mercredi 27 novembre 2019

Les liens du sang (Olivia Kiernan)

Olivia Kiernan. – Les liens du sang. – Paris : Hugo Thriller, 2019. 393 pages.

 

Polar

 

 

 
Résumé : Clontarf, une petite station balnéaire proche de Dublin. Deux corps sont retrouvés dans l'église de la ville, sauvagement assassinés. Un double meurtre qui coïncide étrangement avec la sortie de prison de Seán Hennessy, condamné dix-sept ans plus tôt pour le meurtre de ses parents alors qu'il était encore adolescent. Seán a toujours clamé son innocence ; et c'est cette version des faits qu'il entend défendre dans un documentaire télévisé en préparation.

La commissaire Frankie Sheehan le pressent : pour découvrir l'auteur du double meurtre de l'église, et empêcher d'autres crimes, il va lui falloir comprendre ce qu'il s'est véritablement passé voilà dix-sept ans. Et percer les mystères qui relient entre eux, par-delà les années, les cadavres de Clontarf.

Commentaires : Il est toujours intéressant de faire la connaissance avec de nouveaux auteurs/es de littérature du crime. Olivia Kiernan, originaire d’Irlande, est une très belle découverte. Sa commissaire Frankie Sheehan de la Garda Síochána (Gardiens de la paix d'Irlande), la police de la république d’Irlande, possède toutes les qualités d’une enquêtrice chevronnée. Pour une fois, protagoniste qui ne sombre pas dans les tourments de démons intérieurs de son passé comme on en retrouve souvent dans bon nombre de polars.

Les liens du sang, titre qui prend tout son sens dans les dernières pages de cette fiction captivante, est un exemple d’enquête sur une série de crimes horribles qui prend progressivement son élan de courts chapitres en courts chapitres. Olivia Kiernan nous entraîne dans une histoire bien ficelée entremêlant le passé et le présent où chaque élément trouve sa place dans une logique qui ne peut qu’aboutir à un résultat qu’on croirait prévisible.

Une des forces de cet opus réside dans la psychologie de chacun des personnages qui composent l’équipe policière sont confrontés à une enquête complexe impliquant des innocents ou des coupables potentiels difficilement qualifiables. Et ce jusqu’à la finale imprévisible.

Le fait que l’auteure a choisi de nous faire partager le point de vue de la commissaire (narration écrite à la première personne) rapproche le lecteur de l’action, de chacune des étapes de l’enquête, de la procédure policière et des interventions des différents intervenants sur les scènes de crime, du cumul et de l’analyse rigoureuse des éléments incriminants, des informations ou des détails manquants... qui alimentent le suspens.

Les liens du sang nous fait aussi découvrir la ville portuaire de Dublin, ses quartiers, son climat froid et pluvieux qui alourdit l’atmosphère. Dans cet environnement glauque bien représenté par le graphisme de la couverture de première, j’ai beaucoup apprécié les interrogatoires de suspects au cours desquels le meneur s’emploie à laisser croire à son vis-à-vis que c’est ce dernier qui contrôle la conversation. Baz, un des assistants de la commissaire Sheehan, excelle dans ce rôle d’assistant pour mettre en confiance chaque suspect qu’il rencontre, comme il l’explique si bien :

« La psychologie d’un interrogatoire est particulière. Nous cherchons à faire penser aux témoins et aux suspects […] que nous sommes de leur côté. En nous appuyant sur la capacité humaine à toujours croire que le poire ne peut pas se produire. Que quoiqu’ils nous dosent, il ne leur arrivera rien. Et parce que tous les humains veulent y croire, ils finissent par se mettre à parler. Et quand ils commencent, même un criminel muet comme une carpe peut se transformer en grand orateur. »

Intéressant également de constater comment la ville est parsemée de caméras permettant de suivre le déplacement des véhicules à partir des plaques d’immatriculation. Big Brother au service des forces policières!

Vous avez compris que j’ai dévoré les 393 pages en rafales de ce roman policier de belle facture. Parmi mes lectures de romans d’enquête les plus appréciées de l’année 2019.

Ce que j’ai aimé : Le récit bien ficelé, une histoire complexe qui se précise au fur et à mesure qu’on s’approche de la solution qui n’est pas du tout celle qu’on anticipe, la découverte de la réalité policière irlandaise, la psychologie des personnages. 

Ce que j’ai moins aimé : -

Cote : ¶¶

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