La femme papillon (J.L. Blanchard)


J.L. Blanchard. – La femme papillon. – Montréal : Fides, 2024. – 350 pages.

 

Polar

 


 


Résumé :

 

Invité par le président de la République, l’inspecteur Bonneau disparaît dès qu’il met les pieds à Paris. Plus troublant encore, le chauffeur qui doit l’accueillir à l’aéroport est retrouvé mort dans le coffre de sa limousine.

 

Dépêché en France pour élucider ce mystère, Lamouche fait face à la méfiance de la police locale, qui voit cette ingérence d’un mauvais œil. Résolu à mener sa propre enquête, il découvre qu’on lui cache l’existence d’un indice retrouvé sur les lieux du crime : un médaillon qui semble relier l’affaire à une mystérieuse organisation, l’Ordre des Monarques. Quand un deuxième cadavre est découvert, affreusement mutilé, la quête de Lamouche devient une course contre la montre.

 

Dans cette affaire à l’apparence de complot international, deux questions s’imposent: par quel fil obscur Bonneau est-il lié à l’Ordre des Monarques ? Et surtout, quel est le but de cette secte et de son énigmatique dirigeante, celle que l’on surnomme « la femme papillon» ?

 

Commentaires :

 

Est-ce un signe des temps ? Il semble que certains auteurs québécois innovent en déplaçant en Europe l’action de leurs thrillers et de leurs polars et, par le fait même, les aventures de leurs personnages. C’est le cas de Jean-Louis Blanchard qui fait voyager son inspecteur Bonneau et son adjoint Lamouche à Paris ainsi qu’au bord du lac Léman à Genève, à Montreux et dans l’abbaye moyenâgeuse du domaine fictif de Montrailles.

 

« La femme papillon » est le quatrième tome mettant en vedette le binôme du service de police de Montréal aux personnalités aux antipodes l’une de l’autre. Contrairement aux opus précédents, l’enquête « plus classique » est menée à part entière par le jeune Lamouche, « impertinent, un peu rebelle, mais plutôt futé » alors que son collègue gaffeur se retrouve isolé dans un lieu qu’il peine à identifier.

 

L’humour qui a caractérisé jusqu’à présent cette série y est moins burlesque.

 

Le récit s’inscrit dans une suite logique de l’affaire entourant le Le radeau de la Méduse, « un tableau signé Delacroix avait été au cœur d’une enquête importante que Bonneau et lui avaient menée quelques mois plus tôt » habilement rappelée dans une scène au Jardin du Luxembourg : Lamouche et son interlocutrice s’arrêtant devant une des nombreuses sculptures : « … un buste représentant Eugène Delacroix ». Aussi en lien avec celle du trésor des Chouans et, par la bande, de celle des Pélicans.

 

On y retrouve un Bonneau dont l’accent laisse croire qu’il est Belge, toujours aussi bougonneur qui, en arrivant à l’aéroport Charles-de-Gaulle regrette de s’être laissé convaincre de traverser l’Atlantique…

 

« …écrasé de fatigue. Il venait de passer plus de sept heures, assis bien droit dans un avion, à souffrir de terribles démangeaisons. À ruminer des pensées terrifiantes. À se demander si le pilote saurait faire comme le commandant Piché en cas d'urgence. À se convaincre que, pour le retour, valait mieux prendre le bateau. »

 

… et

 

« … pourquoi avait-il fini par accepter cette stupide invitation ? Venir à Paris juste pour faire plaisir au président de la République ! Pire encore : pour un dîner où on lui servirait certainement des plats immangeables aux noms farfelus ! D'ailleurs, quelle sorte de conversation pourrait-il même entretenir avec ce politicien dont il ne savait rien ? Non ! Il se doutait depuis le début que c'était une très mauvaise idée. La petite voix dans sa tête lui avait répété maintes fois : N'y va pas, Bonneau ! Tu vas te retrouver là comme un pauvre clown ! Comme le phoque dans la chanson de Beau Dommage. Il avait donc repoussé cette visite pendant des mois, et regrettait amèrement aujourd'hui d'avoir abdiqué. »

 

Lui qui a laissé derrière lui sa « chaise vide, [son] vieux bureau encombré de papiers, [son] antique dactylo Remington que plus personne n’utilisait depuis des décennies » sauf lui-même, sans oublier « le canapé qui […] servait de lieu de travail » à Lamouche.

 

Pour celles et ceux qui découvrent l’univers des personnages imaginés par Jean-Louis Blanchard, l’auteur a également inséré un court paragraphe permettant de contextualiser la présence de de ce dernier appelé à « jouer les James Bond » et qui, « comme à son habitude, choisit [toujours] de monter par l’escalier plutôt que par l’ascenseur » :

 

« Ce jeune blanc-bec n'avait pas encore franchi la moitié du contrat de douze mois qu'on lui avait accordé, et pourtant, il prenait ses aises comme si les lieux lui appartenaient. Ou comme s'il voulait rappeler à son directeur qu'il n'avait jamais été dupe de la situation : on lui avait offert ce contrat précisément en raison de sa réputation de casse-pieds, parce que [le directeur] St-Pierre espérait ainsi qu'il pousse l'incompétent Bonneau à la retraite. Et c'est pourquoi Lamouche s'évertuait depuis à faire passer ce même Bonneau pour un génie, allant jusqu'à lui attribuer tous les mérites du succès de leurs enquêtes. »

 

Parmi la panoplie de personnages qui interagissent dans cette histoire plutôt abracadabrante, celui du président de la République qui souhaiterait réussir « un nœud de cravate aussi impeccable que ceux du roi Charles III » est définitivement haut en couleur. À commencer par le mouvement conséquent de ses sourcils selon la gravité de la situation faisant « des vagues au milieu de son front » ou s’activant « de bas en haut. »

 

Au cœur de l’enquête, l’Ordre des Monarques dont le leitmotiv se résume à cette question existentielle : « Pourquoi vous contenter de rester chenille ? » adressée à ceux qui souhaitaient « faire partie d’une certaine élite. Ceux qui se croyaient imbus de sagesse et de clairvoyance, et qui partageaient la vision d’un monde gouverné par la crème de l’humanité. » Une organisation secrète dont les activités se rapprochent de celles de l’Église de scientologie, l’Ordre du Temple solaire (OTS), l’Ordre de Rose-Croix, voire la franc-maçonnerie (la cérémonie initiatique à Montrailles s’inspirant d’ailleurs de cette dernière).

 

Pour concocter l’intrigue de « La femme papillon », l’auteur s’est appuyé sur une recherche fouillée sur le phénomène des sectes. On y trouve des références sur :

 

·        les enquêtes réalisées par le Parlement européen ;

·        MIVILUDES, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires mise en place en France au début des années 2000 pour contrer l’influence des organisations pseudoreligieuses sur les partis politiques ;

·        l’influence de certains groupes religieux sur la présidence américaine : « … une image lui revint à l'esprit : celle d'une dizaine d'évangélistes charismatiques entourant le président Trump dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, au début de son mandat en 2017. Il avait souri en les voyant ainsi célébrer l'arrivée de leur nouveau messie. »

 

Alors que les autorités sont à la recherche des auteurs de la disparition de Bonneau, Jean-Louis Blanchard a glissé parmi les hypothèses certaines réalités politiques françaises. Un complot …

 

… des Maliens ?

 

« Le Mali ! La question qui hantait tout le cabinet depuis des mois! L'épine dans le pied du président de la République depuis des années! Que de nuits il avait passées à se poser la question: est-ce que je retire mes troupes de ce foutu pays, oui ou non? Sommes-nous vraiment en train d'aider, ou plutôt d'envenimer la situation? Au final, même les groupes que l'armée française était censée défendre étaient devenus hostiles à sa présence là-bas. Le Mali... À n'en pas douter, cette hypothèse était non seulement une piste sérieuse, mais elle semblait la plus logique. »

 

… des Saoudiens ?

 

«  … l’assassinat à Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi, que les forces spéciales saoudiennes avaient torturé avant de le démembrer et de transporter ses morceaux dans une valise. »

 

… des Afghans ?

 

Eux qui contrôlaient « la jungle de Calais » … « la zone du port de Calais où s’entassaient des milliers de migrants qui espéraient rejoindre le Royaume-Uni » … « Une véritable mafia ».

 

… des Barjols ?

 

Un groupuscule terroriste d'extrême droite identitaire actif de 2017 à 2018 en France dont le président « gardait un souvenir douloureux de ces tristes sires qui avaient fomenté son assassinat deux ans plus tôt ».

 

Le tout faisant en sorte que le scénario imaginé s’inscrit dans un contexte des plus réalistes. Incluant certaines descriptions de lieux fréquentés par les personnages qui, après vérification sur Google Street, démontrent à quel point l’auteur est rigoureux. Comme ce lieu de rendez-vous, le Café Pavane, rue de Vaugirard où Lamouche « prit le temps de s’asseoir sur le petit banc de bois, juste à côté de la porte, à l’extérieur. »

 

Vous apprécierez la narration de certaines mises en situation plutôt amusantes tel que le long monologue au téléphone de Louisette, la « petite amie » de Bonneau.

 

La séquence où Bonneau se croit mort ou qu’il se retrouve « dans un endroit de la Turquie où l’on parlait français », contraint d’utiliser des « toilettes turques » dont il ignore les caractéristiques :

 

« On aurait dit un enclos sans porte, ou mieux: un box à chevaux, limité d'un côté par le mur de pierre, et de l'autre par le panneau latéral en bois. Près du mur du fond se trouvait une pompe manuelle qui servait vraisemblablement à tirer l'eau d'un puits souterrain. Par terre, un trou d'à peine quinze centimètres de diamètre, duquel émanait une odeur nauséabonde. »

 

Ou encore quand il utilise des livres et une bibliothèque pour tenter de s’évader en s’inspirant d’un de ses héros du septième art :

 

« … il ne cessait de fixer la fenêtre en ogive, quatre mètres plus haut. S'il pouvait grimper jusque-là, il arriverait peut-être à s'échapper de cette manière? Mais comment faire pour briser la vitre sans faire de bruit? Il se rappela que dans un film qu'il avait vu à la télé des années auparavant, Sean Connery réussissait à tordre une pièce de monnaie entre ses dents pour en faire un coupe-verre. Mais voilà: on ne lui avait rien laissé, pas même un dix cents! Et il n'était pas certain non plus que sa dentition soit aussi solide que celle de Sean Connery. »

 

Une mention spéciale pour le masque vénitien que Lamouche porte dans une réception au manoir de Montrailles : « celui de Scaramouche, popularisé par la commedia dell arte » et la scène avec les deux gendarmes.

Évidemment, le dîner à l’Élysée, dans le Salon d’argent, amusant lui-aussi, à l’occasion duquel le président fait des confidences croustillantes alors qu’on leur sert un « Pol Roger 1988 […] cuvée Sir Winston Churchill », leur « dernière bouteille » pour accompagner le plat préféré de Bonneau qui « porte son nom » (à vous de le découvrir), garni « des cornichons, des radis forts, pis un peu de fèves au lard pour donner un p’tit goût canadien. »

 

Impossible de ne pas citer cette réplique du président : « il me tardait de vous rencontrer ! Il est rare que j'aie le privilège de partager ma table avec quelqu'un qui ait autant de panache que vous ! » qui amène Bonneau à se rembrunir : « Cette comparaison avec un orignal ne lui disait rien de bon. »

 

D’autant plus que « dans le salon où on l'avait conduit, Bonneau [avait attendu] sans bouger d'un poil. Le smoking qu'on lui avait suggéré de porter s'avérait aussi contraignant qu'une camisole de force. Au milieu de ce décor grandiloquent, il se sentait plus que jamais comme le phoque de la chanson, bien loin de sa banquise. »

 

On se régale aussi de certaines descriptions, comme dans ces exemples :

 

L’ambassadeur du Canada à Paris qui « s’exprimait avec un niveau d’articulation qui frisait la caricature ». « Une fois son boniment terminé, sa tête hochait toujours, comme s’il réécoutait en écho les paroles qu’il venait de prononcer et voulait s’assurer qu’il avait su y insuffler le niveau d’émotion désiré » … « ce qui était toujours pour [le président] un exercice long et pénible ».

 

Ou, selon Lamouche, « … les Parisiens ont vraiment des goûts étranges. Et c’est justement à Paris qu’on en trouve le plus. »

 

« Qu’ils soient de gauche ou de droite, rappela le premier ministre, les extrémistes ne réfléchissent pas toujours au moment où ils commettent leurs méfaits. »

 

« … il ouvrit la fenêtre toute grande et admira un moment le tableau qui s’offrait à lui sous ce soleil matinal. Le Louvre majestueux, les ponts de Paris et bien sûr la Seine, dont l’eau miroitante semblait danser sur un air de java. »

 

Un incontournable pour une enquête sur le territoire de l’Hexagone : des  clins d’œil à l’usage d’expressions anglaises, ici dans le milieu hôtelier : « C’est pour un check in ? » … « C’est pour un check out ? » Et lorsque

Bonneau qui baragouine l’anglais se retrouve face à un Carrefour Market : « Ceci l’embêta considérablement. Carrefour était un mot indubitablement français, mais Market, ça sonnait pas mal anglais… »

 

J’ai aussi souri chaque fois que dans le but de se conforter, le président se référait à des citations de certains de ses prédécesseurs :

·        Sarkozy « Pour être président de la République, il faut être calme ».

·        Chirac : « Il y a, dans le peuple français, des trésors d’intelligence, de combativité et de vertu ».

·        Mitterand : « Ma patience est faite de mille patiences » et « Il y a un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir »

·        De Gaulle « La gloire se donne seulement à ceux qui l’ont rêvée ».

 

 

Quant aux réflexions de l’oncle Archibald, le frère du père de Lamouche dont le fantôme hante aussi les trois autres romans, qui inspirent ce dernier…

 

·        « … la convoitise fait commettre bien des crimes et croire bien des sottises ! »

·        « Quand le chacal se croit en danger, il lève les yeux et en oublie momentanément sa proie. »

·        « Vous aurez beau couper le ver et en faire disparaître une partie, l’autre bout finira tout de même par bouffer la pomme ».

 

… elles alimentent le désir qu’un jour Jean-Louis Blanchard nous fasse découvrir ce personnage dans des aventures tout aussi insolites que sa série Bonneau/Lamouche.

 

Vous adorerez « La femme papillon » (je vous défie de découvrir la véritable identité avant Lamouche) dont le scénario repose sur une « … légende concernant des tableaux qui auraient été cachés par les moines cisterciens pendant la guerre afin qu’ils ne tombent pas entre les mains des nazis ». Et vous en connaîtrez le sort au moment où Bonneau, toujours égal à lui-même, se retrouvera dans un capharnaüm indescriptible :

 

« Il devait se contorsionner pour contourner ces obstacles, ou pour passer par-dessus des rouleaux empilés au sol. Il s’arrêta devant une toile encadrée, appuyée contre la paroi rocheuse, sur laquelle était peint un simple vase contenant des fleurs de tournesol. Des dessins d’enfants, décréta-t-il en soupirant profondément. »

 

Les polars de Jean-Louis Blanchard sont incontournables pour qui s’intéresse aux littératures du crime au Québec. « La femme papillon », n’y échappe pas. L’imagination débordante de l’auteur nous laisse espérer de futures lectures à la fois enrichissantes et divertissantes pour nous faire oublier les véritables histoires d’horreur qui alimentent au quotidien les médias.

 

Merci aux éditions Fides pour le service de presse.

 

Au Québec, vous pouvez commander votre exemplaire sur le site leslibraires.ca et le récupérer auprès de votre librairie indépendante.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : *****

Intrigue : *****

Psychologie des personnages : *****

Intérêt/Émotion ressentie : *****

Appréciation générale : *****


Le fugitif, le flic et Bill Ballantine (Éric Forbes)


Éric Forbes. – Le fugitif, le flic et Bill Ballantine. – Montréal : Héliotrope, 2024. – 275 pages.

 

Thriller

 

 


Résumé :

 

Un an après les évènements qui ont ensanglanté Amqui et ses notables corrompus, le policier Denis Leblanc débarque à Paris avec l’intention ferme de régler son compte une fois pour toutes à Étienne Chénier, le libraire en cavale qui s’y cache et qu’il traque sans répit. Mais voilà, rien ne se déroule comme prévu. Pourchassés par des meurtriers à la solde d’un des chefs de la mafia montréalaise, le flic et le fugitif devront bien malgré eux unir leurs forces s’ils veulent réussir à échapper à leurs poursuivants, décidés à les descendre coûte que coûte.

 

Avec l’aide inattendue d’un garçon un peu trop dégourdi pour son propre bien et d’une jeune femme, sa mère, au caractère bouillonnant et particulièrement astucieuse pour arrondir ses fins de mois, Chénier et Leblanc tenteront tant bien que mal de sortir vivants de cette course-poursuite sauvage dans Paris.

 

 

Commentaires :

 

Avec « Le fugitif, le flic et Bill Ballantine », le deuxième roman d’Éric Forbes, un thriller humoristique, les littératures du crime québécoises s’introduisent principalement dans les arrondissements centraux de Paris et en banlieue de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Des assassinats en cascade d’un couvert à l’autre, de la capitale française à Baie-Saint-Paul pour respecter la philosophie de la collection Héliotrope Noir : « tracer, livre après livre, une carte inédite du territoire québécois dans lequel le crime se fait arpenteur-géomètre » dont je possède tous les titres. Une trentaine de courts chapitres dans lesquels l’auteur s’en donne à cœur joie pour, entre autres, souligner les particularités langagières qui distinguent les descendants des Gaulois et leurs « cousins » d’Amérique :

 

 

« Elle a un accent québécois, [constate le Français Jocelyn Garand]. Cette façon qu’elle a de prononcer son nom, Garin, ne ment pas. »

 

Avant d’en entreprendre la lecture, j’ai revisité en survol « Amqui » en me concentrant sur les derniers chapitres et l’épilogue pour rafraîchir ma mémoire sur le scénario et les personnages qu’avait imaginés Éric Forbes dans un roman que j’avais bien aimé en 2017. Si vous n’avez pas lu son premier opus, n’ayez crainte, car l’auteur rappelle à quelques reprises, dans la bouche du narrateur ou de ses deux principaux personnages, le contexte de cette fuite sur le vieux continent du libraire assassin Étienne Chénier et de celui qui le poursuit, l’ex-détective devenu manchot, Denis Leblanc.

 

Dès le premier chapitre, on retrouve donc Chénier (qui ne se sépare jamais de la photo de sa mère) devenu propriétaire d’une librairie, « Une touche de noir », (…) « une librairie de polars usagés qui survivait de peine et de misère, les librairies spécialisées ayant de moins en moins la cote auprès des consommateurs », ayant pignon sur la rue Cardinal Lemoine, dans le 5e arrondissement :

 

« …la tête plongée dans un bouquin, confortablement installé dans son fauteuil, face à sa table de travail, sa jambe droite nonchalamment posée sur son genou gauche. Insouciant. »

 

Pratiquant, comme son auteur, un métier dont le travail minutieux consiste à classer des tablettes entières « par ordre alphabétique, une des tâches les plus pénibles pour un libraire. »

 

Éric Forbes s’est surpassé en intégrant dans ce récit rocambolesque une brochette de personnages hauts en couleur dont j’ai suivi les déplacements des plus réalistes dans la Ville lumière avec Google Street à portée de la main.

 

Parmi ceux-ci, le désopilant et exaspérant Axel/Alexandre/Édouard, 11 ans, pour qui « l’avenir appartient à ceux qui savent prendre des initiatives », « phrase que sa mère prononce souvent », grand admirateur de « Bill Ballantine, son idole, l’acolyte de Bob Morane, ce géant roux sans peur et sans reproche » amateur de whisky. Cette admiration donne un sens à une portion du titre du récit.

 

Comme sa mère et tous les autres acteurs français qu’il côtoie, le jeune garçon peine à déchiffrer le dialecte des Québécois. Une poursuite en voiture dans les rues de Paris, comme dans le film «Taxi », l’excite au plus haut point. De plus, il sait s’imposer, ayant acquis « une certaine expertise en matière de filature, grâce à ses lecturesLe Club des cinq, Bob Morane, Sherlock Holmes et plein d’autres ». Il a « la tête pleine de projets. Dont écrire une tonne de bouquins, voyager au centre de la Terre, faire le tour du monde en quatre-vingts jours, visiter l’île au trésor et, si possible, rencontrer le grand Bill Ballantine. » Il sait « qu’on ne se de débarrasse par d’un type aussi rapidement qu’on se vide la vessie. À moins de s’appeler Bill Ballantine, évidemment. Ou d’être pourvu d’une gigantesque vessie. Comme Bill Ballantine. Qui ne va jamais au petit coin. »

 

J’ai beaucoup aimé la technique d’écriture d’Éric Forbes qui a confié à son narrateur omniscient la présentation de deux points de vue d’une même scène comme, par exemple, la rencontre du duo Chénier/Leblanc avec le jeune Axel/Alexandre/Édouard.

 

L’auteur étant libraire de métier, il était normal qu’il glisse tout au long de « cette course-poursuite sauvage » dans les rues parisiennes plusieurs références littéraires :

 

·        des auteurs de polars et de romans noirs : Pierre Siniac et son humour très noir, Frédéric H. Fajardie, Jean-Patrick Manchette, Simenon, Lawrence Block, le Britannique Robin Cook, Dashiell Hammett (« La clé de verre »), Davis Goodis (« Sans espoir de retour »), San Antonio, François Barcelo (nom qu’emprunte Étienne Chénier pour décliner son identité face à un flic parisien qui lui demande : « Barcelo, c’est un nom espagnol ? » Et lui de répondre, « Oui, espagnol. Du sud. » ;

 

·        les mythiques collections Série Noire (dont certaines jaquettes valent une fortune), Le Masque, Fleuve Noir, Rivages/Noir ;

 

·        et autres auteurs (Hugo, Dumas, Stendhal, Balzac, Zola. Modiano, Despentes, Duras, Tournier… sans oublier René Goscinny / Albert Uderzo et leur Astérix en Hispanie.

 

Il y a de quoi rigoler avec ces traits de caractère des Parisiens dépeints par certains personnages pendant que des pseudomeurtriers incompétents se font buter en rafale :

 

La nonchalance des touristes   qui « exaspère les Parisiens, des citoyens toujours pressés ».

 

« … il manque de se faire renverser par une voiture, les conducteurs parisiens ayant cette certitude, bien ancrée dans leur minuscule cerveau, de la ville leur appartient. »

 

« Les flics de petite taille sont les pires, lui a toujours dit sa mère. »

 

« … les gens qui portent toujours des survêtements sont des grosses feignasses. Surtout les vieux. »

 

« Tu lis trop de livres, mon pote ! » « Ben au moins, moi, j’en lis. Ça fait que j’suis pas limité à une dizaine de mots, quand je m’exprime ! En incluant putain, merde, connard pis du coup ! » […] « Ah ! J’avais oublié que dalle ! Pis à chier ! »

 

Il « …se dissimule derrière un homme obèse, soufflant comme un phoque, qui cherche désespérément des yeux un siège où s’effondrer. Les gens ont beaucoup de sympathie pour les personnes âgées ou les femmes enceintes, a-t-il déjà constaté. Très peu pour les enfants. Encore moins pour les gros, comme dit sa mère. »

 

« … y a-t-il un peuple sur terre plus paisible et inoffensif que les Canadiens. Bien sûr, elle n’en connaît pas des tonnes. Elle n’en connaît aucun, à vrai dire, sauf ceux qu’on voit occasionnellement à la télé – Garou, Céline Dion, Isabelle Boulay, Lara Fabian –, et, de ce qu’elle sait, ils apparaissent rarement sur les premières pages des journaux pour les mauvaises raisons, contrairement à ces tarés d’Américains. »

 

Et que dire de ces belles images…  

 

« … le barbu aux allures de terroriste islamique se penche vers lui et chuchote à son oreille une longe suite de mots à peine compréhensibles – son accent est vraiment à chier –, dont le thème principal semble être la religion catholique. Les mots tabernacle, ciboire, sacrement et hostie reviennent à intervalles réguliers, des mots qu’il a récemment appris en cours de religion. De toute évidence, ce type n’a plus toute sa tête. Ou alors la peur le rend débile. »

 

« … se faisant l‘effet d’être un personnage des livres de Simenon, l’état dépressif en moins. »

 

Il « le dévisage et sourit. Ce genre de sourire méchant qu’il doit pratiquer devant un miroir. Probablement en se parlant, tel Robert De Niro, dans Taxi Driver. »

 

… et de ces mises en situation :

 

« Dans les films policiers, les vieillards se font rarement pourchasser. Ou alors la traque ne dure jamais bien longtemps, la proie finissant presque inévitablement avec une balle dans le crâne. »

 

« Je vous présente Johnny Renaud. Deux chanteurs pour le prix d’un. C’est-tu pas merveilleux, ça ? »

 

 « La chose que je trouve le plus dure depuis que j’ai perdu un bras, c’est quand j’essaie de me tourner du mauvais côté dans le lit. Je perds l’équilibre, pis je me retrouve comme un épais la face dans l’oreiller, en train de m’étouffer. »

 

Vous y apprendrez que le refrain de Stayin’ Alive des Bee Gees « Ah, ha, ha, ha, stayin’alive, stayin’alive » peut vous permettre de sauver une vie !

 

Ces quelques extraits illustrent bien la qualité d’écriture et le style parfois mordant d’Éric Forbes. Le scénario de ce thriller est tricoté serré. L’action en continu et les personnages truculents en rendent la lecture addictive jusqu’à la finale et son clin d’œil aux polars nordiques à la Stieg Larsson.

 

Je vous recommande sans restriction « Le fugitif, le flic et Bill Ballantine » en empruntant les mots de l’éditeur : « une histoire aussi haletante qu’explosive » qui vous fera passer de bons moments.

 

Libraire et collectionneur de polars, Éric Forbes a grandi dans la petite ville d’Amqui avant d’entreprendre plus tard ses études au Cégep de Rimouski puis, en littérature à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM. Il a aussi collaboré à la revue littéraire Les Libraires. Il vit aujourd’hui à Montréal. Amqui (2017) a reçu le prix Jacques-Mayer du premier polar.

 

 

Merci aux éditions Héliotrope pour le service de presse.

 

Au Québec, vous pouvez commander votre exemplaire sur le site leslibraires.ca et le récupérer auprès de votre librairie indépendante.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : *****

Intrigue : *****

Psychologie des personnages : *****

Intérêt/Émotion ressentie : *****

Appréciation générale : ***** 

Au nord de la frontière (R.J. Ellory)


R.J. Ellory. – Au nord de la frontière. – Paris : Sonatine., 2024 – 999 pages.

 

Polar/Thriller

 


 

 

Résumé :

 

 

Victor Landis est shérif dans une petite ville de Géorgie. C’est un homme solitaire, qui a voué son existence au travail. Pour toute famille, il ne lui reste que son frère, Frank, avec qui il a partagé une enfance misérable avant qu’une brouille ne les sépare. Lorsque Frank est retrouvé mort dans des circonstances étranges, Victor décide de se rendre dans le comté de Dade, près de la frontière avec le Tennessee, afin d’en savoir plus. Là, il découvre que son frère avait une ex-femme, et une fille, dont il ignorait l’existence. Pour sa nièce, Victor doit tenter d’en savoir plus sur la mort de Frank. Le voilà immergé au cœur des communautés isolées des Appalaches, où la drogue, les trafics en tout genre et la corruption sont omniprésents. Bientôt, sa piste le conduit à une série de meurtres inexpliqués de jeunes adolescentes…

 

 

Commentaires :

 

Comme le mentionne l’éditeur, Au nord de la frontière est un « thriller magistral [qui] cumule une intrigue au suspense implacable et une histoire familiale d'une émotion rare [ayant] pour cadre les Appalaches, région la plus pauvre des États-Unis, personnage à part entière du récit. » Meurtres, corruption, trafic de drogue, enlèvements, violence… sont au rendez-vous dans une atmosphère sombre et oppressante. Mettant en scène Victor Landis, shérif taciturne de Blairsville, presque asocial, tourmenté à cause du ressentiment qu'il éprouve envers son frère Franck, shérif à Trenton, dont on découvrira sur la tard la raison de ce conflit.



 

Dès les premiers chapitres, l’auteur décrit ainsi, en deux paragraphes, leur contexte familial :

 

« Frank et Victor Landis descendaient d'une lignée de personnes dures et laconiques. Leurs ancêtres se méfiaient des mots qui excédaient trois syllabes, des banques, des assureurs, des machines automatiques, des végétariens, des choses faites rapidement quand elles demandaient de la patience et du temps. Leurs grands-parents et arrière-grands-parents avant eux venaient du Midwest, où les granges monolithiques - maladroitement inclinées entre un paysage desséché et un ciel vide - étaient souvent le seul signe que l'homme avait foulé la terre. Leur père, Walter Landis, avait été un homme aux espoirs illusoires, constamment certain que l'avenir effacerait le passé. Il avait les épaules étroites et la charpente anguleuse, n'avait jamais dansé et ne le ferait jamais. Il portait une montre achetée dans une boutique de prêteur sur gages, la trotteuse mal fixée bougeant librement derrière le cristal rayé. Pas besoin des secondes, disait-il. Même pas des minutes. Les heures peuvent servir, parfois les jours pour les anniversaires et tout, mais ici c'est les saisons qui comptent. Il était rompu au travail et trimait à toute heure. Et le reste du temps, il se tenait silencieux et emprunté comme s'il attendait des instructions. Ou bien il demeurait sur le porche, les yeux tournés vers le ciel comme s'il estimait la distance entre la Terre et quelque autre monde où il trouverait plus aisément sa place. »

 

Au nord de la frontière nous entraîne dans le quotidien des forces de l’ordre de la Géorgie et du Tennessee à l’automne 1992. Ce qui donne lieu à mettre en lumière les relations, les territoires et les champs de compétence entre shérifs, département de police, Unité de collaboration judiciaire et FBI. Le tout reposant sur un travail de recherche poussée que R.J. Ellory a dû effectuer sur les rouages administratifs des comtés, sans oublier le repérage des différents lieux où se déroule l’action.

 

L’enquête de Victor Landis progresse lentement au rythme du cheminement et de l’évolution psychologique de ce dernier prenant progressivement conscience de sa part de responsabilité dans la dispute qui l’a opposé son frère pour finalement reconnaître son erreur.Les hypothèses qu’il formule de façon ponctuelle, refaisant périodiquement le fil des événements en cours de progression de son enquête, alimentent un suspense efficace en crescendo jusqu’à la dernière portion du roman où les choses s’accélèrent pour nous faire assister à un dénouement violent et sanglant.

 

Tout au long du scénario où évoluent un très grand nombre de personnages complexes sympathiques ou détestables, R.J. Ellory fait à l’occasion baisser la tension en insérant des scènes plus légères comme la description d’une fête foraine à Trenton :

 

« Le croissant de tentes avait dissimulé la foule qui s'était réunie. Il était un peu plus de 10 heures, mais des centaines de personnes étaient déjà présentes. Des stands de nourriture débordant de pickles, de viandes séchées et de bocaux; une franchise de hot dogs avait attiré une file de dix bons mètres de long; il y avait des ateliers de peinture sur visage, une troupe de jongleurs, un type sur des échasses vêtu comme Abraham Lincoln, une jeune femme portant une panoplie de clown et tenant tellement de ballons de baudruche qu'elle semblait devoir faire un gros effort de concentration pour ne pas décoller du sol. […] Loin sur la droite se trouvait un chapiteau, au-dessus de l'entrée duquel une banderole annonçait ‘’ SAUVAGES ET SENSATIONNELS ‘’. »

 

Et cette réflexion sur le destin parfois dramatique des gens ordinaires :

 

« Landis regardait les gens sur le trottoir. Un millier d'histoires différentes qui défilaient, et ces histoires changeaient chaque fois qu'elles étaient racontées. La vie était tout sauf une ligne droite. Parfois les choses s'emmêlaient tellement qu'il était impossible de les démêler. Les mauvais souvenirs avaient le don d'évoluer au fil du temps, comme si l'esprit s'arrangeait pour les rendre plus acceptables. Personne ne se remettait jamais vraiment du passé; on trouvait juste un moyen de s'en sortir avec aussi peu de dommages que possible. Et rien n'était jamais oublié non plus. On choisissait juste de ne pas se souvenir. »

 

Ainsi que celle-ci sur le dilemme auquel peut être confronté un policier :

 

« Nous prêtons serment. Nous nous engageons à faire respecter la Constitution et les lois de l'État. Nous défendons les citoyens contre tous les ennemis, à l'étranger comme sur le territoire. C'est ce que nous promettons de faire. Qu'est-ce qui se passe quand les ennemis sont à l'intérieur? Qu'est-ce qui se passe? Si nous violons une loi pour en faire respecter ou appliquer une autre? De quel côté sommes-nous? Ou, plutôt, comment cela sera-t-il perçu? »

 

Ajoutons que la complicité qu’entretient Victor Landis avec Barbara, sa « standardiste », ponctue le scénario d’un humour incisif qui contribue à rendre le shérif sympathique.

 

L’auteur excelle également dans les descriptions de lieux et de personnages. À titre d’exemples, j’ai retenu les trois extraits suivants :

 

« La voûte des arbres ressemblait à un tunnel, et il parcourut bien quatre cents mètres avant d'atteindre une large maison basse à l'avant de laquelle courait une véranda dont la rampe et les marches étaient pourries par endroits. La peinture était craquelée; des morceaux de blanc s'étaient arrachés de la façade. La pelouse devant la maison n'était constituée que de pans d'herbe desséchée, avec ici et là des petits arbustes, deux troncs d'arbres, plus un chemin de terre irrégulier qui reliait la maison à une grange sur la droite. »

 

« Cette nuit-là, un froid brutal s’abattit. Les vêtements sur le fil à linge étaient aussi raides que de la viande séchée. »

 

« Les signes révélateurs [de Victor Landis] se trouvaient dans ses yeux, son langage corporel, ses manières, sa façon de parler. Tout comme le père de Landis, c'était un homme qui avait atteint un point dans sa vie où il savait qu'il ne serait jamais ni plus ni moins que ce qu'il était déjà. Et vivre avec une profonde déception en soi n'était pas une vie. »

 

Il n’hésite pas à aborder et à justifier des scènes horrifiantes de torture et son impact sur le supplicié :

 

« […] était maintenant effrayé; c'était évident. Il avait fallu qu'un shérif et un inspecteur de police fassent silencieusement et méthodiquement preuve d'un degré considérable de violence pour qu'il comprenne qu'il n'y avait que deux issues possibles. Soit il leur disait ce qu'ils voulaient savoir, soit il mourait. Son instinct de survie s'était réveillé, et avec force. »

 

Ou sur la description dans les moindres détails de l’exécution par électrocution d’un condamné : « Je vais vous expliquer exactement comment ça se passe. » Cœurs sensibles soyez avertis.

 

Quoiqu’il en soit, Au nord de la frontière nous fait découvrir certaines réalités locales. Comme lorsque Victor Landis apporte « une bouteille de rye et un paquet de viande fumée » ou « cuissot de cerf enveloppé dans du papier paraffiné » pour faciliter son contact avec un interlocuteur.

 

Et qu’un shérif a « légalement le droit de traverser n’importe quel comté à la poursuite d’un criminel. »

 

Et cette aventure culinaire appalachienne : la fricassée de « boomer » :

 

« Un croisement entre un tamia et un écureuil gris. Faites-le frire avec des patates. » « Et aussi des oignons, peut-être des poivrons. » « Même si [la faim de Victor Landis] fut assouvie, il ne pensait pas en manger une seconde fois. Passe encore que la viande soit coriace, mais elle avait une texture qu’il n’appréciait pas trop. »

 

« Parfois il faut faire ce qu’on sait juste, sans se soucier des conséquences. » Cette phrase pourrait résumer à elle seule le thème de cet autre excellent roman de R.J. Ellory qualifié par Michael Connelly de « magnifique et envoûtant. Un tour de force ».

 

Ce 15e roman publié aux éditions Sonatine est un tourne-page étalé sur 93 courts chapitres dont il vous sera difficile de décrocher grâce au style percutant de l’auteur. Bien que la traduction française des dialogues ne témoigne pas de la langue parlée dans cette région du sud-est des États-Unis.

 

Roger Jon Ellory est originaire de Birmingham, en Angleterre. Orphelin très jeune, il est élevé par sa grand-mère qui meurt alors qu’il est adolescent. Il est envoyé en pensionnat et c’est à cette période qu’il se découvre une véritable passion : la lecture. En dehors des périodes scolaires, il est livré à lui-même et se livre à de petits délits dont le braconnage, ce qui lui vaudra un séjour en prison. Cherchant une façon de s’exprimer artistiquement, R.J. Ellory monte d’abord un groupe de blues avant de se lancer dans la photographie.

 

Son goût pour la lecture l'amène également à s’intéresser à l’alphabétisation et à faire du bénévolat dans ce domaine. Parallèlement et alors qu’il n’a que 22 ans, il commence à écrire. La vingtaine de romans qu’il écrit entre 1987 et 1993 ne trouvent, malgré ses tentatives acharnées, aucun éditeur des deux côtés de l’Atlantique. Il devra attendre 2003 pour que Papillon de nuit soit publié par Orion.

 

Le succès est quasiment immédiat. Il obtient le prix Nouvel Obs/BibliObs du roman noir 2009 pour Seul le silence, son premier roman publié en France qui devient rapidement un best-seller. À travers toute son œuvre, Roger Jon Ellory met en scène dans de sombres fresques une Amérique meurtrière et rongée par la culpabilité, loin de l'Angleterre qui l'a vu naître.

 

Merci aux éditions Sonatine pour le service de presse.

 

Au Québec, vous pouvez commander votre exemplaire sur le site leslibraires.ca et le récupérer auprès de votre librairie indépendante.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : ****

Intrigue : *****

Psychologie des personnages : *****

Intérêt/Émotion ressentie : *****

Appréciation générale : *****