samedi 24 octobre 2020

Les Demoiselles de Havre-Aubert (Jean Lemieux)

Jean Lemieux. – Les Demoiselles de Havre-Aubert – Montréal : Québec Amérique, 2020. – 276 pages.

 


Polar

 

 






Résumé :

Un soir d'août, le gérant d’une boutique de prêt sur gages de Montréal est abattu d'une balle dans la tête. André Surprenant, sergent-détective aux crimes majeurs du SPVM, est appelé sur les lieux bien qu’il soit en vacances.

Pourquoi? La victime est née aux Îles-de-la-Madeleine et Surprenant s’apprête justement à s’y rendre avec sa famille pour jouir de quelques semaines de repos dans l'archipel où sa carrière d’enquêteur a pris son envol. Au grand dam de sa blonde Geneviève, il y est plongé dans une affaire complexe, où les cadavres s'accumulent.

Havre-Aubert, les buttes des Demoiselles, la Grave avec ses cafés, ses touristes et sa marina, deviennent bientôt le centre d’une toile d’influences qui s’étend jusqu’à New York, Niagara, Montréal et Puerto Plata. À moins qu’il ne s'agisse d’une histoire de famille? Surprenant, en short, chemise hawaïenne et sous son célèbre galurin, prend l’air salin et fait parler les gens.

 

 

Commentaires :

 

André Surprenant et Jean Lemieux récidivent. La sixième enquête enlevante de ce sergent-détective aux crimes majeurs du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) qui nous transporte dans la communauté tissée serrée des Madelinots, au cœur du golfe Saint-Laurent.

 

Les polars de Jean Lemieux sont apaisants et procurent jusqu’à un certain point  une sensation de réconfort. L’intrigue est simple : quelques meurtres qui s’empilent, une quête de la vérité qui progresse lentement. Les indices s’accumulent et l’intuition proverbiale du héros permet de découvrir, dans une scène rappelant celles d’une Agatha Christi, le ou la coupable.

 

Tout au long du récit, le lecteur est enveloppé par les odeurs, les couleurs, la langue régionale, la gastronomie, les paysages à couper le souffle, le vent, la mer houleuse qui caractérisent cette extension maritime du territoire québécois. Ayant personnellement demeuré quelques jours sur le Chemin d’en Haut, à proximité de la Grave, à mi-chemin entre les résidences des différents protagonistes, j’ai été plongé au cœur de l’action.

Les Demoiselles de Havre-Aubert nous bercent au rythme des insulaires, dans un décor bucolique ou argent sale, drogue, assassinats sont l’apanage de malfrats bien campés en lien avec la diaspora madelino-montréalaise. Lemieux met aussi en scène les hostilités récurrentes entre les bleus (les policiers du SPVM) et les verts (ceux de la Sûreté du Québec). De même que les tensions internes au sein de la police nationale.

 

Un roman qui se lit avec intérêt et qui nous initie à la richesse du vocabulaire des Îles. Sans compter une énigme que seul l’esprit cartésien d’André Surprenant est en mesure de déchiffrer.

 

Encore une fois, Jean Lemieux nous titille avec une autre allusion au Front de libération du Québec (FLQ) en mentionnant, au tout début du roman, que son héros détient des informations inédites stockées sur une clé USB. Il faudra bien un jour que le chat sorte du sac pour peut-être mettre en lumière certains coins sombres de la crise d’octobre 1970.

 

 

Originalité/Choix du sujet :
*****
Qualité littéraire :
*****
Intrigue :
*****
Psychologie des personnages :
*****
Intérêt/Émotion ressentie :
*****
Appréciation générale :
*****