vendredi 5 février 2021

Furie (Myriam Vincent)

Myriam Vincent. – Furie  – Montréal, Les éditions Poètes de brousse, 2020. – 377 pages.

 



Roman

 

 





Résumé :

Étudiante de jour, tueuse à gages la nuit, Marilyn n’exécute que des personnes ayant commis des crimes sexuels, portée par son désir de vengeance de sa grande amie, décédée à la suite de la dénonciation d’une agression et incapable d’obtenir justice grâce au système traditionnel. Si Marilyn excelle dans son métier dans la plus grande discrétion, sa solitude imposée devient difficile à tenir en reprenant ses études... Réussira-t-elle à venger son amie? Ses vies de justicière et d’étudiante « normale » sont-elles compatibles? Devra-t-elle faire un choix?

Roman aux accents de comic book féministe et à l’humour subtil, Furie explore cette figure du justicier tant prisée par les amateur.e.s de films de super-héros, avec ses zones d’ombre, ses dilemmes et la nécessité de maintenir une façade « normale ». On ne s’éprend de Marilyn et de ses causes qu’on estime justes qu’au détriment d’un malaise qui nous renvoie à nos propres valeurs morales : jusqu’où irait-on pour venger une amie ou sa propre fille face à son agresseur?

 

 

Commentaires :

 

Première fiction de Myriam Vincent qui nous plonge d’entrée de jeu dans l’univers d’une jeune femme tueuse à gages. Une œuvre romanesque intrigante sur un thème rarissime dans la littérature du crime québécoise.

 

Intrigué par l’accroche de la quatrième de couverture, j’ai dévoré les 375 pages en quelques jours en appréciant tout particulièrement l’humour noir de l’auteure dans une critique acerbe d’un système judiciaire qui permet à plusieurs agresseurs de se sortir indemnes d’accusations d’agressions sexuelles.

 

Intéressante aussi la double vie de cette assassine (le soir) et étudiante au baccalauréat en études littéraires (le jour) tiraillée entre une vie « normale » et le désir de vengeance. De nombreux passages soulèvent en récurrence cette réalité vécue par la superhéroïne. Chaque assassinat est décrit avec minutie en un court paragraphe dans un style très cinématographique. À un rythme quasi mensuel, au point où le lecteur en vient à s’interroger sur les impacts réels de ce grand nettoyage sur la réalité policière de la région montréalaise. Heureusement, on est en pleine fiction.


J’ai apprécié le style fluide de l’écriture et les niveaux de langages des personnages (quoiqu’agacé par les nombreuses incrustations de mots et d’expressions anglaises) et la structure du récit de découpé en épisodes (deux volumes de six numéros chacun à la manière des bandes dessinées de superhéros). Ainsi que le parallèle entre la narration de l’agression, objet de vengeance de celle qui est convaincue d’avoir raison de faire ce qu’elle fait et la violence croissance associée aux contrats d’assassinats qu’elle accepte. Jusqu’à la chute finale imprévisible et insoluble, potentiellement ouverte sur une suite (ce que réfute l’auteur pour le moment).  

 

 

Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****