mardi 19 février 2019

Les fils de la poussière (Arnaldur Indridason)

Arnaldur Indridason. – Les fils de la poussière. – Paris : Métaillé, 2018. 304 pages.

 

Polar

 
 
 
 

Résumé : Daniel, quadragénaire interné dans un hôpital psychiatrique de Reykjavík, se jette par la fenêtre sous les yeux de son frère Palmi. Au même moment, un vieil enseignant, qui a eu Daniel comme élève dans les années 60, meurt dans l’incendie de sa maison.

L’enquête est menée parallèlement par le frère de Daniel, libraire d’occasion, un tendre rongé par la culpabilité, et par une équipe de policiers parmi lesquels apparaît un certain Erlendur, aux côtés du premier de la classe Sigurdur Oli et d’Elinborg. Peu à peu, ils découvrent une triste histoire d’essais pharmaceutiques et génétiques menés sur une classe de cancres des bas quartiers, des gamins avec qui on peut tout se permettre.

Commentaires : Quel plaisir de retrouver « le génial Erlendur, bien sûr, tourmenté, maussade, sombre comme un ciel islandais » dans ce roman paru en 1997 qui « ouvre magistralement la voie au polar islandais » !

La mode est aux publications ou aux rééditions de premiers romans d’auteurs ayant acquis la célébrité par l’abondance et la qualité de leur œuvre littéraire. Dans le cas présent, elle permet de remonter à l’origine des 12 enquêtes du désormais célèbre Erlendur Sveinsson.

Flirtant avec la science-fiction, Indridason nous entraîne dans une enquête rythmée mettant en scène une brochette de personnages bien campés. Déjà, les origines modestes et le  caractère bouillant de son enquêteur méticuleux sont mis en évidence. On y apprend qu’Erlendur a deux enfants, Eva Lind qui sombre dans la drogue et Sindri Snaer qu'il voit rarement. Aucune mention, par contre, du drame qui hantera le personnage depuis son enfance : pris dans une tempête de neige avec son petit frère, dont il a lâché la main alors qu’il a lui-même été retrouvé, mais son petit frère, jamais.

Malgré la faible crédibilité de certaines situations dans le déroulement et le dénouement de l’enquête qu’on peut pardonner à l’auteur d’un premier opus, Les fils de la poussière est une fiction passionnante annonciatrice d’une série qui séduira un lectorat féru de littérature policière. L’engagement social de l’auteur s’y traduit par la mise en lumière de certains points d’éthique scientifique en projetant dans le futur les risques qui guettent l’humanité qui pourrait être tentée de rêver d’éternité. Avec, au passage, une lecture critique de certains travers de la société islandaise. Une constante dans l’œuvre de ce diplômé en histoire, journaliste et critique de cinéma originaire de Reykjavik dont les écrits traduits dans une quarantaine de langues ont été couronnés par de nombreux prix prodigieux.

Récit qui nous tient en haleine de chapitre en chapitre jusqu’à une finale plutôt surprenante, Les fils de la poussière, est une lecture incontournable en attendant l’émergence d’un nouvel enquêteur, un jumeau littéraire d’Erlendur, qui, selon son éditeur français, inscrit Indridason « dans la lignée de Simenon, avec la construction d’un environnement social et affectif soigné et captivant. »

Ce que j’ai aimé : L’originalité du récit. La qualité littéraire. Quelques rebondissements inattendus. 

Ce que j’ai moins aimé : -

Cote :

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