Une femme de calibre / Les cendres fument encore (Julie Marcil)

Julie Marcil. – Une femme de calibre. – Montréal : Robert Laffont Québec, 2023. – 271 pages / Les cendres fument encore. – Montréal : Robert Laffont Québec, 2024. – 247 pages.

 

Polars

 

 

Résumé :

 

Une femme de calibre :

 

Comment vivre sa vie de femme, d'amoureuse et de mère, tout en exerçant un métier tabou?

 

C'est ainsi qu'Anna Avril, tueuse à gages, voit son gagne-pain : un métier comme un autre. Au fil des événements, elle croisera la route de Laura Madrigal, journaliste aussi tenace que maladroite, prête à tout pour déterrer les secrets enfouis.

 

Qu'adviendra-t-il de ces protagonistes condamnées à s'entraider et à se pourchasser à la fois ? Quelles seront les conséquences de cette aventure sur le bel Emmanuel, peintre amoureux d'une femme dont il ignore tout? Anna pourra-t-elle éviter les pièges et protéger sa fille, Camille?

 

* * * * *

 

Les cendres fument encore :

 

Gaspard Descôteaux a mystérieusement disparu, déclenchant une enquête qui laisse tous les villageois en émoi. Qu’est-il survenu dans ce manoir que l’on dit hanté? L’homme est-il toujours en vie? Quels secrets seront mis à jour durant cette étrange affaire?

 

Mandatée pour éliminer l’homme d’affaires, Anna Avril tente de le retrouver avant les policiers. Une course contre la montre s’amorce pour la tueuse à gages, qui doit remplir son contrat sous peine de représailles pour elle et sa fille!

 

 

Commentaires :

 

 

Je me suis rapidement projeté dans l’univers de cette nouvelle série originale de polars au féminin que j’ai lus en rafale ayant comme thématiques dans le premier tome (« Une femme de calibre »), l’appropriation du corps des femmes et, dans le second (« Les cendres fument encore »), une intrigue dans le monde de l’archéologie et des arts.

Julie Marcil a extrait du cosmos de ses rêves et de son imaginaire ses deux protagonistes (et quelques autres personnages secondaires) qui y somnolaient, sans bruit, dans un empyrée inconfortable, en attente de la contingence qui allait leur donner un jour la vie et lui raconter ce qu’ils avaient à lui dire :

Anna Avril : « étudiante en archéologie. Mère. […] tueuse à gages dans ses ‘’ temps libres’’ [qui a décidé après avoir mis le pied dans l’engrenage] « que ce qu’elle fait est un métier comme un autre, que quelqu’un doit le faire de toute façon » : exterminer la vermine. Une femme « … en apparence très ordinaire et plutôt discrète […]  marquée par son enfance, par un deuil. […] Sous des dehors banals, elle est complexe. »

 

« Moins j’en sais [dit-elle] sur les contrats que j’exécute, mieux c’est. Un surplus d’informations pourrait nuire à ma tâche. Parce que c’est ce que c’est. Des contrats. Il faut bien gagner sa vie. Je n’ai rien contre ces gens-là, mais ils se feraient tuer de toute façon. Aussi bien que ce soit par moi. Ça paie bien et ça me laisse du temps pour autre chose. »

 

Laura Madrigal : journaliste détective impromptue, « fouineuse professionnelle non armée, sans attrait particulier pour le sport de combat », sujette à perdre occasionnellement la mémoire, victime de moments d’égarement, faisant souvent preuve de maladresse.

 

Deux femmes attachantes qui partagent un passé de délinquance, s’étant croisées pour des raisons différentes dans un centre pour jeunes délinquants qui gagnent rapidement la sympathie du lecteur. Deux « collaboratrices » crédibles qui se renvoient l’ascenseur et dont la personnalité transpire d’intelligence, de ténacité et de courage.

 

Pour raconter les intrigues imprévisibles qui se déroulent dans un passé et un présent intemporel et qui ne se dévoilent qu’à la fin de ses deux romans composés de 83 et de 93 courts chapitres, l’auteure a choisi une structure narrative dynamique offrant deux perspectives : une combinaison entre une narratrice à la première personne et un narrateur omniscient à la troisième personne.

 

Alors que dans « Une femme de calibre », Anne Avril nous livre sa description des événements et partage ses états d’âme, les rôles sont inversés dans « Les cendres fument encore » permettant à Laura Madrigal de s’exprimer. Une formule qui permet de présenter, à quelques reprises, une scène selon le point de vue du personnage et celui du narrateur.

 

Bien qu’ils portent sur des thématiques différentes, ces deux polars dans lesquels le hasard joue bien son rôle comme l’affirme Anna Avril (« La vie est pleine de hasard ») s’inscrivent dans une continuité assurée par l’auteur par quelques rappels.

 

J’ai noté, au passage, quelques extraits qui illustrent bien la qualité d’écriture de l’auteure ou qui suggèrent certaines avenues de réflexion :

 

« Des flammes jaillissent dans un coin de la sacristie. Bientôt, elles s'élèvent le long des murs et se répandent jusqu'au chœur, léchant et goûtant l'autel, le tabernacle, le confessionnal, avant d'atteindre la nef. Plus rien ne semble pouvoir arrêter leur appétit vorace. »

 

« Quand [Anna Avril] plonge en mer, elle a l'impression d'explorer les profondeurs de l'univers. Elle doit se tenir aux aguets dans cet environnement aquatique où elle n'est qu'une intruse. Une imprudence, une malchance, un imprévu, pourrait la faire basculer du monde des vivants à celui des évaporés. Malgré tout, elle s'y sent à sa place. De retour dans un cocon dont, parfois, elle ne voudrait plus sortir. »

 

« Le passé nous échappe toujours un peu. Il est plein de trous, de points de vue et d'interprétations différentes et il est parfois difficile de tout comprendre. D'où le fantasme de plusieurs auteurs et scientifiques d'une machine à voyager dans le temps pour témoigner avec nos propres yeux et nos propres oreilles. »

 

Doit-on détruire pour protéger « des lieux patrimoniaux à l’abandon, laissés à la merci du temps, de la dégradation [pour] peut-être […] nous réveiller, […] provoquer une réaction ? »

 

« Qu’est-ce que ça change si tout ce qu’y avait avant nous meurt, si on se souvient plus de rien ? Plus rien avant, plus rien après. Moment présent… »

 

Et ces deux exemples sur l’utilisation des technologies numériques à mauvais et à bon escient. Par exemple, la reproduction 3D très précise d’artéfacts archéologiques : 

 

« Ces objets virtuels reproduisaient avec précision chaque défaut de l’œuvre. La moindre égratignure s’y trouvait  [permettant de] faire circuler des œuvres d'art dont on pouvait certifier l'authenticité et, ainsi, arriver à les différencier avec certitude des pâles copies qu'elles pouvaient générer. Des collectionneurs étaient prêts à payer une fortune pour posséder le fichier original d'une œuvre d'art numérique. »

 

Ou l’hébergement d’une centrale de blockchain dans le sous-sol d’une église en utilisant : « la chaleur dégagée par les serveurs pour chauffer le bâtiment ».

 

J’aime aussi, dans mes lectures, enrichir mes connaissances après quelques recherches sur le web à propos…

 

des « trophoux de Ducharme », œuvres signées Roch Plante, pseudonyme utilisé par Réjean Ducharme dans le cadre de sa série « Trophoux », œuvres d’art faites de l’assemblage d’objets trouvés ;

 

du métier de « campanologue », qui a trait à l’usage des cloches ou aux pratiques de sonnerie, à leur équipement et au mode d’installation, à leur entretien, à leur histoire, aux techniques de fabrication, aux aspects ethnographiques et symboliques ;

 

de la « syllogomanie, cette maladie qui empêche de se défaire de ce qui nous entoure et plonge les individus dans une telle accumulation que leur quotidien en est encombré » ;

 

de la « Reine de la nuit », personnage féminin de La Flûte enchantée de Mozart dont le rôle est écrit pour une voix de soprano colorature ;

 

de la « culture Meadowood », culture autochtone des Grands-Lacs-Saint-Laurentiens ayant existé entre 800 et 300 ans avant notre ère ;

 

de l’affaire « Norval Morriseau », arrestation par la police de l’Ontario de plusieurs faussaires et saisie de milliers d’œuvres frauduleuses attribuées à l’artiste autochtone mondialement reconnu Norval Morrisseau, surnommé le « Picasso du Nord ».

 

Une mention spéciale à Luc Gervais pour la conception des couvertures de première de ces romans qui, on en a l’assurance, auront une suite comme l’annonce l’auteure dans ses remerciements :

 

« Je retourne écouter ce qu’Anna et Laura ont à me dire… Je reviens bientôt vous le raconter, promis. »

 

D’ici là, les deux premiers polars de Julie Marcil vous attendent sur les rayons de votre librairie indépendante préférée ou de votre bibliothèque municipale.

 

Depuis qu’elle est toute jeune, Julie Marcil s'intéresse aux différentes formes de création pour exprimer ses émotions et déployer son imaginaire fertile. Elle a remporté deux prix littéraires à l’adolescence, puis a bifurqué vers la musique, avec des passages remarqués à Cégeps en spectacle et au Festival en chanson de Petite-Vallée, comme interprète et parolière. Elle a ensuite exploré l'univers fascinant de la fiction interactive et multimédia, obtenant une maîtrise dans ce domaine. Elle revient maintenant à son premier amour : la littérature. Julie Marcil a publié une nouvelle noire dans Alibis en 2016 :

 


 

Merci aux éditions Robert Laffont Québec pour le service de presse.

 

Au Québec, vous pouvez commander vos exemplaires sur le site leslibraires.ca et les récupérer auprès de votre librairie indépendante.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : *****

Intrigue : *****

Psychologie des personnages : *****

Intérêt/Émotion ressentie : *****

Appréciation générale : *****


Maria – Les enquêtes de Joseph Laflamme 03 (Hervé Gagnon)


Hervé Gagnon. – Maria. Les enquêtes de Joseph Laflamme. 03 – Montréal : Hugo Québec, 2024. – 428 pages.



Thriller

 

 


Résumé :

 

Montréal, janvier 1836. Un livre bouleverse la ville: il relate de sordides histoires de fornication entre les Hospitalières de l'Hôtel-Dieu et les Sulpiciens, évoquant profanation, assassinats et débauche. La bonne société est en émoi, et l'évêque doit défendre la réputation de son diocèse.

 

Montréal, septembre 1892. Un charnier d'enfants est découvert, rue Le Royer. Puis, le corps mutilé d'un banquier est retrouvé à Griffintown et deux fillettes portant de terribles traces d'abus sexuels sont repêchées dans le fleuve, près de la rue de la Commune.

 

Les trois affaires ne semblent pas liées, jusqu'à ce qu'un vieux prêtre remette à Joseph Laflamme un exemplaire du livre de 1836, en lui laissant entendre que l'histoire se répète. Pour réussir à dénouer l'intrigue, Laflamme, l'inspecteur Arcand et le reste du groupe devront pénétrer dans un univers de corruption aux ramifications insoupçonnées et déterrer un scandale enfoui depuis un demi-siècle.

 

 

Commentaires :

 

J’avais hâte de retrouver la petite équipe entourant le journaliste Joseph Laflamme « plus ou moins alcoolique » du journal Le Canadien : Emma Laflamme, sa sœur modiste, George McCreary « retraité de Scotland Yard équipé d’une jambe de bois », l’Irlandaise Mary O’Gara, ex-prostituée et Marcel Arcand, inspecteur du service de police de la ville de Montréal. Auquel groupe s’est ajouté le jeune constable Alfred Tremblay. Les protagonistes imaginés par Hervé Gagnon qui côtoient des personnages ayant réellement existé, tels que Jean-Jacques Lartigue et Édouard-Charles Fabre, évêques de Montréal, James McShane, maire de la ville et le docteur Jacques Lapaix.

 

Et de me retrouver dans la cuisine des Laflamme, dans leur maison de fond de cour sur la rue De Lorimier « là où tant de mystères avaient été discutés, analysés et disséqués depuis un an » (en référence aux deux premières enquêtes du journaliste sur l’Éventreur et le Ku Klux Klan) et où on boit à profusion du thé et du gin.

 

Tout en me replongeant dans l’ambiance de la ville de Montréal à l’automne 1893 :

 

« Dans la rue Sainte-Catherine, l'activité battait son plein et la grande artère était noire de monde. En cette fin d'après-midi, l'air de septembre commençait déjà à se rafraîchir. Les dames à joli chapeau avaient troqué l'ombrelle contre un châle ou un manteau léger pour courir les boutiques, bras dessus, bras dessous. Les hommes en costume trois-pièces ou en redingote, chapeau mou ou gibus sur la tête, marchaient d'un pas pressé, mallette à la main et cigare aux lèvres. Des ouvriers des deux sexes et de tous les âges sortaient des usines environnantes ou s'y dirigeaient, se mêlant indistinctement aux bourgeois. »

 

L’auteur nous convie cette fois dans une fiction glauque dans laquelle il est question de débauche, de charnier d’enfants, de perversion, de viols, de caprices sexuels de prêtres, d’assassinats, voire de pornographie. Des sujets encore d’actualité ! Au point où un avertissement qui s’affiche parfois avant la présentation d’une série télé aurait pu annoncer, en page liminaire, que « des descriptions et des mises en situation dans ce roman pourraient ne pas convenir à certains lecteurs ». Un sujet qui trouve de nombreuses références encore de nos jours.

 


Au cœur de cette sombre histoire : le livre Awful Disclosures of Maria Monk publié en 1836, un récit autobiographique vendu à 26 000 exemplaires qui a suscité l'indignation dans la communauté protestante anglo-américaine. Un ouvrage qui « ferait passer un manuel de l’Inquisition espagnole pour un conte de fées ». Une « supercherie s’inscrivant dans un vaste mouvement de réaction contre les catholiques provoqué par l’immigration massive d’Irlandais aux États-Unis ».

 

Il va sans dire que le récit imaginé par Hervé Gagnon fait l’objet de quelques articles que Joseph Laflamme rédige à l’aide de sa machine à écrire Remington modèle No 2, articles que les Montréalais liront « avec un plaisir à la fois glouton et coupable ». Le déroulement de l’action permet également à l’auteur de rappeler l’enfance du journaliste à l’orphelinat et les agressions récurrentes que des soutanes criminelles lui avaient fait subir, « cauchemars dont il se réveillait en sueur et le cœur serré ».

L’auteur met en scène encore une fois des francs-maçons, cette fois-ci associés à la loge Royal Albert dont une grande partie des membres sont des hommes d’affaires comme la décrit un de ceux-ci :

« Une grande partie de nos membres sont des hommes d'affaires. Comme les affaires requièrent des comptables et des avocats, nécessairement, ceux-ci les suivent jusqu'ici puis, à leur tour, ils entraînent d'autres hommes d'affaires et des fonctionnaires. Au fil des décennies, la loge a acquis une identité propre, au point où ceux qui demandent leur admission correspondent à un certain profil. Sinon ils vont s'ennuyer et nous quitter. »

 

Comme toujours, Hervé Gagnon excelle dans la description de ses personnages, à preuve :

 

« Il était très âgé et semblait porter sa chair plissée comme un manteau trop grand. On aurait dit que sa peau avait coulé sur sa charpente telle de la cire chaude avant de se refroidir. Il était frêle et son dos extrêmement voûté donnait l’impression qu’il était plus petit qu’il ne l’était réellement. Ses rares cheveux blancs étaient ébouriffés. Son visage parsemé de taches de vieillesse était couvert d’une barbe blanche de trois jours qui lui donnait l’air encore plus vieux. Il portait des lunettes rondes cerclées de fer qui avaient connu de meilleurs jours et se tenaient bancales sur le nez. Le vieil homme braquait […] un regard enfiévré, voilé par un film laiteux. »

 

Et de lieux tels que le square Saint-Louis :

 

« Ils atteignirent la maison, semblable à toutes les splendides demeures qui bordaient le parc sur trois côtés. Collées les unes aux autres, avec leurs façades de trois étages en pierre grise, leurs toitures mansardées et leurs escaliers qui venaient s'aligner uniformément sur le trottoir, elles donnaient l'impression d'une muraille encadrant la cour intérieure d'une forteresse. Tout, dans cet endroit, dégageait une expression de richesse tranquille et assurée. »

 

À quelques reprises, le lecteur est en mesure de suivre les déplacements en voiture à cheval des personnages dans le dédale des rues de Montréal :

 

« Le véhicule […] rebroussa chemin sur Saint-Catherine vers l’est puis tourna à droite sur Bleury. Il croisa Dorchester, La Gauchetière et Craig. Bleury devint Saint-Pierre avant qu’il ne traverse Notre-Dame. Il tourna à droite sur William, à gauche sur King puis à nouveau à droite sur Wellington. »

 

On apprend, entre autres, qu’à Griffintown, quartier du sud-ouest de Montréal, un marché au foin pour l'alimentation des milliers de chevaux à Montréal occupait Haymarket Square. Que la « nouvelle cathédrale Marie-Reine-du-Monde, dont la construction traînait depuis 1875 […] allait finalement être consacrée d’ici un an ou deux ».

 

Il est aussi question du « tout nouveau tramway électrique, appelé le Rocket […] dont tout Montréal parlait avec enthousiasme » :

 

« L’étrange véhicule s’arrêta en grinçant sur ses rails. Le conducteur annonça l’intersection et des passagers excités en descendirent et d’autres y montèrent avec la fébrilité un peu apeurée que cause la nouveauté. Puis il repartit sous le regard ébahi des piétons. »

 

Certains détails de la vie quotidienne des Montréalais sont soulignés au passage :

 

« … il se rendit à la voiture et décrocha une des deux lampes à l’huile que les policiers, comme les cochers, allumaient la nuit afin de signaler leur présence. »

 

« La femme se dirigea vers la porte de la cuisine qui donnait sur le modeste carré clôturé qui tenait lieu de cour. Au milieu trônait un tas d’immondices [aux effluves écoeurants] qui devait bien atteindre quatre pieds de haut. »

 

J’ai découvert une expression qui m’était inconnue : « faiseur d’anges » pour qualifier les médecins qui pratiquaient des avortements illégaux.

 

Le rythme de l’action dans ce thriller historique est entretenu par de nombreuses chutes en fin de chapitre qui incitent à poursuivre la lecture. Le tout assorti de plusieurs scènes angoissantes, comme celles qui se déroulent à la raffinerie de la Canada Sugar Refining Co. Et au « couvent de l’ordre de la Sainte-Face ». Sans compter une finale qui nous réserve des surprises.

 

En terminant, je ne peux garder sous silence le clin d’œil qu’adresse Hervé Gagnon à un de ses collègues montréalais, auteur de plusieurs dizaines de romans jeunesse et pour un public adulte en introduisant un personnage dénommé Laurent Chabin, secrétaire de la loge franc-maçonnienne des Cœurs-Unis. Quand un connaît ce romancier prolifique, la description qu’en fait Hervé Gagnon ne laisse aucun doute :


« ténébreux Français » d’« origine berrichonne » et sa « grosse moustache en fer à cheval […] grognon que pour la forme ». 

« Grand et maigre hormis une petite bedaine, les cheveux poivre et sel portés courts, abondamment moustachus, cynique à souhait et un brin iconoclaste, mange-curé convaincu, il n’était rien d’autre qu’un nounours qui aimait plaire. »

 

Vivement la lecture des trois prochaines enquêtes rééditées chez Hugo Québec (Benjamin, Joseph et Adolphus) auxquelles, selon les confidences de l’auteur et du distributeur s’ajoutera à l’automne un 7e tome dont je connais déjà le titre…

 

 

Merci aux éditions Hugo Québec pour le service de presse.

 

Au Québec, vous pouvez commander votre exemplaire sur le site leslibraires.ca et le récupérer auprès de votre librairie indépendante.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : *****

Intrigue : *****

Psychologie des personnages : *****

Intérêt/Émotion ressentie : *****

Appréciation générale : *****


Charivari à Bucarest (Sylvain Audet-Găinar)


Sylvain Audet-Găinar. – Charivari à Bucarest. – Montréal : Robert Laffont Québec, 2024. – 366 pages.

 


Roman

 

 


Résumé :

 

Pendant les extravagantes funérailles de son ami, Vasile se fait arrêter par la police et subit un AVC. Comme Vasile est dans le coma, son gendre, Arthur, devra bien malgré lui mener une enquête pour innocenter son beau-père. Ce ne sera pas de tout repos. Sa femme est partie à l’étranger en lui laissant leurs trois jeunes marmots sur les bras, auxquels s’ajoutent sans prévenir les quatre enfants de son ami, parti en voyage d’affaires. Il pourra cependant compter sur l’aide d’une nounou, ex-champion du lancer du marteau, et d’un détective privé des plus colorés.

 

Alors qu’Arthur doit faire face à toutes sortes de situations plus invraisemblables les unes que les autres, il découvrira tout un pan caché de l’histoire de la Roumanie des années 1950. Au cœur de l’intrigue, des complots et des accusations de trafic de faux tableaux, de drogues et de faux billets. Vasile est-il innocent? Sa fille Iulia, en l’occurrence la femme d’Arthur, est-elle impliquée? À quoi rime cette mascarade? La question se pose tout au long de ce récit rocambolesque.

 

Véritable antihéros, Arthur devra faire contre mauvaise fortune bon cœur et tout faire pour découvrir la vérité dans ce tissu de mensonges.

 

 

Commentaires :

 

Certains romans ne correspondent pas aux attentes des lecteurs. Ici, non pas pour la qualité de l’écriture débordante d’ingéniosité de cet auteur prolifique ni en raison de son imaginaire débridé. Mais davantage par l’intérêt du récit et, dans mon cas, très certainement par une profonde ignorance de l’histoire politique de la Roumanie, de ses institutions et des caractéristiques socioculturelles sa population.

 

Dans cette fiction rocambolesque dans laquelle les qualificatifs péjoratifs rabâchés – que je vous épargne – attribués à certains personnages auxquels le narrateur est confronté ou qu’il rencontre en cours « d’enquête » constituent une critique acerbe des agissements délictueux de certains hauts placés et de simples citoyens profiteurs du régime en place, comme en témoigne cet extrait, le début d’un exposé fort éloquent :

 

« Comme dans tous les pays d'Europe de l'Est, les communistes roumains ont en effet employé l'art, dès leur arrivée au pouvoir, en guise d'arme idéologique, le soumettant totalement aux besoins de la ligne politique du Parti. Pour ce faire, ils ont très vite créé un appareil exclusif pour imposer à tous les artistes un modèle esthétique unique, d'inspiration soviétique. » […]

 

« Que ce soit en peinture, sculpture, littérature, cinéma, tous les artistes étaient tenus de participer activement à cette sorte de « catéchisme communiste» devant formater les mentalités. Cela a toutefois aussi impliqué une restructuration complète du milieu artistique, de son fonctionnement et de ses institutions. Et surtout, en ce qui concerne votre problématique, une disparition totale du réseau privé de vente d'œuvres d'art. » […]

 

Les artistes vivaient « de l'argent de l'État. Dès 1950, l'intégralité des commandes était  ainsi gérée sur le plan national par l'Union des artistes plasticiens, institution directement contrôlée par l'appareil de propagande du Parti. Fin du marché libre, donc. Pour vivre, les artistes devaient uniquement répondre aux exigences d'un État-Parti et plus du tout à leur désir de création personnelle ou aux attentes d'un public. » […]

 

« À partir du milieu des années 1960, une nouvelle période a néanmoins débuté dans l'art comme dans bien d'autres domaines d'ailleurs, une ère faste et presque légendaire, tant les signaux d'amélioration sociale ont alors pu donner aux Roumains l'impression d'une certaine ‘’ normalisation ‘’. » […]

 

« … la fameuse époque où Ceausescu a pu paraître aux yeux du monde entier comme un heureux libérateur, un enfant de choeur à côté de son prédécesseur, son indépendance à l'égard de l'URSS, sa condamnation de l'invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie en 1968, la visite officielle du général de Gaulle la même année, et celle de Richard Nixon en 1969... Autant de signaux d'ouverture et de liberté qui ont effectivement marqué la mémoire collective. » …

 

Le roman joue également un rôle pédagogique qu’il faut souligner.

 

D’autre part, on m’avait prédit un récit hilarant : peut-être étais-je simplement peu réceptif à ce genre d’humour, et confronté à des scènes moins comiques qu’annoncé.

 

Le rythme du récit est assez soutenu, mis en pause à intervalle régulier par des transcriptions de déclarations, de discours, de rapports, de notes, de télégrammes sous forme de textes dactylographiés au moyen d’une machine à écrire aux marteaux désajustés et aux « é » empâtés.

 



L’action prend un certain élan dans le quatrième quart. Bien que le roman ait été publié au Québec, le vocabulaire riche – il faut le souligner – et les expressions auxquelles recourt l’auteur dans la narration et dans les dialogues m’ont semblé s’adresser davantage à un public français.

 

Mon ressenti de lecture n’est surtout pas une critique littéraire. À vous de vous faire votre propre opinion de cet auteur que vous découvrirez peut être comme moi.

 

Né en 1980, Sylvain Audet-Găinar a fait des études de Lettres à Lyon, à Bucarest et à Strasbourg. Après avoir enseigné le français en Roumanie pendant de nombreuses années, il a traduit plusieurs polars roumains ainsi que l’essai historique Nadia Comăneci dans l’œil de la police secrète écrit par Stejărel Olaru et publié aux éditions Robert Laffont Québec en 2022. Charivari à Bucarest est son cinquième roman.

 

Merci aux éditions Robert Laffont Québec pour le service de presse.

 

Au Québec, vous pouvez commander votre exemplaire sur le site leslibraires.ca et le récupérer auprès de votre librairie indépendante.

 

 

Originalité/Choix du sujet : ****

Qualité littéraire : *****

Intrigue : ***

Psychologie des personnages : ****

Intérêt/Émotion ressentie : **

Appréciation générale : ***


Les corps sur la neige (Stéphane Ledien)


Stéphane Ledien. – Les corps sur la neige. – Montréal : Robert Laffont Québec, 2024. – 427 pages.

 

Thriller

 


 

 

Résumé :

 

Montréal, automne 2012. Alors qu’ont lieu les audiences de la Commission Charbonneau, un journaliste français est assassiné. Riley Lewis, une reporter new-yorkaise qui couvrait elle aussi les travaux de cette commission, échappe de peu à la mort.

 

Au même moment, dans la ville de Québec, Martin Thériaux, ancien chasseur alpin et tireur d’élite de l’armée devenu déneigeur de toits, est ciblé par des membres du crime organisé.

 

C’est le prélude à une suite d’événements violents auxquels vont se joindre des élus corrompus, des officiers du SPVM, un ex-agent du FBI, mais aussi une tueuse mexicaine associée à un retraité de la branche du renseignement des Forces armées canadiennes.

 

Sur les toits de la vieille ville de Québec, dure sera la chute des uns, et plus dure encore la disparition des autres.

 

 

Commentaires :

 

Les corps sur la neige : 100 courts chapitres répartis sur 418 pages, un thriller tourne-page qui garde captif le lecteur de la première à la dernière page, assassinats en rafales – pour respecter le thème hivernal –, cadavre dans le Saint-Laurent, évaporations sans laisser de traces, torture, pieds et mains coupés envoyés à des ministres fédéraux… : « les criminels [qui] s’éliminent entre eux ». Une thématique qui rappelle à notre mémoire une page d’histoire histoire peu reluisante du Québec impliquant les milieux de la construction et politiques, tous niveaux confondus (fédéral, provincial et municipal soi-disant irréprochable) et ceux du crime organisé : mafia, groupes de motards, trafiquants de drogue (marijuana, fentanyl, héroïne et cocaïne), pickpocket, abus, extorsions, violences…

 

Une histoire qui s’étale d’octobre à décembre 2012 alors que se déroulent les audiences de la Commission sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction. L’action se déroule à Montréal, entre autres dans le quartier italien et dans l’arrondissement d’Anjou, et sa couronne : (Longval) – voir plus bas –, au nord de l’île, Sainte-Anne-de-Bellevue à l’ouest et Boucherville sur la rive sud) ; à Québec et à Cap-Rouge à l’ouest de la capitale ; en Chaudière-Appalaches, à Saint-Georges-de-Beauce jusqu’à New York et à Montpelier (Vermont) et au Mexique, entre autres à Playa Azul (État du Michoacán).

 

Ce roman est « l’aboutissement de près de quatre années de travail effectuées dans le cadre d’une thèse de doctorat (Ph. D.) de recherche-création en études littéraires, puis de trois autres années de réécriture ».

Un ouvrage très documenté, en s’appuyant sur un ouvrage de Michel Picard, La Commission Charbonneau – Les aveux d’un système corrompu et sur bon nombre d’articles publiés dans le Journal de Montréal, La Presse et le Devoir. Aussi par différents contacts qui l’ont renseigné sur le métier de déneigeur de toits en pente à Québec, sur le travail de policier au sein de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), sur des aspects techniques du Bureau du coroner… La précision des détails que recèlent ce roman laisse presque croire que l’auteur s’était infiltré dans les milieux mafieux et politiques de l’époque.

 

Il est question d’une « société secrète appelée ‘’ le Comité ‘’, dans les rangs duquel on retrouverait des politiciens fédéraux et provinciaux, des policiers, des procureurs, des hauts-fonctionnaires ». Parmi les membres les plus âgés, « certains ont autrefois appartenu à l’Ordre de Jacques-Cartier, regroupement de patriotes dans les années 1960 mis sur pied afin de faire avancer les intérêts des Canadiens français catholiques. D’autres appartiennent à l’Ordre de la Rose-Croix. »

 

Dans une note au lecteur, le narrateur omniscient déclare avoir fui « le Canada afin de [se] réfugier sous une fausse identité en France, [son] pays natal », comme Stéphane Ledien. Il dit craindre « que les autorités du Québec [le] soupçonne de complicité » et « plus encore que les responsables à Montréal, à New York ou même plus au Sud, ne remontent jusqu’à [lui] ». Il avoue avoir « encore la trouille ». Douze ans après que « ces événements se sont produits » et qui ont causé des « remous au sein du pouvoir et des milieux d’affaires, les dénonciations, les assassinats qui ont suivi ».

 

Aussi, cet « auteur anonyme » qui ajoute avoir « émigré au Québec pour des raisons professionnelles au milieu des années 2000 » affirme qu’il avait « du bagout, le sens des affaires et une bonne connaissance de l’immobilier et du bâtiment », ayant « évolué dans le secteur de la construction d’immeubles résidentiels de luxe partout dans la province de Québec ». S’étant « associé à des gens qui voyaient grand », il déclare avoir « gagné gros » avec comme résultante, « la belle vie ». « Jusqu’à ce que des rumeurs circulent à propos d’une commission d’enquête. » Parce qu’il lui était impossible de raconter cette histoire sans « en dévoiler les aspects les plus secrets, les plus authentiques, sans trahir [son] identité et celle des autres intervenants », il a « choisi le biais du roman ».

 

Avouez que ces pages liminaires incitent le lecteur à attaquer sans plus attendre cette fiction policière plus vraie que fictionnelle qui démarre sur les chapeaux de roues avec un premier assassinat fracassant.

 

Aussi, l’auteur a inventé des dénominations qu’au Québec il est facile d’associer à des personnes, à des lieux et à des organisations ayant fait la manchette à l’époque tel que : « Vito Zaffarino », entrepreneur en construction, « Angie Sirois », liaison amoureuse d’un député conservateur de Beauce, « Massimo Di Costanzo », « Jean-Pierre Brunelle » député du parti libéral du Québec dans la circonscription de Louis-Hébert, la ville de « Longval » et son maire « Gilles Lamarre », l’entreprise d’ingénierie « RMB-Lavallée » en quête de contrats avec la Libye…  

 

Le tout habité par la présence de certaines personnalités politiques réelles, tel l’ex-maire Tremblay de Montréal et d’organisations politiques : le Parti conservateur du Canada (PCC), le Parti libéral du Québec (PLQ), l’Unité permanente anticorruption (UPAC), la Société immobilière du Canada (SIC), bras immobilier du gouvernement « fusionnée avec Parc Downsview Park inc et la Société du Vieux-Port de Montréal inc » […] sous l’égide de la ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux »…

 

On y trouve aussi des références historiques : la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO) instituée en 1972, une « énorme opération de démantèlement des principaux réseaux de drogue, du jeu, de la prostitution et du ‘’ cartel de la viande avariée ‘’ » ainsi que les razzias policières portées par la loi antigang du gouvernement fédéral mise en place pour lutter contre les activités criminelles des gangs, notamment les Hells Angels, l’escouade Carcajou et les opérations Printemps 2001 et SharQc de 2009.

 

Je tiens à souligner quelques scènes remarquablement décrites. Par exemple celle d’un combat à la Jack Reacher (page 116), celle du déneigement d’un toit en pente dans le Vieux-Québec (page 126), la séquence de l’agression sur le toit de l’Hôtel-Dieu de Québec racontée sur trois chapitres pendant qu’un observateur déguste, dans sa voiture, une poutine de Chez Ashton et finalement celle de la fusillade qui nous tient en haleine sur huit pages. Ne voulant rien divulgâcher, je vous laisse les découvrir.

 

Stéphane Ledien livre son récit en glissant de chapitre en chapitre des descriptions imagées, voire cinématographiques. J’ai retenu ces quelques exemples :

 

La chute d’un corps qui « s’aplatit, si un tel phénomène reste possible, sur l’un des véhicules de police. Le métal, le plastique et le polypropylène plient, s’affaissent, se ratatinent, les vitres se brisent en mille morceaux. Un broyeur de casse automobile n’aurait pas fait mieux. »

 

« … la route prend fin, coupée d’une avenue qui, en direction nord-ouest, borde la voie rapide telle une rivière tranquille destinée à se jeter dans un fleuve d’asphalte. »

 

 « Toits blancs sur fond bleu. Les lucarnes à pignon et les brisis des maisons du Vieux-Québec écrêtent l’horizon. »

 

« Barbu, énorme, le mec qui vient de parler est une montagne à lui tout seul – sans blague, il n’y manque plus que les remontées mécaniques ! »

 

« … ce qu’un joueur de pétanque fait avec un cochonnet, Simard l’exécute avec une boule de bowling. »

 

Et certains commentaires socio-politico-économiques qui se prêtent bien dans la littérature de genre :

 

« La Ville, avide de densification résidentielle, possède une importante parcelle du boisé, tandis qu’un fonds de placement s’est porté acquéreur de l’ensemble. Un ministère veille mollement : il y a là une flore et des milieux humides protégés. Immobilier, fric, mensonges politiques : c’est la nouvelle Trinité. »

 

« Ce qui est bon pour les affaires est bon pour les revenus du gouvernement. »

 

 « … guerre des clans à la sauce bolognaise. »

 

« La peur du scandale équivaut chez un homme politique à ce qu’éprouve un chat à l’idée de prendre une douche dans un spa. »

 

Les corps sur la neige étant également diffusé en France, Stéphane Ledien a glissé dans son texte des expressions d’outre-Atlantique qui diffèrent de celles utilisées au Québec :

 

·        un Glock 17 équipé d’un « modérateur de son » pour « silencieux »;

·        « CM1 » qui aurait mérité une note en bas de page ;

·        « commissariat » pour « poste de police » ;

·        « verbalisé » pour « remise de contravention » ;

·        « boudins d’hiver » pour « pneus » d’hiver ;

·        « chemise d’hôpital « pour « jaquette » d’hôpital.

 

Par contre, j’ai découvert le dahu : « En France, animal imaginaire vivant dans les zones montagneuses et à l’affût duquel on poste une personne crédule. La légende du dahu est née dans le milieu montagnard pour se moquer des touristes peu au fait de la faune sauvage. »

 

J’ai trouvé sévère cette description d’un pub mythique du Vieux-Québec, qualifié de « piège à touristes, certes, mais au folklore irlandais garanti ».

 

Petit détail : on dit « résident de la Baie James » et non « de Baie James ».

 

À noter la magnifique couverture de première « un ange dont les battements d’ailes laissent un sillage dans le blanc » qui trouve toute sa signification… vous verrez.

 

Vous l’avez compris : vous devez vous procurer Les corps sur la neige auprès de votre librairie indépendante ou l’emprunter à votre bibliothèque municipale. Comme moi, vous regretterez peut-être de ne pouvoir lui attribuer plus de cinq étoiles.

 

 

Auteur de fiction et docteur en études littéraires, Stéphane Ledien est rédacteur professionnel, et professeur de littérature au Cégep de Sainte-Foy à Québec. Il a fait du polar et des fictions de genre l’une de ses spécialités. En tant qu’auteur de fiction, il a publié des nouvelles dans des anthologies aux Éditions Tête première et aux Éditions Druide, et il a signé quatre livres dont le roman noir Sur ses gardes (2015) remarqué lors de la 7e édition du festival Québec en toutes lettres consacrée au genre policier.

 

 

Merci aux éditions Robert Laffont Québec pour le service de presse.

 

Au Québec, vous pouvez commander votre exemplaire sur le site leslibraires.ca et le récupérer auprès de votre librairie indépendante.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : *****

Intrigue : *****

Psychologie des personnages : *****

Intérêt/Émotion ressentie : *****

Appréciation générale : *****