vendredi 29 septembre 2017

Cinéma Royal (Patrice Lessard)

Patrice Lessard. – Cinéma Royal. – Montréal : Héliotrope, 2017. 164 pages.


Thriller






Résumé : L'ancien Cinéma Royal de Louiseville abrite aujourd'hui un centre commercial décati, et le chic Hôtel Windsor a été réduit à une misérable taverne. Jeff habite au-dessus de l'un et travaille à servir les ivrognes dans l'autre. Prisonnier d'un quotidien sans relief, il attend un miracle... qui fait son entrée au Windsor par un beau soir d'hiver : une belle Espagnole prénommée Luz, femme de l'avocat de la pègre locale et amatrice de grands vins, s'installe au bar. Comme dans les films, Jeff en tombe instantanément amoureux. Comme dans les films, elle succombe à ses avances. D'aucuns diraient que tout cela est trop beau pour être vrai...

Avec ses clins d'œil à des icônes du grand écran, Cinéma Royal se lit comme on parcourt un palais des glaces, où les visages familiers se démultiplient ou s'évanouissent sitôt qu'on croit les saisir du regard. On imagine Hitchcock en coulisse, tirant les ficelles de cette intrigue fort habile dans laquelle on peine à distinguer le rêve de la réalité.

Commentaires : Patrice Lessard est un auteur (Le sermon aux poissons - 2011, Nina - 2012, L’enterrement de la sardine - 2014 et Excellence poulet - 2015) que je viens agréablement de découvrir. Cette histoire d’un barman à la taverne Windsor de Louiseville est hallucinante et délirante, parfois même à la fois triste et drôle. Sans compter que les résidents de cette petite ville de la Mauricie qui a perdu son lustre à la suite de la construction de l’autoroute 40 en prennent pour leur rhume !

Ce petit roman qui se lit en quelques heures à peine se caractérise par le style particulier de l’auteur, avec ses dialogues dans une langue bien québécoise habilement intégrés à la narration et la profusion de détails qui émaillent le récit. Une histoire truffée de quiproquos qui amène indubitablement le lecteur à se demander si cette mystérieuse Espagnole devenue le sujet de l’heure n’est qu’illusion pour cet homme qui souhaite de se sortir d’une réalité médiocre, changer de vie. Une réponse qui, comme dans tous les films du genre qui ont été la source d’inspiration de ce talentueux auteur, n’est apportée qu’à l’avant-dernier paragraphe.

Ce que j’ai aimé : L’audace de l’auteur dans la description du milieu de vie de son personnage principal. La liste des grands vins peut-être à découvrir.

Ce que j’ai moins aimé : La longue incartade dans le scénario du film Body Double de Bryan De Palme qui ralentit quelque peu le rythme.


Cote : ¶¶¶¶

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire