dimanche 2 septembre 2018

De ton fils charmant et clarinettiste (Richard Ste-Marie)


Richard Ste-Marie. – De ton fils charmant et clarinettiste. – Lévis : Alire, 2018. 268 pages.


Polar







Résumé : Policier à la carrière peu exemplaire, Marcel Banville, un célibataire endurci qui ne s’est guère fait d’amis, a repoussé à l’extrême limite le moment de prendre sa retraite tant il appréhende l’ennui qui s’ensuivra. Or, c’est à quelques semaines de la date fatidique qu’il hérite de l’enquête sur les meurtres sordides de prêtres associés à des actes pédophiles, enquête qu’il sait ne pouvoir se résoudre avant de remettre son insigne.

C’est donc en toute illégalité que Marcel décide de reprendre son rôle quand, en feuilletant les albums photos de sa mère – dont le suicide en pleine force de l’âge constitue le douloureux mystère de sa jeunesse –, il réalise que de nombreux religieux gravitaient à cette époque autour de sa mère.

Avec un sentiment d’urgence qu’il n’avait pas ressenti depuis ses années folles de petit délinquant dans ce quartier Limoilou qu’il habite toujours, Banville s’associe avec des gens possédant un sens tout aussi personnel que lui de la justice, comme Charles McNicoll, un tueur à gages mélomane de son état.

Et les voilà sur la piste d’un véritable panier de crabes de religieux sans scrupules… et d’un lugubre prédateur qui, étrangement, semble poursuivre les mêmes objectifs qu’eux!

Commentaires : Un autre excellent polar de Richard Ste-Marie avec comme thématique un sujet de l’heure : la pédophilie religieuse et la problématique du célibat des prêtres catholiques. Des événements « dus à l’imagination de l’auteur » et pour lesquels « toute ressemblance entre certains personnages et des personnes vivantes [est] purement fortuite ».

Pour nous raconter cette histoire sordide de meurtres en série écrite sans pusillanimité, l’auteur a confié l’enquête à un nouveau protagoniste, le sergent Marcel Banville, policier plus ou moins intègre du Service de police de la ville de Québec (SPVQ), délaissant temporairement, on peut le souhaiter, son héros fétiche : Francis Pagliaro. Un enquêteur qui a toutes les raisons de vouloir démasquer l’imposture cléricale, de dénoncer la domination de ces curés (prêtres, révérends pères, frères membres de certains ordres religieux) dans la vie quotidienne, après des familles, dans les écoles et les sacristies.

Comme nous y a habitués Richard Ste-Marie, la structure romanesque est très efficace et les personnages sont des plus crédibles. L’ensemble est bien rythmé avec une montée de tension de chapitre en chapitre. Le lecteur est progressivement entraîné dans la découverte des mises en scènes des crimes et des indices menant à la résolution de l’enquête. Avec une finale tout à fait inattendue. L’action est campée en bonne partie dans le quartier Limoilou de Québec, le quartier de mon enfance et celui de l’auteur, et, entre autres, à Saint-Agapit, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de la capitale. Avec une touche « musicale » incontournable quand on connaît l’auteur.

Mentionnons que la citation de Théodore Agrippa d’Aubigné (1552-1630) extraite de Contre la présence réelle et placée en exergue de l’ouvrage ne pouvait être mieux choisie pour caractériser ce récit noir et troublant.

Vous avez compris que je suis un inconditionnel et que j’attends impatiemment le prochain roman de Richard Ste-Marie.

Ce que j’ai aimé : L’audace de l’auteur dans le choix du sujet susceptible de rouvrir des plaies inguérissables du passé. La crédibilité des personnages. La chute finale (ne lisez surtout pas le paragraphe de la dernière page : vous gâcheriez votre plaisir).    

Ce que j’ai moins aimé : -

Cote :

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