A.B.C. contre Poirot (Agatha Christie – adapté par Uzuki)


Agatha Christie – adapté par Uzuki. – A.B.C. contre Poirot. – Veyrier (Suisse) : Éditions Paquet, 2026. – 223 pages.

 

 

Polar manga

 

 

 

Résumé :

 

Une course contre la montre est engagée. Poirot a reçu une lettre lui annonçant un meurtre à Andover, et qu'il peut l'empêcher... Hélas, le meurtre est commis. Un second courrier lui annonce un nouveau crime, cette fois à Bexhill. Poirot arrivera-t-il à temps cette fois ? Et pourquoi des crimes dans des villes suivant l'ordre alphabétique ? Est-ce l'oeuvre d'un fou, ou se cache-t-il une autre vérité derrière cette série d'assassinats ? Une fois de plus, Hercule Poirot devra employer toutes ses petites cellules grises pour démasquer le coupable.

 

 

Commentaires :

 

N’ayant pas lu le roman original d’Agatha Christie, « The ABC Murders », publié en 1936, je ne peux évidemment pas évaluer la fidélité de cette adaptation en manga adapté par Uzuki. Mes recherches m’ont par ailleurs permis de trouver peu d’informations sur cette personne, sinon que la version originale japonaise a été publiée en 2026 par Hayakawa Publishing Corporation.

 

Je découvre donc cette histoire sans connaître son dénouement ni l’identité du coupable. Une situation plutôt intéressante pour un lecteur de polars puisque les indices, les suspects et les fausses pistes peuvent être abordés sans être influencé par la connaissance de l’œuvre originale.

 

Ce premier tome d’une trilogie, non paginé, est divisé en sept chapitres qui se lisent assez rapidement. Un premier volume qui laisse toutefois le lecteur sur sa faim puisque l’enquête est loin d’être résolue lorsqu’arrive la dernière page. Quelques chutes en fin de chapitre entretiennent efficacement le suspense et incitent à poursuivre la lecture, mais elles ont aussi pour effet d’accentuer la frustration de devoir attendre la publication des deux prochains tomes pour connaître le dénouement de cette enquête d’Hercule Poirot, le personnage fétiche de celle que l’on surnomme « la Reine du crime ».

 

Le graphisme, en tons de noir et de gris, est relativement simple. Certaines illustrations sont cependant beaucoup plus élaborées, notamment dans les scènes où l’environnement des personnages est mis en valeur.

 



Le découpage des planches emprunte également aux techniques cinématographiques avec l’utilisation de gros plans, de plongées et de contre-plongées qui contribuent à donner une dynamique à l’ensemble.

 

Sans narration linéaire traditionnelle, le récit progresse uniquement à travers les dialogues des différents personnages, répartis dans une multitude de phylactères. Cette façon de faire peut surprendre au début, particulièrement pour un lecteur plus habitué au roman policier qu'au manga, mais elle contribue à donner au récit son rythme particulier.

 

J’ai toutefois éprouvé quelques difficultés à distinguer certains personnages qui se ressemblent graphiquement. Une petite faiblesse qui peut compliquer la lecture lorsque plusieurs protagonistes sont réunis dans une même scène. Des affichettes permettent heureusement d’identifier certains d’entre eux lors de leur introduction dans le récit.

 

Pour les néophytes qui ouvriraient l’ouvrage par la fin, une mention « ATTENTION ! VOUS ÊTES ICI À LA FIN DU LIVRE ! » explique, avec un schéma, le mode d’emploi d’un manga :

 

« Ce manga est publié dans son sens de lecture original, de droite à gauche, afin de conserver l'orientation visuelle des pages telles qu'elles ont été dessinées par l'auteur. Pour savoir dans quel ordre lire les cases et les bulles, reportez-vous au schéma ci-dessous. De façon générale, vous devez commencer votre lecture en haut à droite et lire toutes les bulles de droite à gauche. Il vous faudra peut-être quelques pages pour vous familiariser avec ce sens de lecture, mais cela finira par devenir automatique. Bonne lecture ! »

 


Déroutant au début pour un lecteur peu habitué à ce type de publication, ce sens de lecture devient effectivement rapidement automatique après quelques planches. Une expérience différente de celle procurée par un roman ou une bande dessinée, mais qui ne constitue finalement pas un obstacle à la lecture.

 

L’action se déroule à un rythme plutôt lent. L’intrigue prend progressivement forme alors que les personnages et les éléments de l’enquête sont mis en place.

 

Il est évidemment difficile de porter un jugement définitif sur une adaptation dont l’histoire ne sera complétée qu’au terme de trois volumes.

 

Ce premier tome constitue davantage une mise en place qu’une enquête complète. Il faudra donc attendre la suite pour déterminer si la transposition en manga réussit à restituer toute la complexité de l’intrigue imaginée par Agatha Christie.

 

À souligner également, l’illustration de la première de couverture, qui attire immédiatement l’œil.

 

Comme c’est également le cas avec la bande dessinée, la transposition graphique de romans célèbres peut toutefois constituer une excellente porte d’entrée vers des auteurs et des œuvres qui ont marqué leur genre littéraire. Pour certains lecteurs, « ABC contre Poirot » donnera peut-être même le goût de découvrir l’œuvre originale d’Agatha Christie. Et si c’est l’un des objectifs de cette adaptation, le pari me semble réussi.

 

* * * * *

 

Je tiens à remercier les éditions Paquet pour l’envoi du service de presse.

 

 

 

Évaluation :

Pour comprendre les critères pris en compte, il est possible de se référer au menu du site [https://bit.ly/4gFMJHV], qui met l’accent sur les aspects clés du genre littéraire.

 

Intrigue et suspense :

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Personnages :

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Ambiance et contexte :

1

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Rythme narratif :

1

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9

10

 

Cohérence de l'intrigue :

1

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9

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Évaluation globale :

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5

6

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9

10

 


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