids de son quotidien à la recherche du parcours de la victime.


Il n’y manque rien : les expressos, les verres de vin blanc, les sandwichs, les pipes que Maigret de fume plus sur recommandation de son médecin. Une histoire noire teintée d’humour subtil, un suspense appuyé par une trame musicale envoûtante.


Et peut-être de clin d’œil respectueux de Leconte au deuil de Simenon à la suite du suicide de sa fille Marie-Jo en 1978 avec la jeune paumée qui ressemble beaucoup à la morte, elle aussi empreinte de mélancolie.


Avec en finale, une sortie majestueuse en ombre chinoise.


En somme un film fascinant.


 

Originalité/Choix du sujet :

*****
Qualité cinématographique :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****



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