Danielle Trussoni. – La boîte du dragon. – Paris : Robert Laffont, 2025. – 406 pages.
Thriller
Résumé :
Un nouveau défi attend Mike Brink – et pas
des moindres... Créateur d'énigmes de génie, il a été convié à Tokyo pour
ouvrir la légendaire Boîte du Dragon, un mystérieux casse-tête qui n'a jamais
été résolu en plus de 150 ans. Seuls deux êtres humains en connaissaient la
solution : l'empereur Meiji, qui l'a dissimulé dans un temple loin du palais,
et Ogawa, le créateur sadique du casse-tête. Mais tous deux sont morts depuis
des siècles, et le secret de la Boîte du Dragon avec eux.
Brink n'est pas le seul sur la piste de la
Boîte : il devra affronter un groupe de fanatiques dirigés par deux sœurs,
descendantes d'un clan de samouraïs déchus, et bien décidées à s'approprier le
secret de Meiji. Le maître des énigmes comprend qu'il va devoir se battre pour
sa vie.
Commentaires :
En page liminaire, ce court texte introductif
était prometteur :
«
Le syndrome du savant est une pathologie
rare, mais réelle, constatée chez des individus normaux qui ont acquis des
facultés cognitives étonnantes après un traumatisme crânien. On en connaît
moins de cinquante cas dans le monde. »
D’entrée de jeu, Danielle Trussoni installe
un cadre intrigant qu’elle exploite avec une certaine rigueur tout au long du
récit. Le personnage de Mike Brink, affublé de ce syndrome, impressionne par
l’étendue de ses connaissances. L’auteure étale les siennes en ce qui a trait à
l’histoire, à la culture, aux traditions, à la cuisine et à la philosophie
japonaises.
À vouloir en prendre trop large, l’auteure
dilue la tension narrative. Le lecteur se retrouve entraîné dans un dédale de
détails historiques, de personnages, de lieux et de concepts aux dénominations
parfois ardues à distinguer. À cela s’ajoutent certaines redites qui
alourdissent un récit déjà dense.
Cette quête d’un trésor « en 72 mouvements »,
pourtant riche en potentiel sur le plan conceptuel, peine à maintenir un rythme
soutenu. Le roman aurait, à mon sens, gagné à être resserré — une centaine de
pages en moins n’aurait pas nui à son efficacité. Après plus de 400 pages, une
impression persiste : celle d’un déploiement narratif disproportionné par
rapport à l’aboutissement proposé. « Tout ça pour ça », ai-je pensé en
refermant le livre.
Cela dit, tout n’est pas à écarter. Les
énigmes, appuyées par des illustrations, apportent une dimension ludique intéressante
et témoignent du soin apporté à la construction de l’intrigue. De même, la
documentation sur le Japon, bien que parfois envahissante, révèle un réel
travail de recherche.
L’ensemble souffre toutefois d’un manque de
crédibilité et, surtout, d’un déficit de tension dramatique.
Peut-être ne suis-je pas le lecteur idéal
pour ce type de roman, à la croisée du thriller érudit et du roman à énigmes. Mais
en dépit de ses qualités indéniables, « La
boîte du dragon » ne m’a pas pleinement convaincu.
* * * * *
Danielle Trussoni est une écrivaine américaine.Ses premiers écrits de ont notamment été publiés dans The New York Times Magazine, le Telegraph Magazine, The New York Times Book Review et dans Tin House. Son premier ouvrage, « Falling Through the Earth : A Memoir », a figuré sur la liste des dix meilleurs livres de 2006 choisis par le New York Times.
Je tiens à remercier les éditions Robert Laffont pour l’envoi du service de presse.


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