mardi 8 août 2017

Hors saison (Max Férandon)

Max Férandon. – Hors saison. – Québec : Alto, 2017. 164 pages.


Polar hors-normes








Résumé : Au Bonheur de Noël, on déniche tout l’arsenal festif nécessaire pour transformer votre demeure en havre à lutins… Décorations en tous genres, accessoires parfumés, gadgets scintillants… et un cadavre, ce qui refroidit passablement l’ambiance, surtout en octobre.

Qui a bien pu en vouloir à ce point à Jacques Jodoin, préposé à l’entretien aussi discret que taciturne ? Interrogés par l’inspectrice de la police de Québec Marina Duhaime, les membres du personnel ne semblent nullement correspondre au portrait qu’on se fait d’un exécuteur de concierge.

Entre en scène Antoine Paradis, célèbre cuisinier recyclé dans la création de repas d’avion, qui a connu Jodoin au cours d’une autre vie. Le nez au-dessus de l’affaire qui mijote, une concoction louche et plus épaisse qu’il n’y paraît, il sent que l’enquête est relevée par un zeste de vengeance, un soupçon de romance et des restes célèbres qu’on attendait plus.

Commentaires : Voilà un petit bijou avec au menu humour et poésie. À preuve, la première phrase du premier chapitre qui donne le ton : « Les traversiers cousaient le Saint-Laurent dans sa largeur et le vieux pont de Québec rêvait d’enjamber l’Amazone ».

Enfin un polar qui se démarque tant par la forme, le style et le récit original. Bien campé dans le Vieux-Québec, place de l’hôtel de ville où se font face la Mairie et la Basilique entre lesquels se déroule un drame qui risque de marquer le cours de l’histoire de la cité fondée par Samuel de Champlain. Une bouffée d’oxygène dans la littérature policière québécoise. L’humour corrosif d’un auteur originaire d’un petit village de la Creuse, établi à Québec depuis 1988, qui a le don de décrire la réalité québécoise à en faire rougir ceux qui se disent de souche. Certains passages m’ont fait rire aux larmes.

Un récit bien ficelé avec un suspense, quoiqu’en ait dit la critique, qui nous tient jusqu’à la fin : cadavres (car il y en a deux) et magot, qui a fait quoi ? Les lutins, les sœurs jumelles, la frange barcelonaise, le proprio sénile de La Romancerie, la décoratrice et son carnet des traversées entre Lévis et Québec… ? Et que dire de cette inspectrice à la personnalité atypique !

Définitivement, avec Hors saison, on ne s’ennuie pas. Cette fiction donne le goût de compléter cette découverte par les autres romans publiés par ce sympathique écrivain : Monsieur Ho (2008), La roue et autres descentes (2010) et un Lundi sans bruit (2014).

Je n’en dis pas plus et je vous invite à vous mettre sous la dent le menu alléchant (intitulés des chapitres) proposé par Max Férandon composé d’Endives braisées au canotier de l’île, de Ratatouille boréale, de Farfalle farniente, de Brunoise de citrons confis… Avec en finale : « Un voile d’écume habillait la lune et le vieux pont de Québec laissait tomber dans le Saint-Laurent des larmes de rouille. »

Plaisirs garantis.

Ce que j’ai aimé : Tout.

Ce que j’ai moins aimé : -


Cote : ¶¶¶¶¶

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