dimanche 2 septembre 2018

Le Goya de Constantin (Del Pappas)


Del Pappas. – Le Goya de Constantin. – Clermont-Ferrand : Éditions De Borée, 2018. 251 pages.


Polar







Résumé : Dans quel pétrin s’est encore mis Constantin? Dérober un Goya, quelle idée! Il aurait dû se douter que le tableau allait attiser les convoitises d’individus pas très fréquentables de Marseille… Mais maintenant que la toile est en sa possession, plus question de reculer : il faut la revendre, d’autant que c’est pour une bonne cause. C’est à Hambourg qu’il doit retrouver Gerhard, un amateur d’art qui va lui présenter un expert et d’éventuels acquéreurs. Le plan semble imparable, mais la plus grande ville portuaire d’Allemagne, une sorte de Marseille à l’envers – propre, riche, disciplinée –, cache elle aussi des individus très dangereux!

Commentaires : Voici un auteur que j’ai découvert sur le tard grâce au service de presse des Éditions De Borée que je remercie. Tardivement parce que Del Pappas a publié depuis 20 ans une quarantaine de romans « nourris de ses voyages, de ses origines grecques et de son expérience dans le milieu du cinéma. »  Connu en France et plus spécifiquement à Marseille pour sa série Constantin qui met en valeur sa ville et sa gastronomie.

J’avoue avoir un faible pour les auteurs qui déploient leur imaginaire et bâtissent des scénarios littéraires dans un lieu géographique bien précis : une ville, un quartier, une rue…

C’est le cas avec Le Goya de Constantin : une histoire abracadabrante à propos d’une toile inconnue du peintre espagnol trouvée par hasard dans le fonds d’un petit musée marseillais.

Dès les premières pages, le lecteur est précipité dans une immersion linguistique, culturelle et culinaire. On est en plein Midi, dans une ambiance où les sons, les odeurs et les images enveloppent une brochette de personnages français et allemands hauts en couleur : Constantin lui-même, l’amateur d’art, l’expert de Goya, la policière allemande… Idem, quand l’action se transporte à Hambourg.

Les débuts lents nous préparent au développement d’une action de plus en plus rythmée avec une finale presque imprévisible. Ici et là, l’auteur nous titille les papilles avec des plats aux saveurs régionales. Il nous en livre les secrets dans une section intitulée Cuisine à la toute fin du bouquin.

Cette histoire d’imposture où le crime doit servir à soutenir une « cause humanitaire » est truffée de nombreux dialogues savoureux qui caractérisent les personnages et contribuent à l’avancement de l’action. Del Pappas excelle également dans les descriptions. Celles de la poursuite dans un restaurant de Hambourg ou de l’attaque du chalet de la policière allemande en sont d’excellents exemples. Autre exemple :

« En sort un troupeau de blouses blanches derrière le gugusse puant la confiance en soi, l’amour de sa petite personne, la mégalomanie, la suffisance. Immédiatement je le déteste. Il pérore pour sa cour, sans regarder dégun, avec des gestes de tribun. Habillé également d’une blouse blanche, il n’a même pas le stéthoscope autour du cou comme tous les étudiants et étudiantes qui l’accompagnent. Avec ses petites jambes, il marche vite vers son tennis, son golf, son repas d’affaires… » (pp. 69-70) J’ai eu l’impression de revoir un médecin que j’ai déjà connu !

Une belle découverte que ce Goya imaginaire de Constantin.

Notons enfin qu’en 2002, Del Pappas a reçu le Grand Prix de Provence pour l’ensemble de son œuvre et, en 2007, le Prix du polar de la ville d’Aubusson.

Ce que j’ai aimé : L’histoire originale. Le personnage de Constantin. Les descriptions et les dialogues.    

Ce que j’ai moins aimé : -

Cote :


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire