jeudi 30 août 2018

Saison de porcs (Gary Victor)


Gary Victor. – Saison de porcs. – Montréal : Mémoire d’encrier, 2009. – 190 pages.


Polar vaudou







Résumé : À la fois fable, histoire et enquête policière, Saison de porcs met en scène les mystères de la société haïtienne, dominée par la corruption et la tentation totalitaire. Un livre bouleversant : humour, cynisme, virtuosité.

Commentaires : Gary Victor est un auteur haïtien, romancier, scénariste et journaliste. Saison de porcs est un polar coup de poing dont la thématique, une sordide affaire de trafic d’enfants, oscille entre politique et fantastique.

Dès les premières pages, le lecteur est immergé dans le milieu corrompu des hautes sphères de la police haïtienne. À Port-au-Prince, pendant un été torride et suffocant, au cours duquel l’inspecteur alcoolique Dieuswalwe Azémar est aux prises avec quelques meurtres et une secte mafieuse, l’Église du Sang des Apôtres chargée de l’adoption de sa fille Mireya. Dans l’absurdité du quotidien de ses compatriotes, l’enquêteur est amené à découvrir l’horreur qui se trame derrière ce groupe religieux. Contraint de lutter sans merci dans un système pourri où la corruption est tellement endémique qu’elle devient presque invisible. Contre les forces policières et occultes de l’île pour sauver sa peau et celle de sa fille.

Assurément un polar hors du commun que j’ai beaucoup aimé tant pour l’intérêt soutenu du récit, le style franc et direct de l’auteur, les descriptions, l’ensemble des personnages. Au fur et à mesure de l’avancement de l’action, impossible de ne pas avoir de l’empathie envers ce policier au quotidien merdique.

Saison de porcs est aussi une œuvre littéraire qui dénonce sans ambages. À preuve ces deux extraits, à titre d’exemples :

À propos de l’omerta : « On vit vieux quand on ne comprend rien et quand, surtout, on ne cherche pas à comprendre. »

À propos de la corruption politique : « Dans ce pays pratiquement laissé à lui-même où gouverner n’était qu’une macabre représentation dont les acteurs profitaient pour s’autorémunérer grassement, la population était à la merci de toutes les folies des grands requins du Nord. Des cliniques, des hôpitaux fonctionnaient sans contrôle véritable. Dans des centres de santé gérés par des intérêts occultes qui profitaient de la banqueroute de l’État, des gens sans aucune éthique se livraient parfois à toutes sortes d’expérimentation. C’était pratiquement dans tous les domaines. Les ressources minières du pays étaient souvent exploitées en cachette par des compagnies qui graissaient la patte des politiciens. Le plus grave, pensa Azémar, c’est que ces intérêts ne venaient pas seulement s’approprier ce qui restait de la terre. Ils pouvaient venir aussi y enfouir toutes sortes de saloperies. L’avenir seul mettrait certainement à jour la félonie et l’inconscience des politiciens. »

Ce que j’ai aimé : Le rendu de l’ambiance sordide qui se dégage du récit, des descriptions et des personnages. Le rythme lent et la chute finale.    

Ce que j’ai moins aimé : -

Cote :

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire