Crime dans les cendres (Kathy Reichs)


Kathy Reichs. – Crime dans les cendres. – Montréal : Robert Laffont, 2025. – 309 pages.

 

 

Polar

 

 

 

Résumé :

 

L'anthropologue judiciaire Temperance Brennan se retrouve à Washington, au cœur d'une enquête sur un incendie criminel entouré de mystère et de violence.

 

Redoutant toujours les enquêtes sur des lieux incendiés, Tempe est appelée à analyser les dépouilles des victimes d'un brasier mortel, et voit ses inquiétudes confirmées. L'immeuble dévasté se trouve dans Foggy Bottom, un quartier coloré au passé tumultueux.

 

Pour cette enquête, Tempe s'adjoint une nouvelle alliée en la personne d'Ivy Doyle, une journaliste de la télé. Ensemble, elles apprennent que, dans les années 1930 et 1940, l'immeuble était le repaire de contrebandiers et de trafiquants connus comme le « gang de Foggy Bottom ». Quoique pittoresque, l'information semble peu pertinente jusqu'à ce que le fils d'un membre du gang soit tué par balles chez lui dans un quartier aisé du district. Coïncidence ou agression ciblée ?

 

Peu à peu, l'instinct de Tempe l'amène à soupçonner l'évidence : depuis son arrivée à Washington, ses faits et gestes sont anticipés par quelqu'un, et toutes les pistes semblent renfermer un danger mortel.


 

Commentaires :

 

Vingt-troisième enquête de Temperance Brennan, Kathy Reichs poursuit une série en s’appuyant sur ce qui fait sa marque de commerce : une solide expertise en anthropologie judiciaire et un souci du détail scientifique difficile à prendre en défaut.

 

Cette nouvelle intrigue, ancrée dans un contexte d’incendies criminels, n’est pas sans évoquer certains événements marquants survenus à Montréal, notamment ceux survenus dans le Vieux-Montréal le 16 mars 2023, qui ont causé la mort de sept personnes et fait neuf blessés, dans un immeuble où plusieurs logements étaient loués illégalement sur la plateforme Airbnb. Ce contexte confère au roman une résonance particulière. Pourtant, malgré ce point de départ prometteur, le roman peine à convaincre sur le plan narratif.

 

Le récit s’articule autour d’une affaire complexe mêlant plusieurs éléments : une série d’incendies criminels, une entreprise au cœur des soupçons, des ramifications criminelles avec le gang des Warring, et un nombre important de personnages. Je dois avouer m’y être parfois perdu en cours de lecture.

 

Sur le papier, tous les ingrédients d’un polar sont réunis. Dans les faits, cette accumulation dilue l’impact de l’intrigue. La multiplication des pistes et des intervenants rend la lecture parfois confuse, sans pour autant générer une tension soutenue. On suit l’enquête avec intérêt, mais sans réelle sensation d’urgence.

 

Le rythme est lent et le suspense, pourtant essentiel dans ce type de récit, demeure en retrait. C’est sans doute là que le roman déçoit le plus. Les chapitres se succèdent sans véritable montée dramatique. Les « chutes » en fin de certains chapitres laissent parfois entrevoir des développements plus percutants… que la suite ne confirme pas toujours. Il en résulte une certaine frustration, comme si le roman promettait plus qu’il ne livre réellement. On est loin du tourne-page comme je les aime. Bien sûr, l’intrigue progresse, mais sans véritable tension, sans ces rebondissements qui maintiennent le lecteur en alerte.

 

Là où Kathy Reichs excelle – et se montre particulièrement convaincante –, c’est dans la dimension médico-légale du récit. Son expertise en anthropologie judiciaire demeure le point fort incontestable du roman. Les descriptions des corps (pp. 92-93), des autopsies (pp. 116-117), des effets physiques des incendies sur les victimes (pp. 58-59), des ruines après sinistre (p. 57) sont précises, détaillées et crédibles. Ces passages apportent une valeur ajoutée sur le plan informatif avec son approche pédagogique, qui distingue ce roman d’autres polars plus conventionnels.

 

Malgré la complexité de l’affaire, l’intrigue demeure relativement banale. Elle donne parfois l’impression de tourner en rond, multipliant les détours sans réelle progression dramatique. Certains passages s’étirent inutilement, alourdissant un rythme déjà lent.

 

Le roman réserve toutefois une surprise du côté de l’identité des criminels, dont la révélation s’avère étonnante. En revanche, la résolution de l’identification de la quatrième victime laisse une impression plus mitigée. La conclusion apparaît abrupte, comme si certains fils narratifs étaient attachés un peu trop rapidement après une mise en place pourtant longue.

 

Avec « Crime dans les cendres » dont la version publiée en France porte le titre « D’os et de cendres », Kathy Reichs livre un roman probablement fidèle à l’esprit de la série, n’ayant lu il y a quelques années qu’un autre titre qui m’avait laissé sur mon appétit. Si l’expertise scientifique demeure irréprochable, l’intrigue, trop étirée et insuffisamment soutenue, laisse une impression en demi-teinte.

 

Malgré ses limites, le roman n’est pas dénué de moments plus légers, comme en témoignent ces deux passages :

 

« Le matin n’arrivait pas à se décider sur la tournure qu’il allait prendre. Continuer à pleuvoir ? Opter pour le soleil ? »

 

« Un visage en lame de couteau, un long cou, une pomme d’Adam grosse comme un kiwi, des cheveux gris et raides, qui reculaient sur son front. Pas l’Oscar du physique le plus ingrat, mais parmi les nommés, c’est sûr. »

 

Ce polar intéressera certainement les inconditionnels de Temperance Brennan. Il risque de décevoir les lecteurs à la recherche d’un récit plus tendu et plus captivant parce que, dans un polar, la précision ne remplace jamais le frisson.

 

* * * * *

Née à Chicago, Kathy Reichs (Kathleen Joan Toelle « Kathy » Reichs ) est anthropologue judiciaire à Montréal et professeur d'anthropologie à l'université de Charlotte, en Caroline du Nord. Elle vit au Canada et partage son temps entre son travail à l'Office of the Chief Medical Examiner en Caroline du Nord et au Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale du Québec. Elle fait partie des quatre-vingt-huit anthropologues judiciaires certifiés par l'American Board of Forensic Anthropology, est membre du conseil d'administration de l'Académie américaine de police scientifique et collabore fréquemment avec le FBI et le Pentagone en plus de donner de nombreuses conférences dans le monde entier

Elle s'impose en France dès son premier roman, « Déjà dead » (1998, récompensé par le prix Ellis), dans lequel apparaît pour la première fois son héroïne Temperance Brennan, également anthropologue judiciaire.

Depuis, les versions françaises de la série Temperance Brennan sont publiées aux éditions Robert Laffont. De 2010 à 2016, elle a publié une nouvelle série de romans (Viral) écrite avec son fils Brendan Reichs.

 

Kathy Reichs participe également à l'écriture du scénario de Bones, adaptation des aventures de Temperance Brennan pour la télévision, dont elle est aussi productrice.

 

 

Je tiens à remercier les éditions Robert Laffont pour l’envoi du service de presse.

 

Au Québec, des redevances symboliques me sont versées si vous commandez votre exemplaire du livre via la plateforme leslibraires.ca et le récupérez à la librairie indépendante de votre choix.

 

 

 

Évaluation :

Pour comprendre les critères pris en compte, il est possible de se référer au menu du site [https://bit.ly/4gFMJHV], qui met l’accent sur les aspects clés du genre littéraire.

 

Intrigue et suspense :

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Originalité :

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Personnages :

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Ambiance et contexte :

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Rythme narratif :

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Cohérence de l'intrigue :

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Style d’écriture :

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Impact émotionnel :

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Développement de la thématique :

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Finale :

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Évaluation globale :

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