L’affaire Henry Cross (René Vézina)


René Vézina. – L’affaire Henry Cross. – Montréal : Druide, 2023. – 336 pages.

 


Polar journalistique

 

 


Résumé :

 

Un meurtre sordide est commis dans un cimetière de l’est du Québec en mai 2019. Une lettre anonyme lie ce crime aux conspirations irlandaises du XIXe siècle. Il n’en faut pas plus à Rivière Valois, journaliste à la recherche d’une histoire sensationnelle, pour se rendre à Saint-Jean-Port-Joli et enquêter. Il constatera toutefois que ce mystère en cache un autre: un émissaire irlandais serait venu au Québec en 1840, investi d’une mission ultra-secrète qui irait jusqu’à mettre en cause les Patriotes. Il a disparu sans laisser de traces. Que s’est-il passé? Rivière tentera de le savoir et de découvrir qui est cet énigmatique Henry Cross à l’origine de toute l’affaire.

 

 

Commentaires :

 

Très belle idée que cette formule dans un genre littéraire très populaire comme l’exprime en finale René Vézina :

 

« L'affaire Henry Cross se veut le premier tome d'une série dédiée à des histoires mystérieuses, disséminées à travers le Québec, à partir de fondements réels et historiques. De là, le nom « Les mystères du Québec», avec, comme objectif secondaire, de mieux faire connaître des lieux qui ont marqué et marquent encore notre identité. »

 

Des romans, « et non de précis d'histoire » dans lesquelles le journaliste de métier se permet quelques libertés dans les trames qu’il a l’intention de présenter.

 

Tous les moyens sont bons pour intéresser les citoyennes et les citoyens à notre histoire nationale. Avec ce premier tome, René Vézina marque un premier point en abordant une époque, les années 1837-1840, surtout en partie connue pour les soulèvements des Patriotes. Dans un récit qui alterne en 56 chapitres entre les événements historiques et l’enquête journalistique qui se déroule près de 180 années plus tard. Une investigation qui se déroule à pas de tortue offrant au lecteur la possibilité d’absorber les faits « historiques » [n’ayant pas une connaissance approfondie de la période, difficile pour moi de départager les éléments de fiction historique de la réalité] qui la sous-tendent. Certaines chutes à la fin de quelques chapitres incitent toutefois le lecteur à continuer d’accompagner les protagonistes dans leurs missions respectives.

 

L'affaire Henry Cross nous fait voyager entre les villages de la Côte-du-Sud, Grosse-Île, la ville de Québec, Montréal, le village de Sainte-Martine, l’État de New York d’hier et d’aujourd’hui selon les étapes du récit. Avec de très belles descriptions des lieux où évolue une brochette de personnages bien campés. En voici un exemple [la promenade Champlain sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent] parmi tant d’autres, ici en interrelation entre hier et aujourd’hui :

 

 « Il finit par prendre la direction du boulevard Champlain, en suivant le fleuve, après avoir traversé le pont. Arriver à Québec par cette magnifique route qui longe le fleuve le charmait. Il n'était pas seul à apprécier cet environnement exceptionnel.

 

Superbement aménagés, les sentiers pédestres et cyclables qui la bordaient étaient très fréquentés par les gens de la ville. Même trop au goût de ceux et celles qui auraient oublié le trafic infernal du centre-ville. Est-ce qu'une congestion de vélo est préférable à un bouchon de véhicules?

 

Dire que c'est ici, il y a déjà deux cents ans, que débarquaient les immigrants sur la grève encombrée dans un environnement inhospitalier, parfois malodorant. Qu'importe! L'amertume faisait place à l'espoir, l'oppression, à la liberté. Mais le souvenir des mauvais traitements subis en Irlande ne disparaissait pas facilement. C'est pourquoi certains avaient pris les armes aux côtés des Patriotes canadiens-français. La défaite aux mains des autorités britanniques ne les avait pas tous démobilisés. La résistance était passée dans la clandestinité en attendant la lutte finale. »

 

Une référence à un sujet de l’heure dans les déplacements routiers entre les deux rives m’a fait sourire :

 

« Le retour vers Québec ne serait pas trop long, pourvu que la traversée du Saint-Laurent par le pont Pierre-Laporte se passe bien. Ils allaient arriver au début de l'heure de pointe de fin de journée et le trafic serait déjà costaud. »

 

J’ai été étonné par le prénom attribué au personnage principal : Rivière Valois. Un prénom plus que rare au Québec. Sur le web, celui-ci se retrouve surtout dans des pays comme Haïti, la Thaïlande, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande !

 

J’ai trouvé amusant le rôle de quasi-médium de la vieille tante du journaliste qui oriente celui-ci vers des pistes de solution. De même que le message codé associé à une photo ancienne. Par contre, l’identification du meurtrier m’a laissé pantois dans une finale abrupte où un coup de pelle au bon endroit du premier coup permet de découvrir l’objet au cœur du mystère « Find Henry Cross ». Objet dont le contenu ne semble pas intéresser outre mesure les enquêteurs, plus efficaces soit dit en passant, que les policiers de la Sûreté du Québec en poste à Montmagny.  

 

L'affaire Henry Cross ravive notre mémoire des moments pénibles vécus par les immigrants irlandais ayant fui leur pays à la recherche d’une terre d’accueil dont un grand nombre sont décédés en quarantaine sur la Grosse Île où ils étaient confinés dès leur arrivée. Des photos des lieux complètent l’ouvrage.

 

De lecture agréable, ce roman « policier » sans implication policière significative, est truffé de références culturelles tant québécoises qu’irlandaises. Il nous fait revivre le quotidien des années 1840 comme si on y était. Nous faisant rêver en référence à « une conspiration visant à resserrer les relations entre les Irlandais francophiles et les partisans des Patriotes, qui demeuraient actifs, même après l'échec de la révolte » et en allant « jusqu'à évoquer une alliance plus large avec des Américains d'origine irlandaise qui voulaient déloger les Britanniques du Canada. »

 

Ceci dit, « ce premier épisode bouclé », il reste maintenant à voir comment René Vézina sera en mesure de relever le défi d’ajouter des titres à cette série maintenant que son journaliste enquêteur a regagné la confiance de son rédacteur en chef et conquis le cœur de Kate. Et nous surprendre en portant à notre connaissance de nouveaux mystères du Québec, tout en nous divertissant et nous donnant le goût de visiter le Québec.

 

Merci aux éditions Druide pour le service de presse.


P.S. : Une romancier peut évidemment prendre des libertés avec l’Histoire, mais doit rester vraisemblable. Un ami historien, originaire de la Côte-du-Sud m’a souligné quelques anachronismes : « le Rob Roy a sombré en 1827 et il venait d’Écosse ; les victimes ont été inhumées dans le cimetière protestant de Trois-Saumons, sauf une, selon ses sources ; étonnant qu’un curé dise une messe à midi ; Salaberry n’était pas marquis ; des jaquettes d’hôpital en 1840 ? ; le typhus, c’est en 1847 ; en 1840, Chartier n’était plus curé de Sainte-Martine : en fait, il était en France ».

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : *****

Intrigue :  ****

Psychologie des personnages :  *****

Intérêt/Émotion ressentie :  ****

Appréciation générale : ****


Femmes de désordre (Catherine Côté)


Catherine Côté. – Femmes de désordre. – Montréal : VLB, 2023. – 390 pages.

 


Polar

 

 


Résumé :

 

Montréal, 1948. Les affaires roulent, dans le Red Light. Les tenancières de ce qu'on appelle pudiquement les « maisons de désordre » font oublier aux vétérans ce qu'ils ont vu en Europe, et n'ont aucun mal à convaincre les agents sous-payés de la Moralité de détourner les yeux. La situation est nettement moins rose pour les femmes qui sont à leur emploi. En dénonçant leurs conditions de vie déplorables dans le Montréal-Matin, Suzanne Gauthier dérange beaucoup de monde. Depuis quelque temps, la journaliste se sent épiée, mais quand elle tente de convaincre son ami Marcus O'Malley de prendre ses inquiétudes au sérieux, le sergent-détective fait la sourde oreille. Il faut dire qu'il n'est pas le plus fin limier de la Sûreté provinciale…

 

 

Commentaires :

 

Après Brébeuf publié en 2020, Catherine Côté nous revient avec la suite d’une portion du quotidien des personnages qu’elle avait alors imaginés : Suzanne Gauthier, journaliste de faits divers au Montréal-Matin, une « fille qui écrit sur des affaires d’hommes », son mari, Léopold Gauthier, vétéran de la Seconde Guerre mondiale et ancien détective de la Sûreté de Montréal, détective privé qui peine à réintégrer la vie civile et le sergent-détective Marcus O’Maley, policier à la Sûreté de Montréal, ancien partenaire porté sur la bouteille de Léopold.

 

Cette fois-ci, l’action se décline quelques mois plus tard sur 11 jours (1 ½ semaine) au cours desquels les événements se bousculent même si le rythme n’est pas essoufflant.

 

Le grand intérêt de cette fiction policière est le caractère historico-social de sa thématique campée dans un quartier chaud de Montréal, le Red Light de la fin des années 1940 où abondent les cabarets, les débits d’alcool clandestins, les maisons de jeux illégales et les maisons de désordre, les bordels, d’où le titre Femmes de désordre (prostituées) comme on peut le voir sur cette carte :

 


Source : Wikipédia

 

C’est dans ce secteur montréalais entre les rues Saint-Urbain, Saint-Denis, Sherbrooke et Saint-Antoine où les ampoules rouges rappelant les anciennes lanternes aux portes des maisons closes que se déroulent les enquêtes journalistiques et policières des trois protagonistes confrontés à la corruption policière. Dans un contexte où les relations sont tendues entre les divers corps policiers : la Sûreté, spécialisée dans la résolution des crimes; la Moralité concentrée sur les réseaux de prostitution, d’alcool et le jeu, notoirement la plus corrompue du service de police; et le Bureau préventif, autrefois appelé l’Escouade juvénile, composé exclusivement de femmes policières, exclues des autres services.

 

Ce roman policier aborde aussi la question de l’aliénation sociale et de l’émancipation des femmes au lendemain de la Deuxième Grande Guerre. Comme dans ces deux exemples. L’attitude paternaliste et machiste des policiers et des patrons envers la gent féminine (collègues de travail, journalistes, suspectes, prostituées…). Le retrait obligatoire du travail pour les femmes déclarées enceintes, d’où l’obligation pour la journaliste Suzanne Gauthier de porter une gaine de grossesse, un corset bas pour en cacher l’apparence.

 

Sur trame de fond historique, Femmes de désordre met aussi en scène certains individus ayant vraiment existé, « l’implication de ces derniers dans les enquêtes est entièrement fictive » comme l’affirme l’auteure.

 

C’est le cas de Pacifique Plante (Pax Plante, surnommé ainsi par le grand public, « Pax », mot latin, signifiant paix), nommé responsable de l'escouade des mœurs en 1946 par le directeur de la police de Montréal avec comme mandat de mettre un terme à l'expansion du crime organisé dans le Red Light et ailleurs en ville. Il demeurera en poste 18 mois. Le roman fait aussi allusion à sa suspension en mars 1948. Il sera congédié avec fracas deux mois plus tard sous prétexte de l'inconduite d’un agent de l’escouade qu’il dirigeait. Un échange d’information entre Suzanne Gauthier et l’avocat/policier Plante laisse entrevoir les publications de ce dernier, dans le quotidien Le Devoir, de novembre 1949 à février 1950, d’une série d’articles portant sur Montréal, ville ouverte, dans lesquels il décrira le modus operandi des différents réseaux de bookmakers, de souteneurs et de bootleggers de la ville.

 

L’enquête principale du sergent-détective O’Maley, homme détestable s’il en est un, porte sur une des maisons de désordre d’une célèbre tenancière du quartier des lumières rouges : Ada Labelle, de son véritable nom Anna Labelle, alias Madame Émile Beauchamp.

 

Suzanne Gauthier est journaliste au Montréal-Matin dirigé par un certain Duhamel. Le véritable Roger Duhamel, avocat, avait été secrétaire du maire Camillien Houde de 1938 à 1940. Il consacra une importante partie de sa vie au journalisme comme rédacteur au journal Le Canada de 1940 à 1942, au Devoir de1942 à1944, à La Patrie de1944 à1947 avant de prendre la direction du Montréal-Matin de1947 à1953, le titre matinal le plus vendu dans le marché montréalais. Au moment où se déroulent les polars de Catherine Côté.

 

Cette dernière fait aussi œuvre de pédagogie en rappelant les méthodes d’identification judiciaire de l’époque.

 

D’abord en faisant référence au système Bertillon, aussi appelé anthropométrie judiciaire, au bertillonnage ou aux inculpés bertillonnés : technique criminalistique mise au point par le Français Alphonse Bertillon en 1879. Une méthode qui repose sur l'analyse biométrique pour l’identification d’un individu à partir de mesures osseuses spécifiques accompagnée de photographies de face et de profil.

 

Et dans cet extrait de dialogue :

 

« – Je vous l'ai dit, sergent-détective O'Malley. On a pas encore fini. On va envoyer quelqu'un vous chercher dès que le dactyloscope aura terminé ses analyses.

– C'est quoi, ça, le dactyloscope ?

– C'est qui, plutôt. Le spécialiste qui analyse les empreintes digitales.

– Ah, bon. Mais mettons que c'est une question de vie ou de mort, il pourrait pas travailler plus vite ?

– Y a pas de moyen d'accélérer les choses, non. Avez-vous déjà regardé ça, des empreintes, dans un épidactyloscope ? »

 

Le dactyloscope étant le spécialiste de l'identification judiciaire au moyen des empreintes digitales (la dactyloscopie) au moyen d’un épidactyloscope, instrument optique pour l'analyse et la comparaison d'empreintes digitales prélevées sur une scène de crime ou lors d'une enquête.

 

Ayant une formation en histoire et étant grand amateur de romans policier, j’ai beaucoup aimé Femmes de désordre avec sa brochette de personnages et les relations qu’ils entretiennent, l’ambiance de l’époque de l’après-guerre, la crédibilité du récit, et, malgré tout, sa finale ouverte sur une suite évidente. Un roman qui repose sur une recherche documentaire fouillée qui contribue à mieux faire connaître de façon ludique les réalités sociales, économiques et politiques d’une autre époque, peut-être pas si éloignée de la nôtre. Il donne le goût de remonter quelques mois en arrière pour découvrir les premières enquêtes racontées dans Brébeuf.  

 

Un bémol : ne maîtrisant pas suffisamment la langue anglaise, les portions de dialogues impliquant Marcus O’Maley (évidemment un personnage anglophone) m’ont quelque peu agacé.

 

Merci aux éditions VLB pour le service de presse.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : ****

Intrigue :  ****

Psychologie des personnages :  *****

Intérêt/Émotion ressentie :  *****

Appréciation générale : *****


Le lézard lubrique de Melancholy Cove (Christopher Moore)


Christopher Moore. – Le lézard lubrique de Melancholy Cove. – Paris : Gallimard, 2002. – 432 pages.

 


Faux polar

 

 


Résumé :

 

Il se passe quelque chose dans la morne station balnéaire de Melancholy Cove. On y trouve, pour un cocktail détonant, un flic qui se console de l'être en tirant sur des joints, une schizophrène ex-actrice de films de série Z postapocalyptiques réfugiée dans une caravane, un joueur de blues poursuivi par un monstre marin dont il a tué le petit quarante années plus tôt, une psy qui ne donne plus à ses malades que des placebos, un pharmacien lubrique ne rêvant que d'accouplements avec des dauphins, une femme qui se pend, des gens qui disparaissent... Une seule certitude : tous ont la libido qui explose. Tous sans le savoir sont sous le signe du lézard...

 

 

Commentaires :

 

Je ne me souviens plus qui m’avait recommandé la lecture de ce roman de Christopher Moore originaire de l’Ohio, auteur de quinze romans, dont plus de la moitié sont des succès de librairie.

 

Le lézard lubrique de Melancholy Cove m’a servi d’interlude au cœur de ma pile à lire pour la production de mes avis de lecture et de mes chroniques sur Les littératures du crime au Québec. Une fiction divertissante dans laquelle s’entremêlent humour, enquête policière et fantastique. Un peu à l’image de son auteur qui, avant de devenir écrivain, a été couvreur, caissier, veilleur de nuit, vendeur d’assurances, serveur, photographe et DJ rock, expériences de vie dont il s’inspire pour créer ses personnages.

 

J’y ai trouvé une galerie de personnages tous plus loufoques les uns que les autres impliqués dans une histoire qui n’a presque ni queue ni tête mettant en vedette un « dragon » nommé Steve dont la lubricité a des impacts insoupçonnés sur les résidents dépressifs de cette petite ville fictive de la côte californienne. Et un musicien qui a peur de « perdre le blues et de devenir heureux ». Sans oublier un labrador qui y va de ses réflexions sur les humains qui l’entourent.

 

Quelques moments drôles, parfois absurdes. Un récit bien construit dans lequel l’auteur ne s’est pas imposé de limites dans son imaginaire débridé.

 

Un bémol : la traduction franco-française qui rend les dialogues et des portions de la narration hors contexte dans un scénario qui se déroule sur la côte ouest-américaine.

 

En résumé : un roman déjanté qui part tous azimuts dans lequel Christopher Moore se moque à sa façon des travers de la société Américaine. Une finale un peu à l’eau de rose. Pas de la grande littérature, mais quelques heures de plaisirs avant de retomber dans les univers glauques de véritables polars.

 

 

Originalité/Choix du sujet : ****

Qualité littéraire : ***

Intrigue :  ****

Psychologie des personnages :  ****

Intérêt/Émotion ressentie :  ***

Appréciation générale : ***

Chaîne de glace (Isabelle Lafortune)


Isabelle Lafortune. – Chaîne de glace. – Montréal : XYZ, 2023. – 446 pages.

 


Polar

 

 


Résumé :

 

Sept ans ont passé depuis les événements ayant ébranlé Schefferville, mais Émile Morin n’a jamais tourné la page. Son obsession pour la Métald’Or et autres pilleurs du Nord en mal d’éthique l’a mené à prendre la tête d’une unité spéciale dédiée à ces dossiers, et à creuser, creuser encore. Faute de résultats probants, ou peut-être justement parce qu’il est sur le point d’en livrer, voilà qu’il sent son soutien politique vaciller. Sa santé mentale également.

 

L’enquêteur Morin a besoin d’une victoire. Pour prouver à sa hiérarchie qu’il avait raison de sonner l’alerte au sujet des minières ; pour convaincre Giovanni qu’il a fait le bon choix en endossant l’uniforme… Mais aussi pour rebâtir le lien de confiance l’unissant à sa fille, de plus en plus distante.

 

C’est du côté de Havre-Saint-Pierre, sur le site de la centrale hydroélectrique La Romaine-1 où un cadavre a été découvert, qu’il sera mis devant le premier maillon d’une chaîne de conséquences le menant, peut-être, vers la vérité.

 

 

Commentaires :

 

Quatre ans après la parution de Terminal Grand Nord, Isabelle Lafortune nous entraîne à nouveau dans une nouvelle enquête menée à Havre-Saint-Pierre et à Schefferville par ses deux protagonistes : le policier Émile Morin, de la Sûreté du Québec, devenu responsable d’une unité spécialisée dans les crimes liés au développement industriel du Nord-du-Québec et de son fidèle écrivain Giovanni Celani – plus que jamais l’alter ego de l’auteure – qui, dans l’intervalle, a suivi une formation à l’École de police du Québec. Avec l’omniprésence du philosophe néerlandais Baruch Spinoza dont les citations accompagnent un grand nombre de chapitres.

 

Chaîne de glace s’inscrit dans un ensemble de sujets d’actualité associés au Grand Nord québécois, mais aussi d’un point de vue sociétal : espionnage industriel, fuites de secrets de production chez Hydro-Québec, relations diplomatiques avec la Chine, course vers la production de batteries plus durables pour les voitures électriques, vente à rabais des ressources minérales, lutte contre le réchauffement climatique, vols de toiles de grands maîtres, chaînes de blocs (blockchains) d’où probablement le titre du roman, espionnage industriel, cryptomonnaies, indépendance énergétique, terrorisme international, manifestations environnementalistes… à quelques mois d’une pandémie annoncée en filigrane par l’éclosion de plusieurs activités grippales sur le continent asiatique.

 

On est en présence d’un thriller policier au scénario qui m’a paru fort complexe, l’action étant concentrée sur à peine sept jours. Beaucoup d’action sur une période si courte et une efficacité des services de lutte contre le crime qui m’a semblé sortir de l’ordinaire. Et ce dans un rythme d’écriture, parfois alourdi par certains dialogues ou certaines scènes qui, à mon humble avis, auraient pu être raccourcis, voire éliminés, et dont la dynamique ne s’accélère que dans les tout derniers chapitres.

 

Sans dévoiler trop de détails, tout au long de ma lecture, j’ai de plus été sceptique sur le réalisme des segments qui se déroulent « quelque part au nord du 54e parallèle ». Et ce jusqu’à la chute finale plutôt étonnante où toutes les fausses pistes trouvent leurs explications.

 

Ce roman repose sur une recherche très fouillée sur un milieu isolé où l’omerta est omniprésente lorsqu’on tente de soulever le voile sur des pratiques industrielles et des relations de travail parfois toxiques des compagnies minières en quête de territoires à exploiter.

 

Isabelle Lafortune connaît bien la région. Elle qui y a déjà vécu et enseigné dans une école secondaire. Comme elle l’a raconté en entrevue dans un journal montréalais, dans un périple de 16 heures en train, de Sept-Îles à Schefferville, « elle a pu entendre des conversations très intéressantes... et inattendues puisque des passagers, employés par des compagnies minières, se sont mis à jaser de choses et d’autres pour passer le temps. » Et elle ajoute : « … si je ne l’avais pas fait, il y a des éléments de mon histoire qui ne seraient pas dans mon livre. »

 

Vous apprécierez certaines références régionales : l’incontournable restaurant Chez Julie à Havre-Saint-Pierre; les références au poète nord-côtier Roland Jomphe dont cette strophe : « Sur des visages d'étrangers/Venant de près ou de loin/Une impression de passagers/Sur le chemin ou le destin »… Et la qualité d’écriture de l’écrivaine comme dans ce magnifique extrait :

 

« Quelques fils noirs parcouraient encore son abondante chevelure, mais il avait la conviction qu'ils ne tarderaient pas à se vider de leur mélanine dans les prochains jours. »

 

Chaîne de glace permet à son auteure de partager ses réflexions personnelles, traduites dans celles de son personnage écrivain Giovanni Celani, narrateur omniscient du récit :

 

« L'humain est la seule espèce qui se permet de s'aveugler sur sa place dans l'univers, mais lorsqu'elle en aura assez de ses parasites, la Terre nous servira un shampoing vigoureux dont on ne se relèvera pas. »

 

« Dans cinquante ans, ces terres vierges seront dévalisées de leur substance pour satisfaire les besoins de plus en plus grands des uns et des autres. Les nostalgiques des traditions, forcément réfractaires aux changements, me font hurler: ils ne cessent de chialer et restent figés dans le passé, alors que les promoteurs et le développement irrespectueux de l'environnement me donnent des envies d'assassinat. Je n'adhère à aucune doctrine, celle des anciens me lasse parce qu'elle demeure campée sur ses positions, celle des jeunes m'énerve parce qu'elle manque cruellement de perspective et souvent de maturité. Tandis que les pôles s'affrontent, des intérêts sans noms ni visages qui ne fonctionnent que selon un modèle de rentabilité en profitent. Où me situer maintenant, puisqu'aucun des camps représentés dans les médias ou pire, sur les réseaux sociaux, ne me convient ? »

 

Au moment de la publication de cet avis de lecture, ce deuxième roman d’Isabelle Lafortune était finaliste aux Grands Prix du livre de la Montérégie – Prix Arlette-Cousture 2023. L'auteure était également finaliste du « Awards of Excellence » Best French Crime Book du Crime Writers of Canada pour Chaîne de glace.

 

Merci aux éditions XYZ pour le service de presse.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : *****

Intrigue :  ***

Psychologie des personnages :  *****

Intérêt/Émotion ressentie :  ***

Appréciation générale : ****


Terminal Grand Nord (Isabelle Lafortune)


Isabelle Lafortune. – Terminal Grand Nord. – Montréal : XYZ, 2019. – 348 pages.

 


Polar

 

 


Résumé :

 

Avril 2012. Les corps de Natasha et de sa soeur Gina sont retrouvés aux abords d’un sentier de motoneige de Schefferville. L’inspecteur Émile Morin, dépêché sur place par un gouvernement qui craint le scandale, a beau fouiller, personne ne se rappelle avoir croisé les deux jeunes Innues originaires de Maliotenam, quelques centaines de kilomètres plus au sud.

 

Devant une situation où s’entremêlent des réalités culturelles, sociales et politiques complexes, se frayer un chemin vers la vérité n’est pas chose simple. L’inspecteur emmène donc avec lui son bon ami l’écrivain Giovanni Celani, un habitué de la région, pour l’aider à naviguer dans le climat de tension de cet ancien eldorado minier.

 

Leurs théories seront constamment ébranlées par les phrases cryptiques de Sam, un Innu de la réserve voisine, philosophe à ses heures et gardien des secrets de chacun. Alors qu’émergent regrets et demi-vérités, l’inspecteur Morin devra trouver à qui s’allier pour empêcher que l’horreur ne se répète.

 

 

Commentaires :

 

Voici la première enquête (publiée) du « célèbre enquêteur » Émile Morin, directeur des enquêtes criminelles à la Sûreté du Québec et secondé par un civil, son bon ami l’écrivain Giovanni Celani, « Prix du Gouverneur général », tous deux amateurs d’échecs et de bons vins, les Château Léoville Las Cases et Château Margaux, pour ne nommer que ceux-là.

 

Dans Terminal Grand Nord, l’auteure montréalaise Isabelle Lafortune, diplômée de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) en études littéraires, nous entraîne dans le nord du Québec, entre Sept-Îles et Shefferville où, depuis son premier séjour dans cette ville nordique elle savait qu’elle écrirait un roman qui s’y déroulerait.

 

L’action se situe dans un environnement aux antipodes de celui du sud où se côtoient des populations innues vivant sur leurs terres ancestrales partagées entre réserves autochtones et villes construites par les Blancs qui s’y sont établis pour y travailler dans l’exploitation minière.

 

Dans un contexte social, économique et judiciaire où les violences physiques, les meurtres, l’alcoolisme, les suicides, les drogues, la prostitution… font partie de l’ordre des choses. Particulièrement en ce qui a trait aux nombreux cas de femmes malmenées et vulnérables laissées sans « système de justice adéquat » et sans « services pour qu’elles ne soient plus seules et qu’elles puissent se sentir en sécurité ».

 

Terminal Grand Nord est un roman bien construit. L’intrigue se développe au gré du déroulement de l’enquête. Le lecteur chemine au gré de la quête de la vérité et des déductions du policier enquêteur. Les commentaires du narrateur écrivain « Johnny » Giovanni Celani – alter ego évident d’Isabelle Lafortune – procure un ressenti  de la rudesse du climat et de la vie nordique. Inspirée de faits relatés entre autres en Abitibi dans les médias sur les relations malsaines entre certains éléments des forces de l’ordre en territoire des Premières Nations avec des femmes autochtones, cette sombre histoire est concentrée sur à peine six jours et met en évidence les tensions sociopolitiques québécoises que nous raconte Isabelle Lafortune est plus vraie que vraie.

 

Difficile de prendre une pause de lecture jusqu’à la conclusion annoncée par un revirement de situation imprévisible et un rythme accéléré des événements. À noter les citations de Nicolas Machiavel en début de plusieurs chapitres, l’auteur fétiche d’un des personnages dont la personnalité de « philosophe de brousse » se dévoile au gré du récit.

 

Normal que cette fiction ait reçu le Prix Jacques-Mayer du premier polar remis en 2019 par la Société du roman policier de Saint-Pacôme et qu’elle ait été finaliste aux Grands Prix du livre de la Montérégie – Prix Arlette-Cousture en 2020.

 

Un excellent polar qui aurait pu s’intituler « Le piège des monstres », aux dires de Giovanni Celani.

 

Aussi, en terminant ma lecture, j’avais hâte de m’attaquer au deuxième tome d’une série qui s’amorce.


Merci aux éditions XYZ pour le service de presse.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : *****

Intrigue :  *****

Psychologie des personnages :  *****

Intérêt/Émotion ressentie :  *****

Appréciation générale : *****


Rien… (Jean-Jacques Pelletier)


Jean-Jacques Pelletier. – Rien… – Lévis : Alire, 2023. – 556 pages.

 



Polar

 

 


Résumé :

 

Fort d’une carrière où il en a vu de toutes les couleurs, Henri Dufaux n’en est pas moins stupéfait quand il se voit confier la garde d’une ado. De fait, la jeune mais ô combien brillante Maryann est sous sa protection depuis la mort de son père, empoisonné pour avoir refusé de vendre sa maison à un mystérieux acheteur.

En tentant de découvrir ce qui se cache derrière ce meurtre et de déjouer les menaces qui pèsent toujours sur Maryann, Dufaux et son équipe mettent à jour un groupe anonyme qui cherche à acquérir – par tous les moyens ! – des centaines de kilomètres carrés dans les Laurentides.

Or, quand le SCRS débarque dans son enquête, Dufaux comprend que l’affaire est plus vaste qu’il ne croyait, car Henry Trent, un milliardaire mort récemment, possédait justement une propriété dans la zone tant convoitée… et le SCRS a toujours cru Trent proche de la très énigmatique et secrète Liste XIII !

Face à un complot qui prend des dimensions internationales, Dufaux se sait à court de ressources. Toutefois, il a un as dans sa manche : un certain Gonzague Théberge…

 

 

Commentaires :

 

Dans cette quatrième enquête de Henri Dufaux, un des personnages fétiches de Jean-Jacques Pelletier, ex-professeur de philosophie au cégep Lévis-Lauzon, cet auteur prolifique tant en nombre de romans que de pages publiées nous précipite dans une réalité très d’actualité. La crise climatique et une fiction pour en anticiper l’avenir qui glace dans le dos par l’imaginaire de son créateur.

 

Pelletier a beau nous avertir que les « lieux, les milieux, les institutions, les médias, les réseaux sociaux, les sites Internet et les personnages publics qui constituent le décor de ce roman ont été en bonne partie empruntés à la réalité », que « les événements qui sont racontés, de même que les actions et les paroles prêtées aux personnages sont entièrement imaginaires », que « les intervenants apparaissant dans les médias, les sites Internet et les réseaux sociaux, sont des personnages inventés » et que « leurs propos ne sauraient être attribués à des personnes réelles », plus on progresse dans ce tourne page de 223 courts chapitres, plus on a l’impression de vivre au quotidien ces événements qui se déroulent sur une douzaine de mois en 2022 . D’autant plus qu’il ajoute que « les informations sur l'état de la planète ont été vérifiées et sont, au meilleur de [sa] connaissance, avérées » !

 

Réglons d’abord la question du titre, plutôt intrigant, sur une couverture de première annonçant l’apocalypse. Il trouve son sens dès le septième chapitre avec des rappels par intervalles tout au long des 556 pages d’un récit documenté, très bien structuré, entrecoupé d’extraits de bulletins de nouvelles, d’émissions télé et de commentaires entre amis Facebook et regroupant un très grand nombre de personnages. On trouvera d’ailleurs en annexe du livre une brève description de ceux-ci (24 principaux, 35 secondaires et 6 groupes dits « notables » - je vous laisse découvrir) fort utile en cours de lecture.

 

Le tout dans un environnement très techno où se côtoient les moyens de communication les plus sophistiqués, le « darknet », différentes formes d’intelligences artificielles plus vraies que vraies qui fabriquent des faux et et qui examinent le résultat pour déterminer s'il y a des indices que c'est un faux : « Après chaque passe, l'intelligence qui fabrique le faux corrige les erreurs détectées par l'autre. Les différences finissent par être tellement petites qu'elles sont non significatives ».

 

Dans Rien…, il est question de complots et de  manipulation des comportements face à la crise climatique et de moyens que certains ont décidé de prendre pour assurer la survie de l’humanité… ou la leur, face à « l'effondrement des populations animales, […] le plafonnement de l'énergie disponible, l’épuisement des métaux stratégiques et des sols cultivables, l'acidification des océans, la réduction continue des territoires habitables... la stérilisation progressive des espèces animales et des êtres humains par les perturbateurs endocriniens » sans oublier « les mouvements migratoires et les violences qu'ils vont déchaîner... ». De quoi faire dire à un des personnages qu’il avait « sous-estimé la bêtise collective de notre espèce », qu’il croyait un peu naïvement « que lorsque la situation serait connue, lorsque les effets de ces crises deviendraient évidents, les populations et les gouvernements comprendraient » et qu’il avait « fait preuve d'un optimisme... excessif ».

 

Quelques solutions envisagées :


·        Réduire la taille de la population en éliminant les pauvres à l’aide de vaccins favorisant l’apparition de nouvelles pandémies.

·        Exterminer les pires pollueurs, « ceux dont les destructions environnementales n’ont rien à envier aux ravages sociaux qu’ils ont provoqués, […] les un pour cent du un pour cent les plus riches de l'humanité. Parce que [c’est] la seule façon de sauver la planète : éliminer la microminorité qui s'enrichit sur le dos du reste du monde et qui s'oppose aux mesures qu'il faudrait prendre pour sauver l'écosystème Terre. »

·        Soutenir financièrement les écolos pour alimenter la grogne des masses populaires et surtout des jeunes et justifier leurs actions ? « Transformer en une occasion d'enrichissement […] les multiples désastres que l'humanité va continuer de provoquer dans les prochaines décennies... catastrophes climatiques, pénuries d'eau et de nourriture, guerres... le niveau de vie de l'Occident qui s'aligne sur celui de l'Afrique plutôt que le contraire. Le retour à une sorte de Moyen Âge, en somme, mais en plus sombre ».

·        Financer des groupes musicaux multiplicateurs de propagande dans leurs succès musicaux : « Plus ils occupent de place dans les infos, plus ils imposent le thème de l'urgence écologique dans l'actualité, plus ça suscite l'agressivité contre les riches... » En alimentant le climat général d'insécurité des riches, ça renforce leur inquiétude et l’attrait de bénéficier de la protection qu’un groupe secret souhaite leur offrir tout en s’enrichissant.

 

Des questions troublantes bien campées dans un contexte politique américain et international : la réélection potentielle de Trump en 2024, « ses actions antérieures et son emprise sur le Parti républicain, associées à la division du Parti démocrate, vont conduire, tôt ou tard, à l'équivalent d'une guerre civile », la destruction par Clinton et Obama de « la législation fiscale au profit de Goldman Sachs et de l'ensemble du monde financier »,

l'essor de la Chine et les routes de la soie dont le « choc démographique risque de plomber la croissance du pays, ce qui va s'aggraver avec la décision probable de Xi Jinping d'envahir Taiwan vers 2027, comme le craignent les Américains »... Avec une référence à la deuxième tranche du rapport du GIEC récemment publiée qui constate que les « choses s'accélèrent : la mer monte plus vite que prévu, la disparition des espèces animales s'aggrave et le réchauffement de l'atmosphère s'intensifie, notamment à cause de la présence de nano-particules. »

 

Mais n’ayez crainte. Malgré le sérieux du contexte romanesque, le tout est remarquablement ficelé dans un scénario haletant, facile à suivre, avec un Henri Dufaux constamment tourmenté par ce qu’il appelle son « critique intérieur » qui lui fait la morale. Une enquête qui se déroule au Québec et en Europe dont on n’ose imaginer la finale, écrite dans un style fluide et qui permet à son auteur de partager ses réflexions sur la réalité sociale à laquelle nous sommes confrontés au quotidien lors de la diffusion des bulletins d’information et des échanges sur les réseaux sociaux. Trois exemples :

 

« On ne peut pas tuer tous les imbéciles. Il y en a trop... De toute façon, ce ne sont pas eux, les responsables. Enfin, pas les premiers responsables. Ceux qui les utilisent, par contre, ceux qui leur lavent le cerveau. »

« Le problème avec la chaleur, […] c'est qu'on en ajoute davantage à certains endroits, moins à d'autres. Et comme la chaleur, c'est de l'énergie… […] Le système cherche à se rééquilibrer. Autrement dit, à répartir l'énergie également. Et plus l'énergie ajoutée est grande au même endroit, plus les processus de rééquilibrage sont violents... Ça fait fondre des glaciers, ça modifie les courants sous-marins, ça bouleverse la température de l'atmosphère au-dessus des continents... La pluie arrête de tomber à certains endroits, des ouragans et des tornades en ravagent d'autres, des pluies torrentielles s'abattent un peu partout... En fait, on ne devrait pas parler de réchauffement, mais de bouleversements climatiques. D'instabilité. »

« Trois chiffres résument la performance de l'espèce humaine: en quelques années, on a réduit la masse biologique des insectes des deux tiers; en quelques décennies, on a réduit la masse des animaux sauvages des deux tiers; en quelques millénaires, on a réduit la masse des arbres des deux tiers... Enfin, peut-être pas des deux tiers, mais plus de la moitié. La prochaine cible sur la liste, c'est l'humanité. Combien d'années est-ce que ça va prendre pour réduire sa taille des deux tiers ? Même sans épidémies ?... Les famines, le manque de médicaments, les guerres pour les ressources qui se raréfient devraient y parvenir assez vite. »

Rien…, un roman à lire pour réfléchir à notre sort en tant qu’humains tout en se divertissant en tant que lectrice ou lecteur. De la littérature intelligente. Qui donne le goût de remonter dans les enquêtes antérieures de Henri Dufaux et de naviguer dans l’imaginaire de Jean-Jacques Pelletier. Je me suis laissé convaincre que le personnage de Maryann puisse être, disons, aussi « exceptionnel ». 

 

Merci aux éditions Alire pour le service de presse.

 

 

Originalité/Choix du sujet : *****

Qualité littéraire : *****

Intrigue :  *****

Psychologie des personnages :  *****

Intérêt/Émotion ressentie :  *****

Appréciation générale : *****